Affrontement avec des soldats de la force d’occupation à Kfarkadoum,
près de Naplouse, lors de la manifestation hebdomadaire contre la
colonisation et le mur d’apartheid.
(Photo Afp prise le 28 juin 2013)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
lundi 1 juillet 2013
Égypte : manifestations monstres contre le président Morsi
Deux personnes ont été tuées dimanche dans des heurts entre partisans
et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, en marge
de manifestations monstres à travers tout le pays à l’appel de
l’opposition pour réclamer son départ.
L’armée estime à "plusieurs millions" le nombre de manifestants anti-Morsi descendues dans la rue, un an jour pour jour après son investiture, a déclaré à l’AFP une source militaire.
"Il s’agit "de la plus grande manifestation dans l’histoire de l’Egypte", a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat.
Une personne a été tuée à Beni Suef et une autre dans la province d’Assiout, au sud du Caire, lors d’affrontements qui ont aussi fait des dizaines de blessés aux abords de locaux des Frères musulmans, selon les services de sécurité.
Au Caire, le QG de la confrérie islamiste, dont est issu M. Morsi, a été attaqué dans la soirée avec des cocktails molotov et des tirs de chevrotine.
Sur la place Tahrir, site emblématique de la révolte contre M. Moubarak début 2011 puis de nombreux autres rassemblements politiques, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l’adresse du président.
"Je suis ici parce que Morsi, pour qui j’ai voté, m’a trahi et n’a pas tenu ses promesses. L’Egypte va être libérée une nouvelle fois à partir de Tahrir", affirmait Mohammed Samir, venu de Mansourah, dans le delta du Nil, pour manifester dans la capitale.
Les manifestants se sont également massés aux abords du palais présidentiel, dansle quartier d’Héliopolis, et sur d’autres places de la capitale, en scandant "dégage" et "le peuple veut la chute du régime".
Des manifestations anti-Morsi ont aussi lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente" et qu’elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national".
Mais la principale coalition de l’opposition égyptienne a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu’à la démission du régime "dictatorial" du président Morsi, accusé de gouverner au seul profit des islamistes et de laisser l’économie s’effondrer.
Redoutant de graves troubles, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.
Les militaires se sont dit récemment prêts à intervenir si le climat dégénérait, après que des heurts eurent déjà fait huit morts, dont un Américain, dans les jours qui ont précédé les rassemblements de dimanche Non loin du palais présidentiel, des militants islamistes campent depuis vendredi dansle quartier de Nasr City pour défendre la "légitimité" du premier chef de l’Etat égyptien librement élu. Ils étaient 25.000 dimanche soir, selon l’armée.
Cette journée constitue le point d’orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l’origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l’anniversaire de son investiture.
Tamarrod, soutenu par de nombreuses personnalités et mouvement de l’opposition laïque, libérale ou de gauche, assure avoir collecté plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d’électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions).
Après un an d’une présidence mouvementée, déjà marquée par plusieurs crises, M. Morsi vit son "Jour du jugement", titraient dimanche certains journaux.
L’instabilité persistante en Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d’habitants, pèse lourdement sur une économie marquée par une inflation et un chômage en hausse, et une chute de sa monnaie.
Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l’économie.
Ses partisans en revanche soulignent qu’il puise sa légitimité dans la première élection présidentielle libre de l’histoire de l’Egypte. Ils accusent l’opposition laïque de faire le jeu des nostalgiques de l’ancien régime.
Samedi, le président américain Barack Obama demandait à M. Morsi et à l’opposition d’engager un dialogue "plus constructif".
Craignant des dérapages, le département d’Etat a annoncé le départ d’une partie de son personnel diplomatique et plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants.
La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes sur les stations service, et pousse de nombreux Egyptiens à stocker des vivres.
Dimanche, premier jour de travail de la semaine, de nombreuses entreprises et bureaux étaient fermés par mesure de sécurité.
(30-06-2013)
L’armée estime à "plusieurs millions" le nombre de manifestants anti-Morsi descendues dans la rue, un an jour pour jour après son investiture, a déclaré à l’AFP une source militaire.
"Il s’agit "de la plus grande manifestation dans l’histoire de l’Egypte", a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat.
Une personne a été tuée à Beni Suef et une autre dans la province d’Assiout, au sud du Caire, lors d’affrontements qui ont aussi fait des dizaines de blessés aux abords de locaux des Frères musulmans, selon les services de sécurité.
Au Caire, le QG de la confrérie islamiste, dont est issu M. Morsi, a été attaqué dans la soirée avec des cocktails molotov et des tirs de chevrotine.
Sur la place Tahrir, site emblématique de la révolte contre M. Moubarak début 2011 puis de nombreux autres rassemblements politiques, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l’adresse du président.
"Je suis ici parce que Morsi, pour qui j’ai voté, m’a trahi et n’a pas tenu ses promesses. L’Egypte va être libérée une nouvelle fois à partir de Tahrir", affirmait Mohammed Samir, venu de Mansourah, dans le delta du Nil, pour manifester dans la capitale.
Les manifestants se sont également massés aux abords du palais présidentiel, dansle quartier d’Héliopolis, et sur d’autres places de la capitale, en scandant "dégage" et "le peuple veut la chute du régime".
Des manifestations anti-Morsi ont aussi lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente" et qu’elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national".
Mais la principale coalition de l’opposition égyptienne a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu’à la démission du régime "dictatorial" du président Morsi, accusé de gouverner au seul profit des islamistes et de laisser l’économie s’effondrer.
Redoutant de graves troubles, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.
Les militaires se sont dit récemment prêts à intervenir si le climat dégénérait, après que des heurts eurent déjà fait huit morts, dont un Américain, dans les jours qui ont précédé les rassemblements de dimanche Non loin du palais présidentiel, des militants islamistes campent depuis vendredi dansle quartier de Nasr City pour défendre la "légitimité" du premier chef de l’Etat égyptien librement élu. Ils étaient 25.000 dimanche soir, selon l’armée.
Cette journée constitue le point d’orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l’origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l’anniversaire de son investiture.
Tamarrod, soutenu par de nombreuses personnalités et mouvement de l’opposition laïque, libérale ou de gauche, assure avoir collecté plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d’électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions).
Après un an d’une présidence mouvementée, déjà marquée par plusieurs crises, M. Morsi vit son "Jour du jugement", titraient dimanche certains journaux.
L’instabilité persistante en Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d’habitants, pèse lourdement sur une économie marquée par une inflation et un chômage en hausse, et une chute de sa monnaie.
Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l’économie.
Ses partisans en revanche soulignent qu’il puise sa légitimité dans la première élection présidentielle libre de l’histoire de l’Egypte. Ils accusent l’opposition laïque de faire le jeu des nostalgiques de l’ancien régime.
Samedi, le président américain Barack Obama demandait à M. Morsi et à l’opposition d’engager un dialogue "plus constructif".
Craignant des dérapages, le département d’Etat a annoncé le départ d’une partie de son personnel diplomatique et plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants.
La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes sur les stations service, et pousse de nombreux Egyptiens à stocker des vivres.
Dimanche, premier jour de travail de la semaine, de nombreuses entreprises et bureaux étaient fermés par mesure de sécurité.
(30-06-2013)
Israël : l’appareil du Likoud se radicalise face à Netanyahu
Les faucons du Likoud étaient favoris pour prendre le pouvoir au sein
du grand parti de la droite israélienne, lors d’élections internes
dimanche, et freiner ainsi toute velléité de concessions de leur chef
Benjamin Netanyahu aux Palestiniens.
Le scrutin a pris fin dimanche à 19H00 GMT, avec un taux de participation de 78%, selon un communiqué du Likoud. Les résultats sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi.
Les opposants déclarés à la création d’un Etat palestinien au côté d’Israël, qu’a tentée de promouvoir le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors de sa cinquième tournée depuis février dans la région, ont le vent en poupe pour prendre le contrôle de l’appareil du Likoud.
Parmi eux, se détache la figure du vice-ministre de la Défense Danny Danon, grand favori pour l’élection à la présidence du comité central du Likoud qui compte quelque 3.600 militants.
Agé de 42 ans, Danny Danon, un des chefs de file du lobby des colons, jouit d’une telle popularité parmi les cadres du parti que Netanyahu a renoncé à se présenter contre lui de crainte d’être battu, selon les médias.
Netanyahu restera néanmoins le président du parti.
Deux autres membres de l’aile dure du Likoud, le vice-ministre des Affaires étrangères Zeev Elkin et la députée Miri Regev, sont bien placés pour prendre la direction du bureau du Likoud, chargé des questions idéologiques pour le premier, et du secrétariat du parti pour la seconde.
Interrogé à la radio, Danon, que certains commentateurs présentent comme un successeur possible de Netanyahu, a assuré qu’il n’avait pas cette ambition tout en ne cachant pas ses désaccords avec ce dernier.
"Le Premier ministre n’a pas de rival au sein du Likoud, mais il est légitime d’avoir des divergences de principes et idéologiques", a affirmé Danon. "Nombreux sont ceux qui pensent comme moi à propos de l’idée de deux Etats", israélien et palestinien.
Début juin, il avait ouvertement défié Netanyahu, en affirmant qu’"il n’y a jamais eu au gouvernement de débat, résolution ou vote sur une solution à deux Etats".
Si cette solution était mise au vote, "la majorité des ministres du Likoud s’exprimerait contre, tout comme le Foyer Juif", le parti nationaliste religieux dirigé par le ministre de l’Economie Naftali Bennett, avait-il dit.
Zeev Elkin, tout en exprimant ses doutes sur la possibilité de parvenir à un quelconque accord avec les Palestiniens, a aussi prévenu qu’un feu vert de Netanyahu à la création d’un Etat palestinien ne manquerait pas de provoquer une "profonde fissure au Likoud", une claire allusion à une possible scission.
Mais a prévenu Danon, si Netanyahu parvenait malgré tout à s’entendre avec le président palestinien Mahmud Abbas, "il devra obtenir la confiance du parti et du peuple lors d’élections ou d’un référendum".
Le Premier ministre a réitéré dimanche sa promesse de consultation populaire en cas d’accord avec les Palestiniens, au moment où M. Kerry peine à convaincre les protagonistes de reprendre les négociations de paix bloquées depuis trois ans.
Netanyahu "estime que les électeurs du Likoud sont plus importants que les apparatchiks et les magouilleurs du parti", a analysé dimanche soir la 2e chaîne de télévision.
Danon a néanmoins exclu la possibilité que "Bibi" (le surnom du Premier ministre) provoque une implosion du Likoud. "Certains espèrent que Netanyahu fera le travail de la gauche, mais ce rêve ne se réalisera pas".
La plus modérée des ministres, Tzipi Livni, chargée des négociations avec les Palestiniens, a récemment dénoncé la montée en force des durs de la droite au Likoud. "Le Premier ministre doit décider s’il laisse le +danonisme+ (en référence à Danon, NDLR) dominer le gouvernement", a-t-elle averti.
Selon les médias, cette fronde "anti-Bibi" est également l’une des conséquences des résultats très décevants des législatives de janvier.
Netanyahu avait alors imposé une fusion des listes du Likoud et d’Israël Beiteinou, le parti nationaliste d’Avigdor Lieberman, mais cette liste n’avait obtenu que 31 mandats sur 120, contre 42 dans la précédente législature.
(30-06-2013)
Le scrutin a pris fin dimanche à 19H00 GMT, avec un taux de participation de 78%, selon un communiqué du Likoud. Les résultats sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi.
Les opposants déclarés à la création d’un Etat palestinien au côté d’Israël, qu’a tentée de promouvoir le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors de sa cinquième tournée depuis février dans la région, ont le vent en poupe pour prendre le contrôle de l’appareil du Likoud.
Parmi eux, se détache la figure du vice-ministre de la Défense Danny Danon, grand favori pour l’élection à la présidence du comité central du Likoud qui compte quelque 3.600 militants.
Agé de 42 ans, Danny Danon, un des chefs de file du lobby des colons, jouit d’une telle popularité parmi les cadres du parti que Netanyahu a renoncé à se présenter contre lui de crainte d’être battu, selon les médias.
Netanyahu restera néanmoins le président du parti.
Deux autres membres de l’aile dure du Likoud, le vice-ministre des Affaires étrangères Zeev Elkin et la députée Miri Regev, sont bien placés pour prendre la direction du bureau du Likoud, chargé des questions idéologiques pour le premier, et du secrétariat du parti pour la seconde.
Interrogé à la radio, Danon, que certains commentateurs présentent comme un successeur possible de Netanyahu, a assuré qu’il n’avait pas cette ambition tout en ne cachant pas ses désaccords avec ce dernier.
"Le Premier ministre n’a pas de rival au sein du Likoud, mais il est légitime d’avoir des divergences de principes et idéologiques", a affirmé Danon. "Nombreux sont ceux qui pensent comme moi à propos de l’idée de deux Etats", israélien et palestinien.
Début juin, il avait ouvertement défié Netanyahu, en affirmant qu’"il n’y a jamais eu au gouvernement de débat, résolution ou vote sur une solution à deux Etats".
Si cette solution était mise au vote, "la majorité des ministres du Likoud s’exprimerait contre, tout comme le Foyer Juif", le parti nationaliste religieux dirigé par le ministre de l’Economie Naftali Bennett, avait-il dit.
Zeev Elkin, tout en exprimant ses doutes sur la possibilité de parvenir à un quelconque accord avec les Palestiniens, a aussi prévenu qu’un feu vert de Netanyahu à la création d’un Etat palestinien ne manquerait pas de provoquer une "profonde fissure au Likoud", une claire allusion à une possible scission.
Mais a prévenu Danon, si Netanyahu parvenait malgré tout à s’entendre avec le président palestinien Mahmud Abbas, "il devra obtenir la confiance du parti et du peuple lors d’élections ou d’un référendum".
Le Premier ministre a réitéré dimanche sa promesse de consultation populaire en cas d’accord avec les Palestiniens, au moment où M. Kerry peine à convaincre les protagonistes de reprendre les négociations de paix bloquées depuis trois ans.
Netanyahu "estime que les électeurs du Likoud sont plus importants que les apparatchiks et les magouilleurs du parti", a analysé dimanche soir la 2e chaîne de télévision.
Danon a néanmoins exclu la possibilité que "Bibi" (le surnom du Premier ministre) provoque une implosion du Likoud. "Certains espèrent que Netanyahu fera le travail de la gauche, mais ce rêve ne se réalisera pas".
La plus modérée des ministres, Tzipi Livni, chargée des négociations avec les Palestiniens, a récemment dénoncé la montée en force des durs de la droite au Likoud. "Le Premier ministre doit décider s’il laisse le +danonisme+ (en référence à Danon, NDLR) dominer le gouvernement", a-t-elle averti.
Selon les médias, cette fronde "anti-Bibi" est également l’une des conséquences des résultats très décevants des législatives de janvier.
Netanyahu avait alors imposé une fusion des listes du Likoud et d’Israël Beiteinou, le parti nationaliste d’Avigdor Lieberman, mais cette liste n’avait obtenu que 31 mandats sur 120, contre 42 dans la précédente législature.
(30-06-2013)
Égypte : des millions dans la rue
Les Egyptiens sont descendus en masse dans les rues du Caire et en
province dimanche, premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du
président Mohamed Morsi, pour l’accuser de gouverner au seul profit des
islamistes et réclamer sa démission.
Des centaines de milliers de personnes manifestaient en début de soirée dans la capitale, ont indiqué à l’AFP de sources des services de police, en scandant "dégage" ou "le peuple veut la chute du régime".
Le quartier général des Frères musulmans, la formation dont est issu le président Mohamed Morsi, a été attaqué avec des cocktails molotov dans la soirée, ont indiqué le mouvement islamiste et des sources de sécurité.
Environ 150 "voyous non identifiés" ont attaqué le bâtiment dans le quartier du Moqqatam en lançant des cocktails molotov et des pierres, ainsi que des tirs de chevrotine, a indiqué un porte parole de la confrérie Gehad al-Haddad. La télévision a également montré des images du bâtiment attaqué par des dizaines de personnes.
Des manifestations avaient également lieu dans plusieurs villes de province pour ce qui apparaît comme les plus grands rassemblements depuis la chute de Hosni Moubarak début 2011.
L’opposition a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu’au départ du président Morsi.
Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte contre M. Moubarak puis de nombreux autres rassemblements politiques, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.
"C’est une deuxième révolution, et Tahrir en est le symbole", affirmait Ibrahim Hammouda, un charpentier venu de Damiette (nord).
Les manifestants ont également commencé à se rassembler en début de soirée aux abords du palais présidentiel, dans le quartier d’Héliopolis, et sur d’autres places de la capitale, survolée par des hélicoptères de l’armée.
Des manifestations anti-Morsi ont aussi lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente" et qu’elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national".
L’opposition a déjà ces derniers jours rejeté des offres identiques, estimant qu’elles étaient de pure façade.
Ehab Fahmy, un porte-parole de la présidence, a par ailleurs exhorté les manifestants à maintenir la "nature pacifique" de leur mouvement.
Redoutant de graves troubles, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.
Alors que des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait huit morts cette semaine, dont un Américain, les militaires se sont dit prêts à intervenir si le climat dégénérait.
Non loin du palais présidentiel, dans le quartier de Nasr City, des militants islamistes campent depuis vendredi pour défendre la "légitimité" du premier chef de l’Etat égyptien librement élu.
Ils étaient des milliers rassemblés là dimanche soir, mais leur manifestation semblait éclipsée par la foule beaucoup plus nombreuse des opposants. Cette journée constitue le point d’orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l’origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l’anniversaire de son investiture.
Tamarrod, soutenu par de nombreuses personnalités et mouvement de l’opposition laïque, libérale ou de gauche, assure avoir collecté plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d’électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions).
Après un an d’une présidence mouvementée, déjà marquée par plusieurs crises, M. Morsi vit son "Jour du jugement", titraient dimanche certains journaux.
L’instabilité persistante en Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d’habitants, pèse lourdement sur une économie marquée par une inflation et un chômage en hausse, et une chute de sa monnaie.
Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l’économie.
Ses partisans en revanche soulignent qu’il puise sa légitimité dans la première élection présidentielle libre de l’histoire de l’Egypte. Ils accusent l’opposition laïque de faire le jeu des nostalgiques de l’ancien régime. Samedi, le président américain Barack Obama demandait à M. Morsi et à l’opposition d’engager un dialogue "plus constructif".
Craignant des dérapages violents, le département d’Etat a annoncé le départ d’une partie de son personnel diplomatique et conseillé aux Américains de différer tout voyage non-indispensable en Egypte.
Plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants.
La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes sur les stations service, et pousse de nombreux Egyptiens à stocker des vivres.
Dimanche, premier jour de travail de la semaine, de nombreuses entreprises et bureaux étaient fermés par mesure de sécurité.
(30-06-2013)
**
"جبهة الإنقاذ" تعلن في "بيان الثورة رقم1" عن سقوط مرسي و"الإخوان"
أعلنت "جبهة الإنقاذ الوطني" في مصر "باسم الشعب المصري بكل طوائفه، عن مصادقة الجماهير على سقوط نظام محمد مرسي وجماعة الإخوان".
وأشارت الجبهة في "بيان الثورة رقم 1"، إلى أن "الشعب المصري مستمر في استكمال ثورته، وسيفرض إرادته التي وضحت بجلاء في جميع ميادين تحرير مصر".
وأعربت عن ثقتها بأن "الشعب المصري سيحمي ثورته حتى يتم الإنتقال السلمى للسلطة"، وأهابت بجميع القوى الثورية وجميع المواطنين أن "يبقوا في جميع الميادين والشوارع والقرى"، داعية إياهم إلى "الإمتناع عن التعامل مع الحكومة الإخوانية الساقطة حتى سقوط آخر معاقل هذا التنظيم المستبد".
"اليوم السابع")
Des centaines de milliers de personnes manifestaient en début de soirée dans la capitale, ont indiqué à l’AFP de sources des services de police, en scandant "dégage" ou "le peuple veut la chute du régime".
Le quartier général des Frères musulmans, la formation dont est issu le président Mohamed Morsi, a été attaqué avec des cocktails molotov dans la soirée, ont indiqué le mouvement islamiste et des sources de sécurité.
Environ 150 "voyous non identifiés" ont attaqué le bâtiment dans le quartier du Moqqatam en lançant des cocktails molotov et des pierres, ainsi que des tirs de chevrotine, a indiqué un porte parole de la confrérie Gehad al-Haddad. La télévision a également montré des images du bâtiment attaqué par des dizaines de personnes.
Des manifestations avaient également lieu dans plusieurs villes de province pour ce qui apparaît comme les plus grands rassemblements depuis la chute de Hosni Moubarak début 2011.
L’opposition a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu’au départ du président Morsi.
Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte contre M. Moubarak puis de nombreux autres rassemblements politiques, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.
"C’est une deuxième révolution, et Tahrir en est le symbole", affirmait Ibrahim Hammouda, un charpentier venu de Damiette (nord).
Les manifestants ont également commencé à se rassembler en début de soirée aux abords du palais présidentiel, dans le quartier d’Héliopolis, et sur d’autres places de la capitale, survolée par des hélicoptères de l’armée.
Des manifestations anti-Morsi ont aussi lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue est la seule façon pour parvenir à une entente" et qu’elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national".
L’opposition a déjà ces derniers jours rejeté des offres identiques, estimant qu’elles étaient de pure façade.
Ehab Fahmy, un porte-parole de la présidence, a par ailleurs exhorté les manifestants à maintenir la "nature pacifique" de leur mouvement.
Redoutant de graves troubles, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.
Alors que des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait huit morts cette semaine, dont un Américain, les militaires se sont dit prêts à intervenir si le climat dégénérait.
Non loin du palais présidentiel, dans le quartier de Nasr City, des militants islamistes campent depuis vendredi pour défendre la "légitimité" du premier chef de l’Etat égyptien librement élu.
Ils étaient des milliers rassemblés là dimanche soir, mais leur manifestation semblait éclipsée par la foule beaucoup plus nombreuse des opposants. Cette journée constitue le point d’orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l’origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l’anniversaire de son investiture.
Tamarrod, soutenu par de nombreuses personnalités et mouvement de l’opposition laïque, libérale ou de gauche, assure avoir collecté plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d’électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions).
Après un an d’une présidence mouvementée, déjà marquée par plusieurs crises, M. Morsi vit son "Jour du jugement", titraient dimanche certains journaux.
L’instabilité persistante en Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d’habitants, pèse lourdement sur une économie marquée par une inflation et un chômage en hausse, et une chute de sa monnaie.
Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l’économie.
Ses partisans en revanche soulignent qu’il puise sa légitimité dans la première élection présidentielle libre de l’histoire de l’Egypte. Ils accusent l’opposition laïque de faire le jeu des nostalgiques de l’ancien régime. Samedi, le président américain Barack Obama demandait à M. Morsi et à l’opposition d’engager un dialogue "plus constructif".
Craignant des dérapages violents, le département d’Etat a annoncé le départ d’une partie de son personnel diplomatique et conseillé aux Américains de différer tout voyage non-indispensable en Egypte.
Plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants.
La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes sur les stations service, et pousse de nombreux Egyptiens à stocker des vivres.
Dimanche, premier jour de travail de la semaine, de nombreuses entreprises et bureaux étaient fermés par mesure de sécurité.
(30-06-2013)
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"جبهة الإنقاذ" تعلن في "بيان الثورة رقم1" عن سقوط مرسي و"الإخوان"
أعلنت "جبهة الإنقاذ الوطني" في مصر "باسم الشعب المصري بكل طوائفه، عن مصادقة الجماهير على سقوط نظام محمد مرسي وجماعة الإخوان".
وأشارت الجبهة في "بيان الثورة رقم 1"، إلى أن "الشعب المصري مستمر في استكمال ثورته، وسيفرض إرادته التي وضحت بجلاء في جميع ميادين تحرير مصر".
وأعربت عن ثقتها بأن "الشعب المصري سيحمي ثورته حتى يتم الإنتقال السلمى للسلطة"، وأهابت بجميع القوى الثورية وجميع المواطنين أن "يبقوا في جميع الميادين والشوارع والقرى"، داعية إياهم إلى "الإمتناع عن التعامل مع الحكومة الإخوانية الساقطة حتى سقوط آخر معاقل هذا التنظيم المستبد".
"اليوم السابع")
Israël : "Pas de McDo dans les colonies" (Danièle Kriegel)
(Enseigne d’un McDonald’s à Tel-Aviv. © Maxppp)
**
Appels au boycott, attaques tous azimuts... Depuis quelques jours, McDonald’s Israël est dans l’oeil du cyclone. La raison ? Le numéro un de l’industrie du fast-food local - 180 restaurants et 70 % de parts de marché - refuse d’ouvrir une succursale à Ariel, une colonie de 20 000 habitants située au coeur de la Cisjordanie. Le roi israélien des supermarchés discount, Rami Levy, y construit un centre commercial qui devrait comprendre une cinquantaine de boutiques, restaurants et cafés. Il y a sept mois, lors du lancement du projet, il a contacté Omri Padan, le propriétaire de la franchise en Israël, pour lui proposer d’ouvrir un McDo dans le futur "mall". "Non !" lui fut-il répondu, sans autre précision. Cela étant, en Israël, tout le monde sait qu’Omri Padan, un des fondateurs du mouvement anti-occupation La Paix maintenant devenu un homme d’affaires de premier plan, n’a jamais dévié d’un principe : ne pas faire de business au-delà de la ligne verte, c’est-à-dire en territoire occupé.
Publiée d’abord dans la presse économique, l’information a très vite fait les gros titres des médias généralistes pour être reprise en boucle sur les sites en ligne et les réseaux sociaux. Les colons sont appelés à ne plus se rendre dans les restos surmontés du célèbre logo aux arches dorées sur fond rouge. "McDonald’s est passé du domaine des affaires à celui d’une organisation dotée d’un agenda politique anti-israélien", explique Ygal Delmoni, le numéro deux du mouvement des implantations, avant d’ajouter : "Nous attendons des citoyens israéliens, et notamment de ceux vivant en Judée-Samarie [le nom biblique de la Cisjordanie, NDLR], qu’ils prennent cela en compte avant de franchir le seuil d’un McDo en Israël !"
Pour sa part, le maire d’Ariel, Eliyahu Shaviro, a qualifié de "malheureuse" la décision de ne pas ouvrir de succursale dans sa ville. "C’est de la discrimination à l’égard de mes concitoyens !" En face, les proches d’Omri Padan accusent Rami Levy de "faire du buzz autour de son projet de centre commercial à Ariel, alors que le patron de McDo Israël n’a jamais fait mystère de sa position à ce sujet". Interrogé, Yariv Oppenheimer, l’actuel dirigeant de La Paix maintenant, a invoqué le droit démocratique des individus comme des entreprises d’agir en fonction de leurs valeurs, qu’elles soient idéologiques ou morales. "En Israël, le secteur des affaires est la cible de fortes pressions pour investir et opérer en Cisjordanie. Se faire l’avocat du droit à choisir est important. On ne peut pas forcer les entreprises à aider les colonies", ajoute-t-il.
En contre-écho, des élus de la droite nationaliste et de l’extrême droite religieuse répondent en arguant du fait que "la Judée-Samarie est une partie intégrante d’Israël". Sur sa page Facebook, Elie Yshaï, l’un des dirigeants du Shass, le parti ultraorthodoxe sépharade, fait même dans la promesse ironique : celle d’envoyer à Omri Padan une carte des frontières actuelles d’Israël. Quant au principal concurrent de McDonald’s en Terre promise, Burger Ranch, il s’est empressé d’annoncer qu’il irait s’installer à Ariel, "pour la plus grande gloire d’Israël".
Reste que ce n’est pas la première fois que cette ville-colonie se retrouve au coeur d’une controverse politique. Déjà l’année dernière, une polémique avait eu lieu autour de l’ouverture d’un grand centre culturel avec salle de théâtre hypermoderne, le tout financé par l’État. Une soixantaine d’artistes de premier plan avaient annoncé leur refus de monter sur scène à Ariel, provoquant l’ire de la ministre de la Culture du moment. Limor Livnat avait alors menacé de priver de leurs subventions les théâtres dont les comédiens refuseraient de se produire à Ariel. Plus récemment, nouvelle tempête. Avec cette fois la décision du gouvernement de transformer le collège d’enseignement supérieur d’Ariel en université, et ce, en dépit de l’avis défavorable du Conseil de l’enseignement supérieur et de l’opposition de près de deux cents éminents universitaires.
L’été à peine commencé, voilà donc Israël embarqué dans une nouvelle bataille : le camp de plus en plus minoritaire des anti-colonisation contre celui des tenants du Grand Israël. Reste la remarque que l’on a pu lire sous la plume de certains éditorialistes : dans le domaine des affaires et dans celui de la politique, les règles pour gagner ne sont pas les mêmes. D’où leur analyse : avec des centaines de restaurants en Europe et dans le monde arabe, il se pourrait bien que la décision de McDonald’s de ne pas participer à la politique de colonisation d’Israël soit la meilleure possible pour que la chaîne américaine continue à prospérer.
(30-06-2013 - Danièle Kriegel )
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Appels au boycott, attaques tous azimuts... Depuis quelques jours, McDonald’s Israël est dans l’oeil du cyclone. La raison ? Le numéro un de l’industrie du fast-food local - 180 restaurants et 70 % de parts de marché - refuse d’ouvrir une succursale à Ariel, une colonie de 20 000 habitants située au coeur de la Cisjordanie. Le roi israélien des supermarchés discount, Rami Levy, y construit un centre commercial qui devrait comprendre une cinquantaine de boutiques, restaurants et cafés. Il y a sept mois, lors du lancement du projet, il a contacté Omri Padan, le propriétaire de la franchise en Israël, pour lui proposer d’ouvrir un McDo dans le futur "mall". "Non !" lui fut-il répondu, sans autre précision. Cela étant, en Israël, tout le monde sait qu’Omri Padan, un des fondateurs du mouvement anti-occupation La Paix maintenant devenu un homme d’affaires de premier plan, n’a jamais dévié d’un principe : ne pas faire de business au-delà de la ligne verte, c’est-à-dire en territoire occupé.
Publiée d’abord dans la presse économique, l’information a très vite fait les gros titres des médias généralistes pour être reprise en boucle sur les sites en ligne et les réseaux sociaux. Les colons sont appelés à ne plus se rendre dans les restos surmontés du célèbre logo aux arches dorées sur fond rouge. "McDonald’s est passé du domaine des affaires à celui d’une organisation dotée d’un agenda politique anti-israélien", explique Ygal Delmoni, le numéro deux du mouvement des implantations, avant d’ajouter : "Nous attendons des citoyens israéliens, et notamment de ceux vivant en Judée-Samarie [le nom biblique de la Cisjordanie, NDLR], qu’ils prennent cela en compte avant de franchir le seuil d’un McDo en Israël !"
Pour sa part, le maire d’Ariel, Eliyahu Shaviro, a qualifié de "malheureuse" la décision de ne pas ouvrir de succursale dans sa ville. "C’est de la discrimination à l’égard de mes concitoyens !" En face, les proches d’Omri Padan accusent Rami Levy de "faire du buzz autour de son projet de centre commercial à Ariel, alors que le patron de McDo Israël n’a jamais fait mystère de sa position à ce sujet". Interrogé, Yariv Oppenheimer, l’actuel dirigeant de La Paix maintenant, a invoqué le droit démocratique des individus comme des entreprises d’agir en fonction de leurs valeurs, qu’elles soient idéologiques ou morales. "En Israël, le secteur des affaires est la cible de fortes pressions pour investir et opérer en Cisjordanie. Se faire l’avocat du droit à choisir est important. On ne peut pas forcer les entreprises à aider les colonies", ajoute-t-il.
En contre-écho, des élus de la droite nationaliste et de l’extrême droite religieuse répondent en arguant du fait que "la Judée-Samarie est une partie intégrante d’Israël". Sur sa page Facebook, Elie Yshaï, l’un des dirigeants du Shass, le parti ultraorthodoxe sépharade, fait même dans la promesse ironique : celle d’envoyer à Omri Padan une carte des frontières actuelles d’Israël. Quant au principal concurrent de McDonald’s en Terre promise, Burger Ranch, il s’est empressé d’annoncer qu’il irait s’installer à Ariel, "pour la plus grande gloire d’Israël".
Reste que ce n’est pas la première fois que cette ville-colonie se retrouve au coeur d’une controverse politique. Déjà l’année dernière, une polémique avait eu lieu autour de l’ouverture d’un grand centre culturel avec salle de théâtre hypermoderne, le tout financé par l’État. Une soixantaine d’artistes de premier plan avaient annoncé leur refus de monter sur scène à Ariel, provoquant l’ire de la ministre de la Culture du moment. Limor Livnat avait alors menacé de priver de leurs subventions les théâtres dont les comédiens refuseraient de se produire à Ariel. Plus récemment, nouvelle tempête. Avec cette fois la décision du gouvernement de transformer le collège d’enseignement supérieur d’Ariel en université, et ce, en dépit de l’avis défavorable du Conseil de l’enseignement supérieur et de l’opposition de près de deux cents éminents universitaires.
L’été à peine commencé, voilà donc Israël embarqué dans une nouvelle bataille : le camp de plus en plus minoritaire des anti-colonisation contre celui des tenants du Grand Israël. Reste la remarque que l’on a pu lire sous la plume de certains éditorialistes : dans le domaine des affaires et dans celui de la politique, les règles pour gagner ne sont pas les mêmes. D’où leur analyse : avec des centaines de restaurants en Europe et dans le monde arabe, il se pourrait bien que la décision de McDonald’s de ne pas participer à la politique de colonisation d’Israël soit la meilleure possible pour que la chaîne américaine continue à prospérer.
(30-06-2013 - Danièle Kriegel )
Égypte : Face à face place Tahrir
Des dizaines de milliers d’Egyptiens sont descendus dans la rue au
Caire et en province dimanche, premier anniversaire de l’arrivée au
pouvoir du président Mohamed Morsi, pour l’accuser de gouverner au seul
profit des islamistes et réclamer sa dé démission.
Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte qui fit chuter le régime de Hosni Moubarak en février 2011, la foule a afflué en scandant "le peuple veut la chute du régime".
De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouge portant l’inscription "dégage" à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.
"C’est une deuxième révolution, et Tahrir en est le symbole", affirmait Ibrahim Hammouda, un charpentier de Damiette (nord) venu participer aux rassemblements dans la capitale.
Des manifestations anti-Morsi ont également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
Redoutant de graves troubles dans cette épreuve de force, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment du canal de Suez.
Alors que des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait huit morts cette semaine dont un Américain, les militaires se sont dit garants de la stabilité du pays si le climat de crise dégénérait.
Le gros des manifestations est attendu en fin d’après-midi et en soirée, avec plusieurs défilés anti-Morsi qui doivent converger vers le palais présidentiel à Héliopolis.
(Photo prise le 30 juin 2013 par Gianluigi Guercia)
Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte qui fit chuter le régime de Hosni Moubarak en février 2011, la foule a afflué en scandant "le peuple veut la chute du régime".
De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouge portant l’inscription "dégage" à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.
"C’est une deuxième révolution, et Tahrir en est le symbole", affirmait Ibrahim Hammouda, un charpentier de Damiette (nord) venu participer aux rassemblements dans la capitale.
Des manifestations anti-Morsi ont également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
Redoutant de graves troubles dans cette épreuve de force, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment du canal de Suez.
Alors que des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait huit morts cette semaine dont un Américain, les militaires se sont dit garants de la stabilité du pays si le climat de crise dégénérait.
Le gros des manifestations est attendu en fin d’après-midi et en soirée, avec plusieurs défilés anti-Morsi qui doivent converger vers le palais présidentiel à Héliopolis.
(Photo prise le 30 juin 2013 par Gianluigi Guercia)
Tunisie : des centaines de réfugiés refusent de quitter le camp de Choucha
Plusieurs centaines de réfugiés ayant fui le conflit en Libye en 2011
ont refusé de quitter le camp de Choucha dans le sud tunisien dimanche,
date à laquelle le Haut commissariat au réfugiés de l’ONU (HCR) avait
fixé sa fermeture.
Privés depuis le matin d’eau et d’électricité, des centaines de réfugiés empêchaient toute tentative de démanteler leurs tentes, a constaté un correspondant de l’AFP qui a également fait état d’un dispositif sécuritaire renforcé.
"Nous refusons de quitter les lieux et même si les autorités tunisiennes démantèlent les tentes nous dormirons sous les étoiles", a assuré Mohamed Taher, un Soudanais de 33 ans, dénonçant les "promesses non tenues du gouvernement tunisien".
"Nous sommes pris en otage par les autorités tunisiennes qui refusent de régulariser nos situations", a renchéri Khaled Moujib, un Palestinien de 32 ans.
"Si le gouvernement tunisien me donne une carte de séjour, je quitterai le camp immédiatement", a de son côté lancé Paul Constant, Ivoirien de 39 ans. Le HCR avait annoncé le 30 mars qu’il fermerait trois mois plus tard le camp de Choucha. Aucun représentant de l’agence onusienne n’était présent sur les lieux dimanche.
Environ 700 personnes, en majorité venues d’Afrique subsaharienne, vivent encore dans ce camp proche de la frontière libyenne. Selon le HCR, quelque 250 réfugiés attendent d’être réinstallés aux Etats-Unis, autant se sont vus proposer des solutions en "zone urbaine" en Tunisie.
Or certains réfugiés de ce dernier groupe avaient mené ces derniers mois des actions de protestations pour réclamer leur départ vers l’Occident, arguant notamment de l’absence de législation sur l’asile en Tunisie et faisant état pour certains de discrimination à leur égard.
Une dizaine de réfugiés avaient entamé une grève de la faim, d’autres avaient campé pendant plusieurs jours devant le siège du HCR à Tunis et Zarzis (sud).
Au total, la Tunisie a accueilli sur son territoire plus de 300.000 réfugiés fuyant le conflit en Libye qui a abouti à la chute du colonel Mouammar Kadhafi en août 2011, dont de nombreux travailleurs étrangers employés dans ce pays pétrolier.
Au pic de la crise, le camp de transit de Choucha a accueilli 18.000 personnes.
(30-06-2013)
Privés depuis le matin d’eau et d’électricité, des centaines de réfugiés empêchaient toute tentative de démanteler leurs tentes, a constaté un correspondant de l’AFP qui a également fait état d’un dispositif sécuritaire renforcé.
"Nous refusons de quitter les lieux et même si les autorités tunisiennes démantèlent les tentes nous dormirons sous les étoiles", a assuré Mohamed Taher, un Soudanais de 33 ans, dénonçant les "promesses non tenues du gouvernement tunisien".
"Nous sommes pris en otage par les autorités tunisiennes qui refusent de régulariser nos situations", a renchéri Khaled Moujib, un Palestinien de 32 ans.
"Si le gouvernement tunisien me donne une carte de séjour, je quitterai le camp immédiatement", a de son côté lancé Paul Constant, Ivoirien de 39 ans. Le HCR avait annoncé le 30 mars qu’il fermerait trois mois plus tard le camp de Choucha. Aucun représentant de l’agence onusienne n’était présent sur les lieux dimanche.
Environ 700 personnes, en majorité venues d’Afrique subsaharienne, vivent encore dans ce camp proche de la frontière libyenne. Selon le HCR, quelque 250 réfugiés attendent d’être réinstallés aux Etats-Unis, autant se sont vus proposer des solutions en "zone urbaine" en Tunisie.
Or certains réfugiés de ce dernier groupe avaient mené ces derniers mois des actions de protestations pour réclamer leur départ vers l’Occident, arguant notamment de l’absence de législation sur l’asile en Tunisie et faisant état pour certains de discrimination à leur égard.
Une dizaine de réfugiés avaient entamé une grève de la faim, d’autres avaient campé pendant plusieurs jours devant le siège du HCR à Tunis et Zarzis (sud).
Au total, la Tunisie a accueilli sur son territoire plus de 300.000 réfugiés fuyant le conflit en Libye qui a abouti à la chute du colonel Mouammar Kadhafi en août 2011, dont de nombreux travailleurs étrangers employés dans ce pays pétrolier.
Au pic de la crise, le camp de transit de Choucha a accueilli 18.000 personnes.
(30-06-2013)
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