mardi 29 décembre 2015

Israël : Prison ferme confirmée pour l'ex-Premier ministre Olmert

Ehud Olmert ira bien en prison. La Cour suprême d'Israël a confirmé mardi une peine de prison ferme de 18 mois pour corruption contre l'ancien Premier ministre israélien. Il deviendra ainsi le premier chef de gouvernement à être emprisonné dans son pays.
Ehud Olmert, 70 ans et Premier ministre de 2006 à 2009, avait été condamné à six ans de prison ferme en première instance pour deux chefs d'accusation de corruption liées à un énorme projet immobilier.
Mardi, la Cour suprême l'a acquitté d'une de ces accusations et a réduit sa peine à 18 mois de prison dans la deuxième, selon le verdict que l'AFP a pu consulter. « M. Olmert a été acquitté de l'accusation d'avoir reçu 500 000 shekels (117 150 euros) de pots-de-vin », indique le verdict rendu par cinq juges, mais il a été « condamné à l'unanimité pour avoir reçu un pot-de-vin de 60 000 shekels (14 060 euros) ». À l'époque des faits, Ehud Olmert était maire de Jérusalem. Il devra se présenter le 15 février aux autorités afin d'entamer sa période de détention.
Visé par des enquêtes depuis des années, l'ancien avocat d'affaires, grand amateur de costumes chics, de cigares, de football, de bonne chère et de voyages à l'étranger avait semblé échapper à toute condamnation. Mais en mai 2014, un tribunal l'avait condamné en première instance à six ans de prison pour corruption, marquant le début de sa descente aux enfers.
Ancien membre du Likoud, le parti de droite de l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de rejoindre le centre droit, Ehud Olmert avait renoncé à se présenter aux primaires de son parti, Kadima, ouvrant la voie à l'accession au pouvoir de Benjamin Netanyahu, qui dirige Israël depuis.


Irak : L'armée gouvernementale reprend Ramadi, sa plus grande victoire face à l'EI

Les forces irakiennes ont annoncé lundi avoir "libéré" Ramadi des combattants du groupe Etat islamique (EI), hissant le drapeau national sur le QG gouvernemental de la ville pour marquer leur plus grande victoire face à l'organisation jihadiste.
Des soldats ont dansé l'arme levée à Ramadi, chef-lieu de la grande province d'Al-Anbar situé à 100km à l'ouest de Bagdad, pendant que des hauts commandants paradaient dans les rues de la ville qu'ils avaient perdue en mai.
Des Irakiens ont aussi manifesté dans plusieurs villes du pays pour célébrer cette victoire qui devrait redorer le blason de l'armée fortement critiquée pour son humiliante déroute en juin 2014 face à l'EI qui s'était emparé de vastes pans du territoire.
"Ramadi a été libérée", a proclamé le général de brigade de l'armée Yahya Rassoul à la télévision d'Etat.
Après lui, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s'est engagé à libérer en 2016 la totalité du pays de l'EI, dans un discours télévisé.
A Ramadi, l'armée a affirmé ne rencontrer aucune résistance depuis que les derniers combattants de l'EI ont quitté dimanche le QG gouvernemental, même si certains jihadistes pourraient être encore présents dans certains quartiers.
Les militaires avancent toutefois avec prudence et se consacrent à la tâche titanesque de désamorcer les centaines de bombes et engins explosifs laissés par les jihadistes.

- 300 engins explosifs -
"Daech (acronyme en arabe de l'EI) a placé au moins 300 bombes et engins explosifs dans le QG et sur les routes", a expliqué un officier, Majid al-Fatlawi.
Quasiment tous les civils ont quitté le centre de Ramadi dévasté par les combats. Certains ont été évacués mais d'autres ont été utilisés comme boucliers humains par les jihadistes pour couvrir leur fuite, selon plusieurs témoignages.
Il y a une semaine, les responsables irakiens estimaient que l'EI disposaient de 400 combattants à Ramadi. Il était impossible lundi de déterminer combien ont été tués dans les combats et combien ont fui.
Du côté des forces irakiennes, les autorités n'ont pas donné de bilan des pertes mais des médecins ont indiqué à l'AFP qu'une centaine de soldats blessés ont été hospitalisés à Bagdad pour la seule journée de dimanche.
La reconquête de Ramadi est survenue après des mois de préparatifs de l'armée qui avait resserré l'étau autour des jihadistes avant de reprendre progressivement des secteurs de la cité, avec le soutien des raids aériens de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.
L'assaut final a été lancé mardi dernier par les forces d'élite antiterroristes et l'armée irakiennes contre le QG gouvernemental du centre-ville où les violents combats s'étaient concentrés jusqu'à la fuite des jihadistes.
Après la perte de Ramadi, l'EI contrôle toujours une grande partie de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar, la plus grande d'Irak et qui est frontalière de la Syrie, de la Jordanie et de l'Arabie saoudite.
Il faudra en outre beaucoup de temps pour que la vie normale reprenne à Ramadi. Des habitants ont à peine commencé à revenir dans les quartiers périphériques, reconquis par l'armée il y a plusieurs jours, pour évaluer les dégâts.
"Nous n'avons pas l'intention d'y retourner maintenant, même si cette libération nous rend très heureux", confie Sohaib Ali, 27 ans, père de trois enfants ayant fui Ramadi il y a près de deux ans.
"Il y a eu d'immenses dégâts et je ne pense pas que les services de base reviendront tout de suite ni même la sécurité", poursuit cet homme déplacé à Erbil, dans la capitale du Kurdistan, plus au nord.
D'après l'Organisation internationale des migrations, les habitants d'Al-Anbar représentent un tiers des 3,2 millions d'Irakiens forcés de fuir leur foyer depuis 2014.

- Mossoul prochaine étape? -
La coalition internationale contre l'EI, à laquelle participent notamment Paris et Londres, a félicité les forces irakiennes pour leur victoire. Outre le soutien aérien, elle leur a fourni armes et entraînements.
Pour le président français François Hollande, la reprise de Ramadi constitue "la plus importante victoire depuis le commencement de la lutte" contre l'EI en 2014. Berlin a estimé que cette victoire "démontre encore une fois que l'EI n'est pas invincible".
Le président du Parlement irakien, Salim al-Joubouri, a estimé que "cette magnifique victoire contre Daech", représentait "une rampe de lancement pour la libération de Ninive".
L'EI contrôle depuis juin 2014 Mossoul, deuxième ville d'Irak située dans le nord et chef-lieu de la province de Ninive. C'est depuis cette cité que son chef Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé il y a plus d'un an et demi son "califat" s'étendant sur les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.
Mais ces derniers mois, l'EI a perdu plusieurs places fortes. Les militaires parfois aidés de paramilitaires chiites ou de combattants kurdes ont notamment repris Tikrit et Baïji puis Sinjar, au nord de Bagdad.

(28-12-2015)

Egypte/Palestine : Les réseaux sociaux dénoncent le meurtre d'un Palestinien handicapé mental

Sous le hashtag « Pourquoi l'ont-ils tué ? » sur Twitter ou sur Facebook, les réseaux sociaux palestiniens étaient lundi en ébullition après la mort d'un Gazaoui, apparemment handicapé mental, abattu de plusieurs balles par l'armée égyptienne alors qu'il avait traversé la frontière maritime du sud de l'enclave sous blocus. Les internautes palestiniens dénonçaient l'« exécution » de l'homme - dont seul le nom « Hassan » est mentionné - par l'armée égyptienne, qui jusqu'ici n'a pas commenté l'incident survenu jeudi.
Une vidéo a également fait le tour des réseaux. Sur ces images, on voit l'homme, entièrement nu, marcher dans l'eau et traverser la rangée de perches en bois plantées à quelques mètres de la côte qui marquent la frontière entre l'enclave palestinienne et l'Égypte. Il est soudainement fauché par une balle, tandis que plusieurs autres ricochent sur l'eau. Dans le cadre apparaît un homme, visiblement un membre des forces du Hamas qui tient les frontières de la bande de Gaza. Il fait de grands signes, tentant apparemment de signifier aux forces égyptiennes que l'homme a des problèmes mentaux. Il agite à plusieurs reprises les bras en direction du poste de l'armée égyptienne et siffle pour interpeller les soldats, mais les balles continuent de pleuvoir sur l'homme désormais allongé sous les vagues.

« Pourquoi l'ont-ils tué ?
Le vidéaste amateur filme ensuite son corps échoué sur le sable que trois soldats égyptiens viennent récupérer. Plusieurs caricaturistes se sont saisis de la mort du Gazaoui, représentant deux mains ensanglantées se serrant, l'une portant le drapeau israélien, l'autre égyptien, et entre leurs doigts un Palestinien étouffant. Un autre détourne le verset coranique dont l'Égypte a fait un de ses slogans : « Entrez en Égypte en toute sécurité, si Dieu le veut ! » devenu « Entrez en Égypte... si Dieu le veut ! », écrit sur le corps dessiné de l'homme nu et échoué sur une plage.
Une manifestation a rassemblé dimanche quelques dizaines de Gazaouis sous les mêmes bannières « Pourquoi l'ont-ils tué ? » réclamant notamment que le corps du jeune homme soit rendu à ses proches. Jeudi, le ministère de l'Intérieur du Hamas dans la bande de Gaza avait indiqué que le jeune homme avait été « tué par des tirs de l'armée égyptienne qui retient son corps ». La bande de Gaza est maintenue depuis 2006 sous un strict blocus terrestre, aérien et maritime d'Israël, et sa seule ouverture sur le monde non contrôlée par l'État hébreu, le point de passage de Rafah dans le sud, est fermée en quasi-permanence par l'Égypte, où le nouveau régime tenu par un ex-maréchal accuse le Hamas au pouvoir à Gaza de soutenir l'insurrection djihadiste dans le Sinaï voisin.

(28-12-2015)

Arabie Saoudite : Déficit budgétaire, austérité et hausse des prix en 2016

Confrontée à la chute des cours du pétrole, l'Arabie Saoudite a adopté lundi son budget 2016 avec un déficit prévu de 79,3 milliards d'euros et des mesures d'austérité incluant des augmentations de plus de 50% de prix de l'essence.
Première économie arabe et premier exportateur mondial de pétrole, le royaume saoudien a aussi annoncé lundi avoir enregistré cette année un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d'euros, sous l'effet d'une baisse de plus de 60% des prix du brut depuis l'été 2014.
Des analystes estiment que Ryad, chef de file de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), est en partie responsable de cette baisse des cours en raison de son insistance à défendre ses parts de marché plutôt que les prix.
En présentant le budget 2016, le ministère des Finances a précisé que le gouvernement allait "reconsidérer" les prix de l'électricité, de l'eau et des produits pétroliers, largement subventionnés dans le royaume, dans le cadre de mesures d'austérité pour faire face à la chute des revenus pétroliers.
Les décisions n'ont pas tardé et ont été annoncées quelques heures plus tard à l'issue d'un Conseil des ministres présidé par le roi Salmane: le prix de l'essence sans plomb 95 augmente ainsi de 50%, à 0,90 riyal (0,24 dollar) le litre, et celui de l'essence 91 de 67%, à 0,75 riyal (0,20 dollar) le litre.
Certaines hausses de prix doivent entrer en vigueur dès mardi.
En 2016, les revenus de l'Arabie Saoudite devraient être de 513,8 milliards de riyals (124,8 milliards d'euros), au plus bas depuis 2009, a indiqué le ministère des Finances, précisant que les dépenses publiques devraient s'élever à 840 milliards de riyals (204,1 milliards d'euros).
Les dépenses incluent pour la première fois une enveloppe spéciale de 44,7 milliards d'euros pour soutenir le budget en cas de nouvelle baisse des revenus.
Plus de 25% du budget 2016, soit 51,9 milliards d'euros, sont consacrés aux dépenses militaires et de sécurité du royaume saoudien, qui est de plus en plus engagé dans des conflits au Moyen-Orient, en premier lieu au Yémen voisin.


Introduction d'une TVA

 En dépit de la chute des cours du brut, le gouvernement a maintenu en 2015 un niveau élevé de dépenses, ce qui l'a amené à puiser dans ses réserves en devises, accumulées durant les années où le prix du pétrole était élevé.
En 2015, les revenus ont été estimés à 608 milliards de riyals (147,5 milliards d'euros), bien en dessous des projections pour cette année et des revenus de 2014, alors que les dépenses se sont élevées à 975 milliards de riyals (236,6 milliards d'euros).
Même si le déficit 2015 marque un record dans l'histoire du royaume, il est moins élevé que prévu. Le Fonds monétaire international (FMI) avait tablé à l'été sur un déficit de 130 milliards de dollars, alors que d'autres rapports évoquaient un chiffre de plus de 100 milliards de dollars.
En 2016, le royaume saoudien entend aussi augmenter les taxes sur les services, imposer de nouvelles taxes et finaliser les "dispositions nécessaires pour l'introduction d'une TVA", en coordination avec les autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a précisé le ministère.
Parmi les autres réformes prévues pour alléger la pression sur le budget de l'Etat, le ministère a annoncé un programme pour contenir l'augmentation des dépenses courantes, notamment les salaires et autres avantages et allocations qui ont avalé jusqu'à 120 milliards de dollars en 2015.
Le ministère des Finances a annoncé aussi qu'il allait oeuvrer pour une plus grande efficacité dans la réalisation des projets de développement.
Le FMI a demandé avec insistance ces dernières années aux pétromonarchies du Golfe de réduire les subventions et de diversifier leurs économies. Faute de quoi, a-t-il averti, ces pays risquent d'épuiser leurs réserves en cinq ans.
Le roi Salmane, qui a accédé au trône en janvier, a annoncé mercredi au Majlis al-Choura (conseil consultatif) avoir ordonné des réformes économiques pour diversifier les sources de revenus et réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole.
Ces réformes devraient être basées sur "une plus grande efficacité dans les dépenses publiques, une meilleure utilisation des ressources économiques et une amélioration du rendement des placements de l'Etat", a-t-il expliqué.

(28-12-2015)

Israël/Palestine : 55 000 nouveaux logements construits dans des colonies

L'ONG anticolonisation La Paix maintenant affirme qu'Israël tente de relancer et d'étendre des plans de construction de logements en Cisjordanie occupée, notamment à proximité de Jérusalem dans une zone ultra-sensible du territoire palestinien. L'organisation israélienne, qui se base sur des informations communiquées par le gouvernement, explique que les autorités cherchent à construire plus de 55 000 logements dans des colonies, dont plus de 8 300 dans la zone dite E1 entre Jérusalem et la colonie de Maalé Adoumim, au nord-est de la ville sainte.
Les Palestiniens accusent Israël d'avoir pour but de couper en deux la Cisjordanie en tentant de créer une continuité territoriale, via les constructions dans la zone E1, entre Jérusalem et Maalé Adoumim, et d'enterrer ainsi de facto la possibilité d'un État palestinien. Au total, le ministère israélien du Logement cherche à construire 55 548 nouveaux logements en Cisjordanie, dans des colonies existantes et dans deux nouvelles colonies, selon le rapport de La Paix maintenant. "La zone de (la colonie de) Maalé Adoumim et de E1 est l'une des plus sensibles quand il s'agit d'évoquer les chances d'arriver à la solution à deux États", palestinien et israélien, écrit La Paix maintenant dans son rapport.
"C'est pour cela qu'à chaque fois qu'un dirigeant israélien essaye de relancer les plans (de construction) de E1, la communauté internationale les condamne fermement." "Les plans d'Israël d'étendre son entreprise de colonisation et d'étrangler le peuple palestinien et sa terre conduisent à la fin d'une solution à deux États", a estimé Hanane Achraoui, membre de la direction palestinienne, réagissant au rapport. La communauté internationale considère la colonisation israélienne comme illégale et y voit le premier obstacle à la paix. Actuellement, près de 400 000 colons vivent en Cisjordanie, ainsi que 200 000 autres à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël, ce que la communauté internationale condamne.
En 2013, face aux pressions internationales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait opposé son veto à la construction de 1 200 logements en zone E1, mais La Paix maintenant révèle que le ministère du Logement a mandaté des architectes pour qu'ils présentent de nouveaux plans. Début décembre, le secrétaire d'État américain John Kerry estimait que "la multiplication des colonies qui se poursuit pose de sérieuses questions sur les intentions d'Israël sur le long terme et rend la séparation des Palestiniens plus difficile encore". Le ministère du Logement n'était pas immédiatement joignable pour commenter ces informations.

(28-12-2015)

lundi 28 décembre 2015

Israël/Palestine : « Notre programme est simple : nous voulons la Palestine du fleuve à la mer » (Dr. Ramadan Shallah)

Extraits du discours du Dr. Ramadan Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad Islamique en Palestine, à  l’occasion du premier congrès des prédicateurs musulmans : « Soutiens le « voyage nocturne » de ton prophète ».

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
….
Permettez-moi d’abord de saluer les jeunes de la vaillante Intifada, et toutes les masses de notre peuple dans al-Quds, al-Khalil, en Cisjordanie, dans la patrie volée en 1948, dans la bande de Gaza toujours en résilience et endurante face au blocus, et dans l’exil.. comme je salue les masses de notre nation arabo-islamique.

Nous avons grandement besoin d’être inspirés par l’esprit du messager de Dieu, prières et saluts de Dieu sur lui, par son parcours exaltant, ses nobles  paroles, son message éternel, celui de l’Unicité, de la miséricorde et de l’humanité…

Comme avons-nous besoin de ta patience et ta persévérance, ô messager de Dieu ; afin que nous puissions affronter et résister aux tempêtes qui soufflent sur la nation de l’islam, qui se trouve aujourd’hui à la traîne des nations et qui risque de sombrer d’un abîme à l’autre….

La destruction et la ruine sont le présent, et le sang coule à flots, l’oppression et l’agression se répandent ; la peur et l’épouvante ont pénétré dans la nation, et la terre arabo-islamique est devenue le lieu et le terrain de conflits entre les intérêts régionaux et internationaux.. Nos patries sont devenues la scène du jeu des nations, et notre religion est en danger, tellement les atrocités lui ont été chargées. Nous sommes arrivés au point où Israël n’est plus l’ennemi.. Nous avons commencé à nous inventer des ennemis à l’intérieur de notre nation, et certains commencent à considérer que le combat contre l’autre partie, quelles que soient son importance et sa caractéristique, est prioritaire au combat contre les sionistes en Palestine !

C’est cela la perte de la boussole et la perte de la direction, c’est cela l’égarement et la déroute même.

D’où l’imporance de l’Intifada en Palestine, l’Intifada al-Quds, qui a surpris le monde et embarrassé beaucoup, qui a redonné la considération à la Palestine, après que le monde lui ait tourné le dos ou presque. Elle pourrait contribuer à ajuster la direction, à remettre le wagon sur le rail correct en direction de la Palestine et d’al-Quds. ..

J’évoquerai ici les messages portés par l’Intifada, que je résume comme suit :

1 – le message de l’Intifada au monde entier dit : je suis la Palestine, je suis al-Quds, je ne peux être oubliée ni ignorée. Que vous vous occupiez de toute question, de tout problème, la roue tournera et vous reviendrez au point zéro, et découvrirez que vous êtes face à la question du siècle, la question de la Palestine et de sa tragédie.

2 – le deuxième message dit que la génération de l’Intifada est la génération de Ussama bin Zayd, qui rappelle le lien entre le messager, prières de Dieu sur lui, avec la Palestine, notre première Qibla et le trajet du « voyage nocturne » de notre prophète vers le ciel. Le messager, prières de Dieu sur lui, a répété ses recommandations alors qu’il était sur le lit de la mort : « Envoyez Ussama » pour combattre les Rums en Palestine ; Abu Bakr as-Saddiq, que Dieu soit satisfait de lui, a exécuté la recommandation du messager de Dieu, et a lancé la campagne de Ussama, qui a dirigé l’armée, alors qu’il avait à peine 18 ans. Le messager de Dieu, que les prières de Dieu soient sur lui, a insisté pour que Ussama prenne la direction de l’armée, alors que son père Zayd était l’un des dirigeants martyrs de la bataille de Mu’ta, afin de relier les générations. Le père est tombé martyr, le fils a pris la relève en tant que dirigeant d’une armée composée de plusieurs grands compagnons, que Dieu soit Safisfait d’eux. Vous, les jeunes de la Palestine, vous êtes la génération de Ussama et de la campagne  d’Ussama. Même si tous les Arabes et musulmans ne la rejoignent pas, le peuple de Palestine et les jeunes de Palestine ne la manqueront pas.

3 – le troisième message est adressé au monde arabo-islamique, et notamment à ces Etats et gouvernements qui accourent vers Israël pour que ce dernier les protège dans les circonstances troublées ou enflammées dans la région. Le message de l’Intifada à ceux-là est : Israël que vous pensez capable de vous protéger ne peut se protéger lui-même, contre les couteaux et les ustensiles de cuisine avec lesquels le peuple de Palestine se défend, par ses jeunes gens et jeunes filles dans l’Intifada al-Quds. Israël peut conclure la paix avec des régimes et des gouvernements… il peut ouvrir une ambassade ou un consulat, ou bien lever le drapeau dans telle ou telle capitale, mais il ne peut obtenir une légalité ni un statut de présence naturelle dans cette région. 37 ans après la signature des accords de Camp David, le peuple égyptien refuse la normalisation, et il en est de même pour le peuple jordanien après la signature de l’accord de Wadi Araba. Israël restera, au yeux des peuples de la nation, une entité étrangère et rejetée, jusqu’à ce que Dieu accorde la permission de libérer la Palestine. Al-Quds et la Palestine sont demeurées 91 années hégiriennes ou 88 ans solaires sous l’occupation des Francs ou croisés, jusqu’à ce qu’elles soient libérées par le héros Salaheddine al-Ayyoubi, et le colonialisme croisé est demeuré près de deux cent ans dans la région du Sham, avant qu’il ne se retire, chassé de la région.

Nous ne fuyons pas vers le passé. Au contraire, nous sommes plongés dans la réalité plus que nombre de ceux qui appellent au réalisme, qui signifie la capitulation, mais nous voyons l’entité telle qu’elle est, avec tous les facteurs de force et les réalisations qu’elle a faites et qui ont épouvanté tout le monde, mais elle n’a pas épouvanté Muhannad Halabi, ni Muhannad Uqbi, ni Diya’ Talahme, ni le héros martyr Issa Assaf et son compagnon le martyr Adnan Abu Habse, hier, ni tous les martyrs et les martyres de la vaillante Intifada, dont les propres initiatives ont rendu difficile toute prévision par l’ennemi.

Ecoutez-moi bien, chers frères et sœurs.. pour savoir que le projet sioniste, malgré ses succès, a subi de nombreux échecs, que certains ne veulent pas voir. Il a échoué à régler la question juive, il n’a pu amener les juifs du monde vers la Palesitne, le tiers seulement est venu, et à chaque secousse, la contre-émigration est en route. Il n’a pu construire un grand Etat juif comme il rêvait de le faire, il n’a pu tracer des frontières sécurisantes jusqu’à aujourd’hui, il n’a pu supprimer le peuple palestinien de la carte de la Palestine et du monde, mais au contraire, la balance démographique indique aujourd’hui  un équilibre, sinon elle penche en notre faveur.  Il n’a pu faire plier ou briser la volonté du peuple palestinien, il ne remporte plus des victoires dans les guerres et ne nous fait plus subir des défaites, comme par le passé, comme  en témoignent les guerres contre Gaza et le Liban. Il n’a pas réalisé la paix car il ne croit pas en une paix sans domination ni suprématie et sans imposer un état de fait. Il n’a pas réussi à abandonner son penchant agressif qui lui ouvre un avenir de guerres…

4 – Le quatrième message, le plus important, que délivre l’Intifada est en direction de l’Autorité palestinienne et des frères du mouvement Fateh…. Elle est sous forme de question : Qu’attend la direction de l’Autorité ? Sur quoi mise-t-elle, alors qu’elle assiste, en spectatrice, à l’égorgement de son peuple , au pillage de sa terre, à la judaïsation d’al-Quds, et à l’invasion profanatrice des colons de la mosquée al-Aqsa, tous les jours, et sous la protection de l’armée de l’occupation. Ils ont décidé de la partager, avant de la détruire et de construire le prétendu temple, attendant l’occasion propice. Qu’attend l’Autorité ? Nous voulons comprendre. Est-ce qu’elle attend la solution des deux Etats, et l’obtention d’un Etat indépendant et souverain, avec al-Quds pour capitale et dans les frontières de 1967 ? Si elle mise là-dessus, l’Israélien lui dit en toute clarté : rien. Beaucoup d’Israéliens ont enterré la solution des deux Etats depuis longtemps, et les dernières paroles de Kerry, mettant en garde Israël du choix d’un seul Etat et le danger que cela représenterait pour l’Etat juif, est un enterrement de la solution de deux Etats.

Je confirme ici cet enterrement. Israël, à cause des circonstances actuelles dans la région, considère qu’il n’est pas contraint de faire une seule concession, qu’il a refusé de faire pendant plus de 22 ans, depuis Oslo. Quelles sont les cartes de force sur lesquelles mise l’Autorité qui pourraient contraindre l’entité à modifier sa position et faire une concession en direction de l’Etat ? La vraie carte, et le facteur certain de force qui épouvante Israël et le déstabilise, frère Abu Mazen, c’est ton peuple, c’est cette génération géante, la génération de l’Intifada, et non  « al-habba » (ils disent « al-habba » pour réduire l’importance de l’Intifada et lui tourner le dos). C’est l’Intifada al-Quds, et non la troisième Intifada, car notre peuple a connu des Intifada et révolutions depuis le début du conflit, depuis plus d’un siècle….

Ce à quoi nous assistons, c’est la poursuite de la coordination sécuritaire avec l’ennemi, dans le cadre de l’Intifada, comme si le peuple qui est tué, dont les maisons sont détruites, qui est opprimé par l’occupation, est un autre peuple vivant dans un autre pays ! Cette position n’est pas digne du palestinien, et nous attendons des frères dans le mouvement Fateh, car c’est le parti du pouvoir, qu’ils prennent la décision et affirment leur alignement clair en faveur de l’Intifada, qui exprime la volonté et le choix du peuple, tout comme le martyr Yasser Arafat s’est aligné vers l’Intifada al-Aqsa.

Nous demandons à l’Autorité d’arrêter la coordination sécuritaire avec l’ennemi, de proclamer l’échec de la voix du règlement et des négociations, et de cesser de miser là-dessus, et nous lui demandons de mettre sa main dans la main de son peuple et de toutes les forces pour reconstruire le projet national palestinien, en tant que mouvement de libération nationale, et non en tant que pouvoir autonome dans le cadre de l’occupation, et d’agir ensemble pour formuler une nouvelle stratégie qui s’appuie sur la résistance multiforme, et en premier lieu, la résistance armée, pour libérer la terre et récupérer les droits.

5 – le cinquième message concerne la division interne. La division et le conflit inter-palestinien ont été présentés comme étant un conflit pour un pouvoir que les Palestiniens ne possèdent pas et qu’ils ne peuvent posséder, car Israël veille et contrôle toute chose. A notre avis, les dimensions et les causes de la division interne sont plus complexes, et avec le temps, celle-ci s’approfondit au niveau géographique, politique et moral, ce qui est nuisible pour notre peuple, sa cause et ses intérêts. A partir de là, et dans le cadre de l’Intifada qui se poursuit avec stabilité et détermination, devant toutes les menaces auxquelles notre peuple doit faire face, et où nos sacralités sont bafouées, nous disons à toutes les forces et organisations, nous devons tous nous élever au-dessus des intérêts minimes et partisans, et nous devons mettre les intérêts de notre cause et de notre peuple devant nous, faire des efforts sincères pour en finir avec la division, et réaliser le minimum d’unité qui soit digne de notre Intifada et de nos martyrs.

Nous devons faire ensemble, et malgré les alignements qui nous entourent, et trouver une sorte de concorde qui conduise à mettre fin au blocus de la bande de Gaza et à l’ouverture des voies de passage, en coordination et dialogue avec le pays frère l’Egypte. Maintenir la situation présente dans la bande de Gaza est insoutenable. Gaza est devenue un tombeau ouvert, personne ne s’en soucie, comme si deux millions de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza sont devenus aux yeux du monde, un surplus de population, sans dignité et sans valeur, comme s’ils ne méritaient pas le minimum de vie humaine.

6 – le sixième message envoyé par l’Intifada au monde est qu’elle n’est pas partie prenante des axes et des coalitions régionales. Comme toutes les masses de notre peuple, nous nous étonnons de la décision d’impliquer la Palestine dans les coalitions régionales appelées « pour combattre le terrorisme ». Comme si nous n’étions pas la victime la plus claire du terrorisme organisé de l’Etat sioniste. Comme si la Palestine était libérée, ou al-Quds nettoyée de la profanation de l’occupation, et comme si nous avions un surplus de force à exporter dans le jeu de l’anarchie dans la région. La position juste palestinienne, dans le cadre des violentes tempêtes, est de ne pas impliquer la Palestine et sa cause dans tout axe qui l’oblige à payer des dettes dont nous pouvons nous passer. De plus, l’Intifada ne mise pas sur ceux qui pensent que l’amélioration de leur position ou la rectification de certaines de leurs erreurs dans les conflits régionaux et internationaux se font en reprenant les relations ou en améliorant les relations avec l’entité sioniste.

7 – Le dernier message de l’Intifada est qu’elle se poursuit, avec l’aide de Dieu, gloire à Lui, et grâce à l’action et la volonté de la jeune génération, et que toute tentative pour l’arrêter ou la briser a été dépassée par le temps. Nous devons mobiliser toutes les forces pour dissuader cet ennemi et faire cesser sa répression et sa violence contre les fils de l’Intifada. Il faut en finir avec les hésitations et les doutes. Tout questionnement sur l’efficacité de la poursuite de l’Intifada et ses buts, à partir de cet instant, n’est qu’une tentative douteuse de maintenir l’occupation, et d’en faire un état de fait éternel. Quiconque ne sait vraiment pas quel est le but de l’Intifada, qu’il demande au peuple palestinien, qu’il demande au sang des nos héros martyrs, qui nous trace le chemin de la victoire et de la libération. Je m’adresse aujourd’hui à tous ceux qui croient qu’ils mettent la résistance dans l’embarras lorsqu’ils nous demandent : quel est votre programme ? Je réponds : notre programme est simple, comme l’a proclamé la mère du martyr Khaled Jawabra, au moment où elle lui faisait ses adieux dans al-Khalil : « nous voulons la Palestine, du fleuve à la mer » (de l’eau jusqu’à l’eau). Ainsi s’est exprimée cette femme croyante et combattante, que je salue à travers vous, et salue toutes les mères et tous les pères des martyrs.. Notre programme est ce qu’ont affirmé les enfants du martyr, le héros Ibrahim Akkari, au correspondant de la télévision israélienne, lorsque le plus jeune, Hassan, 11 ans, a répondu à la question de savoir s’il était possible de vivre ensemble , disant fermement : « Non, ou bien vous, ou bien nous dans ce pays ». Lorsque l’enfant Hamza, 12 ans, a été questionné à propos de son père qui a écrasé des Israéliens dans la rue, il a répondu : « que faisaient ces juifs en Palestine, ne sont-ils pas des occupants de notre terre ? » C’est ton peuple, Abu Mazen, c’est l’enfant Hassan Akkari qui dit à l’Israélien ce que tu ne peux dire à ses politiciens : « nous ne serons tranquilles que lorsque vous quittez notre terre ». Quant à toi, Hassan, Hamza, toute famille militante et honorable, ce que vous avez dit est la vérité, nous en soutirons notre détermination à poursuivre la lutte. Nous n’abandonnerons pas une seule graine de la terre de Palestine, ni une seule goutte du sang de votre père et du sang des martyrs, et nous poursuivrons leur chemin jusqu’à la victoire ou le martyre, par la permission de Dieu.

Et finalement, devant cette invasion juive quotidienne de la mosquée al-Aqsa et le danger qui la menace, si Ben Gourion a dit : « pas d’Israël sans Urshalim, pas d’Urshalim sans le temple » nous disons : « Pas d’arabité sans la Palestine, pas de Palestine sans al-Quds, et pas d’al-Quds sans la mosquée al-Aqsa ».


En conclusion, je vous salue à nouveau, que Dieu récompense vos efforts. Paix, miséricorde et bénédictions de Dieu sur vous.

(28-12-2015 - "Baladi")

dimanche 27 décembre 2015

Israël/Palestine : Deux Palestiniens tués lors d'une attaque contre un soldat israélien

Deux Palestiniens ont été tués dimanche à Houwara, une localité du nord de la Cisjordanie occupée, après avoir blessé un soldat israélien à coup de couteau, a indiqué l'armée israélienne.
Le ministère palestinien de la Santé a identifié les deux Palestiniens comme Mohammed Sabaaneh, 17 ans et Nour Eddine Sabaaneh, 23 ans, originaires de la localité de Qabatia, proche de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.
Plusieurs assaillants présumés originaires de Qabatia ont été tués par les forces de sécurité israéliennes depuis le début d'une nouvelle vague meurtrière de violences il y a près de trois mois.
Un soldat a été blessé par des coups de couteau, a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué, ajoutant qu'un deuxième soldat avait été blessé par les tirs des miliaires en direction des assaillants présumés.
Les deux corps étaient aux mains des forces israéliennes, ont précisé des responsables de la sécurité palestinienne, alors que l'Etat hébreu a confisqué depuis près de trois mois une cinquantaine de corps d'assaillants présumés en mesure de rétorsion.
Depuis le 1er octobre, des attaques menées par des Palestiniens isolés, majoritairement à l'arme blanche, et des heurts entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens ont coûté la vie à 135 Palestiniens, 19 Israéliens ainsi qu'un Américain et un Erythréen, selon un décompte de l'AFP.