samedi 25 juin 2016

Syrie: L'alliance kurdo-arabe avance vers le centre de Minbej, fief de Daesh

 Des combattants de l'alliance kurdo-arabe avancent vers le sud de la ville syrienne de Minbej, un fief de Daesh, le 23 juin 2016 (Afp)

Les combattants de l'alliance kurdo-arabe, appuyés par les avions de la coalition menée par les États-Unis, avançaient samedi vers le centre de Minbej, fief du groupe jihadiste Daesh qui s'est autoproclamé Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie.

Toujours dans le nord du pays en guerre, les forces du régime du dictateur Bashar al-Assad, soutenues elles par l'aviation russe, cherchaient à couper la principale route de ravitaillement des groupes rebelles d'Alep.

Les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui étaient entrés jeudi dans le sud-ouest de Minbej après trois semaines d'offensive, ont pris le contrôle du "rond-point des moulins", une importante intersection dans le sud de Minbej, ce qui les rapproche du centre-ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des combats de rue avec les jihadistes de l'EI ont eu lieu toute la nuit jusqu'à samedi à l'aube, a indiqué l'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau militants et sources médicales dans le pays.
Les Brigades des révolutionnaires de Raqa, une des composantes arabes des FDS, ont confirmé sur Twitter l'avancée dans la ville, dont l'EI s'était emparée en 2014.
Selon Rami Abdel Rahmane, des affrontements se déroulent aussi dans les faubourgs nord, sans que les combattants kurdo-arabes ne parviennent pour le moment à entrer par ce côté.
Selon l'OSDH, au moins 89 membres des FDS et 463 jihadistes de Daesh ont été tués depuis le début de l'offensive le 31 mai.
Après un siège de près de deux semaines, les FDS avaient pénétré jeudi à Minbej malgré une résistance acharnée de Daesh qui utilise des kamikazes et des voitures piégées pour freiner l'avancée.
Avant d'être assiégée, Minbej, qui se trouve dans la province d'Alep, servait aux jihadistes de principal carrefour d'approvisionnement de la frontière turque vers Raqa, leur capitale de facto en Syrie située plus à l'est.

L'assaut terrestre est accompagné par d'intenses bombardements aériens de la coalition conduite par les États-Unis qui combat Daesh également dans l'Irak voisin.
La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 après la répression d'une révolte pacifique, met aux prises de nombreux acteurs locaux et internationaux qui combattent sur un territoire très morcelé.
Toujours dans la province d'Alep, les avions syriens et russes pilonnaient samedi la ville du même nom pour appuyer la tentative au sol des forces du régime de fermer une route de ravitaillement reliant les quartiers rebelles à la Turquie voisine.
Les raids se concentrent sur la "route de Castello", au nord de la ville divisée depuis juillet 2012 entre les quartiers gouvernementaux (ouest) et rebelles (est), selon l'OSDH.
La défense civile a fait état de la mort d'une femme et d'un enfant dans le quartier d'al-Mayssar (est). L'OSDH ne disposait pas pour sa part d'un bilan des raids.
"Les avions russes appuient l'offensive terrestre du régime dans les faubourgs nord et des quartiers nord-ouest de la ville, tandis que les appareils syriens bombardent la partie est de la ville", a expliqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane.

Les rebelles et les groupes islamistes encerclent, à la périphérie ouest d'Alep, les quartiers gouvernementaux tandis les forces gouvernementales cherchent à encercler totalement les quartiers rebelles à l'est.
"Ces deux derniers jours, mes trois enfants et moi-même n'avons pas pu dormir en raison des explosions, d'une intensité jamais connue jusqu'à présent", a affirmé Abou Ahmad, 38 ans, propriétaire d'une supérette dans l'est.
"Mon magasin n'a pas pu recevoir de produits depuis deux jours car personne ne peut emprunter la route (de Castello)", a-t-il expliqué à l'AFP.
Ces frappes intenses surviennent au lendemain de l'annonce par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, que le mouvement chiite libanais allait appuyer l'offensive gouvernementale à Alep.
Le Hezbollah soutient déjà les forces du régime dans d'autres régions du pays.
Par ailleurs, un militant et photographe syrien, Khaled al-Issa, grièvement blessé dans l'explosion d'une bombe à Alep la semaine dernière, est mort dans la nuit dans un hôpital du sud de la Turquie, selon des pages Facebook d'amis militants.
L'attaque, dans laquelle avait été également blessé un autre journaliste, Hadi al-Abdallah, a été attribuée par leurs amis au Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda.

Israël/Palestine : Un banal accident de voitures se solde par l'assassinat d'une jeune palestinienne

Un banal accident de voitures s'est produit hier sur le boulevard circulaire -le boulevard 66- au sud de la Cisjordanie. L'un des deux véhicules était conduit par Majd el Khodor, une jeune Palestinienne d'Hébron... l'autre l'était par un colon. Très vite, les soldats de la force d'occupation étaient sur place et ont criblé de balles le véhicule de Majd la tuant sans pitié. Expéditif comme méthode... aucun média européen n'en a parlé bien entendu, probablement à cause du Brexit...

Moyen-Orient : Diplomatiquement, la Turquie cherche à renouer avec ses anciens alliés

Sous la houlette du nouveau chef de gouvernement, la Turquie tend la main à la Russie et s'efforce de normaliser ses relations diplomatiques avec Israël, un autre ex-allié, dans le souci de sortir de son isolement.
Le Premier ministre Binali Yildirim a envoyé récemment des signaux d'une inflexion de la politique extérieure turque, après avoir remplacé en mai Ahmet Davutoglu, architecte d'une diplomatie agressive qui, selon des analystes, a apporté à la Turquie plus d'ennuis que de bénéfices.
Quand M. Davutoglu a été poussé vers la sortie par le président Recep Tayyip Erdogan, Ankara était plongé dans une crise sans précédent avec la Russie, avait fortement restreint ses relations avec Israël et l'Egypte tout en prouvant son impuissance à se débarrasser en Syrie du régime de Bashar al-Assad.
Aujourd'hui, un rapprochement de la Turquie avec ses voisins régionaux est d'autant plus crucial que les relations d'Ankara avec l'Union européenne traversent une zone de fortes turbulences. M. Erdogan a menacé jeudi d'organiser un référendum pour demander aux Turcs s'ils souhaitent vraiment un jour faire partie de l'UE.
Pour Soner Cagaptay, directeur du Programme de recherche sur la Turquie au Washington Institute, la politique extérieure de Davutoglu a fait que la Turquie s'est retrouvée "presque sans aucun ami" au Moyen-Orient, à l'exception du Qatar et du gouvernement régional du Kurdistan irakien.
"J'ai l'impression que la mission du nouveau Premier ministre turc est de lancer une offensive de charme pour réparer les dégâts diplomatiques laissés derrière lui par le Premier ministre congédié Davutoglu", a-t-il dit à l'AFP.
Binali Yildirim a envoyé la semaine dernière des signaux d'apaisement en direction de plusieurs capitales avec lesquelles les relations se sont tendues ces dernières années, traduisant un souci de retour à l'ancienne politique turque de "zéro problèmes avec les voisins".
"Israël, la Russie, l'Egypte? Il ne peut pas y avoir d'inimitié permanente entre ces pays qui bordent la Méditerranée (ou) la mer Noire", a déclaré M. Yildirim.
Pour Aykan Erdemir, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties, la "politique extérieure irresponsable" de la Turquie a représenté un "échec embarrassant". Ankara, "réalisant l'effet catastrophique de l'isolement" doit changer de pied pour "essayer d'entrer dans des relations d'échange avec les pays voisins", dit-il à l'AFP.
La liste des relations dégradées ou compliquées d'Ankara est longue, à commencer par les Etats-Unis comme l'UE qui s'inquiètent de sa dérive autoritaire et liberticide et de ses discours anti-occidentaux. Mais sur au moins trois fronts, ce pays membre-clé de l'Otan essaie de faire des progrès.
Avec Israël, six ans après l'assaut de commandos israéliens contre un bateau d'aide humanitaire pour Gaza sous blocus qui ont tué dix Turcs, Ankara s'apprête à normaliser ses relations.
Le chef de la diplomatie Mevlut Cavusoglu a évoqué cette semaine la "forte possibilité" d'un round final avant la fin du mois, quand des journaux turcs et israéliens parlaient d'une rencontre dès dimanche pour annoncer la prochaine normalisation.
Avec l'Egypte, les relations se sont dégradées après la condamnation par M. Erdogan du "coup d'Etat" des militaires ayant chassé du pouvoir son allié des Frères musulmans Mohamed Morsi. Mais Ankara souhaiterait se réconcilier, sous l'oeil bienveillant de l'Arabie saoudite, avec le président Abdel Fattah al-Sissi.
M. Yildirim a expliqué que les divergences ne devaient pas empêcher les relations économiques et commerciales, qui sont d'ailleurs une raison majeure pour Ankara de renouer avec ses voisins -- hydrocarbures ou tourisme en tête.
La crise avec la Russie, qui a entraîné une chute brutale des arrivées de touristes russes en Turquie, pourrait s'apaiser après le message envoyé par M. Erdogan à son homologue Vladimir Poutine à l'occasion de la fête nationale russe. Il s'agissait du premier contact depuis que deux F-16 turc ont abattu un avion russe ayant violé l'espace aérien turc au-dessus de la frontière avec la Syrie fin 2015.
Mais Ankara a refusé de produire les excuses exigées par Moscou. "S'il y a bien une chose qu'Erdogan est incapable de faire, c'est de s'excuser", dit M. Cagaptay.

Syrie : "Le combat pour Alep est la plus grande bataille en Syrie" (Hassan Nasrallah)

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé vendredi que le combat pour la ville d'Alep est "la plus grande bataille" en Syrie, promettant d'envoyer plus de combattants pour soutenir le régime syrien dans son offensive contre les rebelles.
Intervenant lors d'un meeting marquant le 40e jour de la mort de Mustafa Badredinne, un ex-chef militaire du Hezbollah, il a indiqué que son organisation "allait augmenter sa présence à Alep (nord de la Syrie) car la plus grande bataille, celle qui est réelle et stratégique, est celle pour la ville et la région d'Alep".
La majorité de cette province septentrionale est aux mains du Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda et de ses alliés islamistes, tandis que la ville, ancienne capitale économique du pays, est divisée depuis juillet 2012 entre quartiers tenus par les rebelles et zones contrôlées par le régime.
Les forces du président syrien Bachar al-Assad, appuyées par l'aviation russe, cherchent depuis des mois à assiéger totalement la ville d'Alep en coupant notamment les routes d'approvisionnement des quartiers rebelles avec la Turquie toute proche et qui soutient les insurgés.
"Nous faisons face à une nouvelle vague, une nouvelle phase d'opérations militaires (de la part des rebelles) dans le nord, spécialement dans la région d'Alep", a affirmé M. Nasrallah.
Le chef du Hezbollah a révélé, ce qui lui arrive très rarement, que son mouvement avait perdu 26 de ses membres au cours des affrontements durant ce mois.
Des combats sanglant pour le contrôle de Zeitan et Khalassa, deux localités stratégiques au sud d'Alep, avaient tourné à la mi-juin à l'avantage d'al-Nosra et de ses alliés
"Le combat pour la défense d'Alep, c'est le combat pour la défense du reste de la Syrie, de Damas. C'est la défense du Liban, de l'Irak et de la Jordanie", a martelé le chef du Hezbollah.
"Il est de notre devoir d'être à Alep. Nous y sommes et nous resterons à Alep", a-t-il encore dit.
Hassan Nasrallah a affirmé que le cessez le feu, entré en vigueur le 27 février sous les auspices des États-Unis et de la Russie n'avait servi que les rebelles qui étaient alors en train de perdre du terrain.
"Quand ils ont vu que nos adversaires étaient en train d'être défaits, les États-Unis et le Conseil de sécurité de l'ONU ont fait pression sur la Russie et la communauté internationale pour imposer une trêve", a-t-il soutenu.
"Qui en a bénéficié? Ce sont ceux qui ont fait venir des milliers de combattants, des chars, de l'artillerie et des munitions pour redonner vie à l'offensive" des rebelles, a-t-il ajouté faisant allusion à la Turquie et à l'Arabie Saoudite, qui appuient les insurgés.
La guerre en Syrie a éclaté depuis 2011 et implique une multitude d'acteurs syriens et internationaux. Elle a fait plus de 280.000 morts.

(24-06-2016 - Assawra)

Libye : L'armée gouvernementale repousse une offensive de Daesh

Les forces progouvernementales libyennes ont repoussé vendredi une nouvelle contre-offensive des djihadistes retranchés dans leur fief de Syrte (centre-nord) après de « féroces » combats, selon un communiqué militaire. À la faveur d'une offensive lancée le 12 mai pour reprendre Syrte au groupe Daesh qui s'est autoproclamé État islamique, les forces du gouvernement d'union nationale (GNA) sont entrées le 9 juin dans la cité et assiègent depuis les djihadistes dans une zone de 5 kilomètres carrés qui s'étend du centre de la ville côtière jusqu'à la mer, au nord. Les pro-GNA peinent toutefois à progresser dans cette zone en raison de la forte résistance des djihadistes qui mènent des contre-attaques, des attentats-suicides et à la voiture piégée notamment. Située à 450 kilomètres à l'est de la capitale Tripoli, Syrte est le principal fief des djihadistes en Libye, qu'ils contrôlent depuis juin 2015.
Vendredi avant l'aube, les pro-GNA ont « repoussé une nouvelle contre-offensive de Daesh près de la route côtière au prix de violents combats qui ont contraint les djihadistes à reculer », a indiqué un communiqué des forces progouvernementales en utilisant un acronyme en arabe de Daesh. Celles-ci n'ont pas fait état de victime dans leurs rangs mais ont affirmé que 10 djihadistes avaient péri dans les combats. Pour freiner la progression des pro-GNA, les djihadistes ont déployé des francs-tireurs sur les toits et disséminé des engins explosifs dans la zone résidentielle où ils se sont retranchés.
Durant leur offensive, les pro-GNA ont reconquis plusieurs localités et positions occupées par Daesh depuis la ville de Misrata, siège du commandement de l'opération militaire, jusqu'à Syrte, 200 kilomètres plus à l'est. Les forces du GNA sont composées de milices issues des villes de l'ouest, principalement celles de Misrata qui s'étaient illustrées durant la révolte ayant conduit à la chute du régime de Muammar Kadhafi en 2011. Depuis le 12 mai, plus de 200 membres des forces pro-GNA ont été tués et plus de 600 blessés, selon un décompte de l'Agence France-Presse réalisé à partir de sources médicales et militaires.

Libye : L'armée gouvernementale repousse une offensive de Daesh

Les forces progouvernementales libyennes ont repoussé vendredi une nouvelle contre-offensive des djihadistes retranchés dans leur fief de Syrte (centre-nord) après de « féroces » combats, selon un communiqué militaire. À la faveur d'une offensive lancée le 12 mai pour reprendre Syrte au groupe Daesh qui s'est autoproclamé État islamique, les forces du gouvernement d'union nationale (GNA) sont entrées le 9 juin dans la cité et assiègent depuis les djihadistes dans une zone de 5 kilomètres carrés qui s'étend du centre de la ville côtière jusqu'à la mer, au nord. Les pro-GNA peinent toutefois à progresser dans cette zone en raison de la forte résistance des djihadistes qui mènent des contre-attaques, des attentats-suicides et à la voiture piégée notamment. Située à 450 kilomètres à l'est de la capitale Tripoli, Syrte est le principal fief des djihadistes en Libye, qu'ils contrôlent depuis juin 2015.
Vendredi avant l'aube, les pro-GNA ont « repoussé une nouvelle contre-offensive de Daesh près de la route côtière au prix de violents combats qui ont contraint les djihadistes à reculer », a indiqué un communiqué des forces progouvernementales en utilisant un acronyme en arabe de Daesh. Celles-ci n'ont pas fait état de victime dans leurs rangs mais ont affirmé que 10 djihadistes avaient péri dans les combats. Pour freiner la progression des pro-GNA, les djihadistes ont déployé des francs-tireurs sur les toits et disséminé des engins explosifs dans la zone résidentielle où ils se sont retranchés.
Durant leur offensive, les pro-GNA ont reconquis plusieurs localités et positions occupées par Daesh depuis la ville de Misrata, siège du commandement de l'opération militaire, jusqu'à Syrte, 200 kilomètres plus à l'est. Les forces du GNA sont composées de milices issues des villes de l'ouest, principalement celles de Misrata qui s'étaient illustrées durant la révolte ayant conduit à la chute du régime de Muammar Kadhafi en 2011. Depuis le 12 mai, plus de 200 membres des forces pro-GNA ont été tués et plus de 600 blessés, selon un décompte de l'Agence France-Presse réalisé à partir de sources médicales et militaires.

Syrie : L’inquiétant témoignage d’un ancien policier de Daesh

Abou Moussab, ex-policier de Daech, dit s’être glissé dans le flux des réfugiés pour rejoindre l'Europe. Il livre des confidences inquiétantes sur le fonctionnement de Daesh.

Hayat Boumeddiene, la compagne d’Amedy Coulibaly, est-elle devenue la chef de la brigade des femmes après sa fuite en Syrie ? C’est ce qu’affirme un certain Abou Moussab (un nom d’emprunt) dans le deuxième numéro de "Sang Froid", toute nouvelle revue trimestrielle dédiée à la justice, à l’investigation et au polar.
Aujourd'hui réfugié en Belgique, l’homme est un ancien policier de Daesh, le groupe qui s'est autoproclamé l’Etat Islamique ayant quitté l’organisation en juillet 2015. Il était présent à Raqqa quelques mois plus tôt. Il se souvient de l’arrivée de la Française, le 8 janvier 2015, soit la veille de l’attaque de l’Hypercacher après avoir passé la frontière syrienne au poste de Tell Abiad :

"J’étais dans nos bureaux de la sécurité du gouvernorat quand mes collègues m’ont informé qu’une personnalité importante était en train d’arriver à Raqqa. C’était l’effervescence en ville. On ne savait pas qui c’était", raconte-t-il à Alex Jordanov, journaliste baroudeur passé notamment par le Vrai Journal de Karl Zéro.

Le témoignage d’Abou Moussab ne manque pas d’intérêt sur le fonctionnement de Daesh. Ancien économiste, proche des Frères musulmans, l’homme s’est engagé très tôt dans la révolution syrienne au sein de la milice Ahrar ash-Sham : "Le camp de formation était en Turquie à Akçakale. Les Turcs qui nous ont accueillis ont fourni la logistique aux combattants. Il y avait deux camps : celui appelé Charia pour l’éducation religieuse et le camp Sabre pour l’entraînement militaire."
L’homme donne d’autres détails sur le double jeu des Turcs. Par la suite, Abou Moussab quittera la milice proche des Frères musulmans pour rejoindre d’abord le Front Al-Nosra puis l’Etat Islamique pour lequel il assurera les fonctions de policiers, chargé notamment des interrogatoires des policiers.
"Un jour, je me suis fait attraper en train de fumer. J’ai pris 20 coups de fouet et deux semaines d’enseignement de la charia", narre Abou Moussab.
Sur les raisons qu’ils l’ont poussé à quitter Daesh, l’intéressé reste très évasif, invoquant seulement des motifs personnels.

"On pourra vous combattre longtemps"
Pour rejoindre l’Europe, il dit s’être glissé dans le flux des réfugiés. "Un jeu d’enfant", dit-il. Il confirme qu’il s’agit du modus operandi de l’organisation terroriste pour infiltrer ses hommes en Europe. Abou Moussab dispose de deux faux passeports syriens à des noms différents. Il aurait alterné avec l’un et l’autre aux différents points de contrôle. Sans rencontrer la moindre difficulté. Il circulerait aujourd’hui tranquillement dans les rues de Bruxelles. Sa femme, voilé de pieds en cap, a également rallié la Belgique. Ils vivraient tous les deux dans un logement pour réfugiés.
La liberté de mouvement de l’ancien djihadiste peut inquiéter : Abou Moussab ne semble pas avoir renié ses anciennes convictions. Loin de là.

"Cette guerre ne fait que commencer. Vos militaires et votre police sont faibles. On pourra vous combattre longtemps", conclut-il.