jeudi 2 juillet 2015

Tunisie : Tunis affirme avoir renforcé la sécurité de ses sites touristiques

La Tunisie a affirmé mercredi avoir commencé à renforcer la sécurité autour de ses sites touristiques après l'attentat sanglant dans un hôtel en bord de mer qui a tué 38 touristes, dont 30 Britanniques, selon un bilan définitif.
Toutefois, si à Port El Kantaoui, où a eu lieu l'attentat, des policiers montaient la garde, aucun renfort n'était visible en fin d'après-midi dans des lieux prisés des touristes dans les environs de Tunis, comme le musée de Carthage, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Juste après l'attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), le gouvernement avait annoncé que la police touristique serait armée -une première selon les autorités- dans le cadre d'un plan "exceptionnel" appliqué à partir de mercredi. Des agents de sécurité armés doivent en outre la renforcer à l'intérieur et à l'extérieur des hôtels, sur les plages et dans les sites touristiques et archéologiques.
"Nous avons déployé plus de 1.000 agents dans toutes les plages et les hôtels touristiques mercredi", a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui, à l'AFP.
Vêtus de T-shirts marqués "Police touristique", des agents armés sillonnaient dans l'après-midi sur des quads la plage longeant l'Imperial Marhaba, l'hôtel où l'attentat s'est produit, et les établissements alentour, selon un correspondant de l'AFP.
Mais à Carthage, Gammarth ou Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis, les policiers supplémentaires promis n'étaient toujours pas arrivés en fin d'après-midi. Et la sécurité n'avait pas été renforcée devant l'aéroport international de Tunis-Carthage, selon un journaliste de l'AFP.
Interrogé sur cette absence, M. Aroui a refusé de répondre.
Vendredi le tireur, identifié comme un étudiant tunisien de 23 ans se nommant Seifeddine Rezgui et armé d'une Kalachnikov qu'il avait cachée dans un parasol, a ouvert le feu sur des vacanciers sur une plage et au bord des piscines de l'hôtel.
Selon des témoignages, l'assaillant a pu déambuler sur la plage, au bord des piscines et dans l?hôtel pendant plus de 30 minutes avant d'être abattu par les forces de l'ordre.
Les 38 personnes tuées dans l'attentat, la pire attaque jihadiste de l'histoire de la Tunisie, ont toutes été identifiées, a annoncé mercredi le ministère tunisien de la Santé.
"Tous les corps ont été identifiés. Parmi eux figurent 30 Britanniques. Selon nos informations, ce sont tous des touristes", a déclaré à l'AFP le directeur des services d'urgence du ministère, Naoufel Somrani, précisant qu'il s'agissait du bilan définitif.
Zohra Driss, la propriétaire de l'hôtel, a ajouté que "toutes les victimes résidaient dans (son) hôtel". "C'était des touristes ramenés par des tour-opérateurs".
Deux Allemands, trois Irlandais, une Portugaise, une Belge et une Russe ont également été tués. Trente-neuf personnes, dont des Tunisiens, ont été blessées.
L'identification des 38 corps a pris du temps, ont expliqué les autorités, car les victimes étaient en maillot de bain au moment de l'attaque, sans papiers sur elles.
Les dépouilles de huit touristes britanniques ont été rapatriées mercredi par un avion militaire C-17. Au Royaume-Uni, l'attentat a provoqué une grande émotion. D'autres rapatriements sont prévus dans la semaine, a indiqué l'ambassade britannique.
Londres, qui paye un très lourd tribut avec l'attaque la plus meurtrière contre des citoyens britanniques depuis dix ans, a dépêché sur place des agents de Scotland Yard pour participer à l'enquête.
Les chefs de la sécurité du pays "n'avaient jamais pensé que cela devait se faire sur les plages", a reconnu le président tunisien Béji Caïd Essebsi, ajoutant que si des "défaillances" sont avérées, "des sanctions seront prises immédiatement".
L'attentat est intervenu trois mois après celui, également revendiqué par l'EI, du musée du Bardo à Tunis, où 22 personnes (21 touristes étrangers et un policier tunisien) ont été tuées.
Selon les dernières informations des autorités tunisiennes, l'auteur de l'attentat s'est formé au maniement des armes en Libye, pays livré au chaos et séparé de la Tunisie par une frontière poreuse.
"Il s'avère qu?il est allé en Libye de manière illégale. Il a été formé (au maniement des armes) à Sabratha", à l'ouest de Tripoli, a déclaré mardi à l'AFP le secrétaire d?Etat chargé de la sûreté nationale, Rafik Chelly.
D'après M. Chelly, l'assaillant se trouvait en Libye en même temps que les deux auteurs de l'attentat perpétré contre le musée du Bardo.
Il se peut que les trois jeunes gens se soient connus et aient été formés ensemble dans le même camp mais il n'est pas possible de le confirmer dans l'immédiat, selon le secrétaire d'Etat.

(01-07-2015)

Tunisie: Les premières dépouilles britanniques rapatriées

Les premières dépouilles des trente Britanniques tués dans l'attentat contre un hôtel près de Sousse, en Tunisie, ont été rapatriées mercredi au Royaume-Uni par un avion militaire C-17 qui a atterri en milieu d'après-midi sur la base de Brize Norton (sud).
Chacun des huit cercueils a été extrait un par un de l'avion et porté par six militaires jusqu'à un corbillard attendant sur le tarmac.
Les familles des victimes se réconfortaient mutuellement dans une chapelle à côté de la piste, à l'abri des caméras.
"Plus rien ne sera comme avant", a dit dans un communiqué Suzanne Richards qui a perdu son fils, son père et son frère dans la fusillade meurtrière qui a fait 38 morts au total, dont 30 Britanniques, tous des touristes, selon les autorités tunisiennes.
Les corps de Joel Richards, Patrick Evans et Adrian Evans faisaient partie des huit rapatriés mercredi sur cette base où le Royaume-Uni accueille aussi ses soldats tombés en Irak ou en Afghanistan.
Les 25 Britanniques blessés dans l'attentat avaient déjà été rapatriés par un avion militaire gros porteur C17 de la Royal Air Force et sont soignés dans différents hôpitaux du Royaume-Uni.
L'attentat, revendiqué par le groupe État islamique (EI), a provoqué une grande émotion au Royaume-Uni. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre des citoyens britanniques depuis les attentats suicides du 7 juillet 2005 à Londres (52 morts), dont le pays s'apprête à commémorer le dixième anniversaire.
Le pays observera une minute de silence nationale vendredi à midi, une semaine pile après l'attaque.

(01-07-2015)

Yémen: Dix-huit morts dans un bombardement houthi à Aden

Des obus tirés par des combattants houthis ont tué mercredi 18 personnes à Aden, la grande ville portuaire du sud du Yémen, ont déclaré des responsables locaux et des témoins.
Selon des habitants du quartier de Mansoura, des obus de mortier tirés par la milice chiite ont tué sept personnes dans un hôtel et 11 autres sur un marché.
Au moins 30 autres personnes ont été blessées dans cette attaque, ont dit des responsables locaux.
Les Nations unies ont par ailleurs annoncé dans un communiqué publié mardi qu'une épidémie de dengue s'étend à Aden, avec 150 nouveaux cas et une dizaine de décès répertoriés chaque jour.

(01-07-2015)

Egypte : Attaques de l'EI contre l'armée dans le Sinaï, 70 morts

Plus de 70 personnes, dont un grand nombre de soldats égyptiens, ont été tuées mercredi dans l'attaque coordonnée de postes de contrôle routiers et de commissariats de la péninsule du Sinaï, a-t-on appris de sources médicales et auprès des services de sécurité.
Cette attaque de grande ampleur a été revendiquée par la Province du Sinaï, la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique (EI), dont une quarantaine de combattants ont aussi été tués.
Dans un communiqué sur Twitter, le groupe fondamentaliste sunnite dit avoir attaqué simultanément plus de 15 sites des services de sécurité et mené trois attentats suicide.
Cette opération spectaculaire dans le Sinaï survient deux jours après l'assassinat du procureur général d’Égypte, Hicham Barakat, lors d'un attentat à la voiture piégée contre son convoi au Caire.
L'armée et des sources sécuritaires égyptiennes ont évoqué des attaques menées par des dizaines, voire des centaines de combattants islamistes contre des barrages routiers et affirmé que les militaires avaient détruit trois véhicules équipés d'armes antiaériennes.
Alors que les combats durent depuis des heures, le flou règne encore sur le nombre de victimes.
Des sources sécuritaires ont avancé le chiffre d'au moins 70 soldats, policiers et civils tués, ainsi que de 38 combattants islamistes.
Un médecin de l'hôpital d'El Arich, le chef-lieu du Nord-Sinaï, a déclaré en début d'après-midi avoir reçu 30 corps, dont certains portaient des uniformes de l'armée.
Un commissariat a par ailleurs été encerclé pendant plusieurs heures par des djihadistes dans la localité de Cheikh Zoueïd, proche de la frontière avec la bande de Gaza.
Des sources sécuritaires ont indiqué que les insurgés avaient dissimulé des bombes autour du poste pour empêcher les policiers de quitter les lieux, ainsi que le long de la route menant à une base militaire voisine pour empêcher l'arrivée de renforts.
La région est survolée par des chasseurs F-16 et des hélicoptères Apache de l'armée, qui ont mené des frappes contre les islamistes.
Ces derniers se seraient par ailleurs emparés de deux véhicules blindés, d'armes et de munitions, dit-on de mêmes sources.
Plusieurs centaines de policiers et de militaires ont été tués dans le nord du Sinaï, bastion de l'insurrection djihadiste, depuis le renversement par l'armée début juillet 2013 du président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi.
L'EI a appelé ses partisans à intensifier leurs attaques pendant le mois de Ramadan, bien qu'il n'ait pas spécifiquement mentionné l’Égypte comme cible.
Un responsable israélien a indiqué qu'à la suite des attaques de mercredi, Israël pourrait autoriser l’Égypte à déployer des moyens militaires supplémentaires dans le nord du Sinaï, largement démilitarisé depuis le traité de paix signé en 1979 à Camp David.
Dans la banlieue du Caire, neuf membres des Frères musulmans ont été abattus mercredi au cours d'une opération de police dans un appartement, a-t-on appris de sources sécuritaires, selon lesquelles les hommes étaient armés et préparaient un attentat. La confrérie affirme au contraire qu'ils participaient à une réunion.

Israël/Palestine : L'ONU menace de fermer ses écoles dans la bande de Gaza

L'avertissement a été répercuté ces derniers jours par les principaux médias de la Bande de Gaza. L'agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens (UNRWA), qui affirme être confrontée à une crise financière «sans précédent», craint de ne pas pouvoir organiser la prochaine rentrée scolaire. «A moins d'une amélioration spectaculaire de la situation, nous ne serons pas en mesure d'ouvrir les 245 établissements dont nous avons la charge», s'alarme Robert Turner, directeur des opérations dans l'enclave côtière depuis environ trois ans. Si sa prophétie se réalise, plus de 232.000 enfants et adolescent résidant à Gaza se retrouveront sans école en septembre prochain, tandis que 8.000 employés palestiniens seront privés de salaire.
L'UNRWA, qui assiste quelque cinq millions de Palestiniens issus de familles réfugiées à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Jordanie, est confrontée depuis de nombreuses années à d'importantes difficultés budgétaires. La croissance régulière de la population bénéficiaire et la baisse tendancielle des contributions versées par la communauté internationale ont inexorablement creusé le déficit. «Cette fois, pourtant, la situation est d'une gravité particulière», assure Robert Turner. L'agence affiche, pour 2015, un déficit d'environ 101 millions de dollars sur un budget de 680 millions. «Nous avons déjà supprimé de nombreux postes d'expatriés mais ces mesures difficiles n'ont pas suffi à redresser la barre, explique encore le directeur des opérations. Si nous voulons préserver notre infrastructure médicale, nous risquons donc de devoir remettre en cause les programmes non-vitaux.»
Les 700 écoles et les 500 000 élèves pris en charge par l'UNRWA à travers le Proche-Orient sont concernés par cette menace de fermeture. La situation est particulièrement préoccupante en Syrie et au Liban, mais aussi à Gaza, où la population s'apprête à commémorer, dans le dénuement, l'anniversaire de la guerre de l'été 2014. Plus de 2.200 Palestiniens ont trouvé la mort et 18.000 maisons ont été totalement détruites au cours de l'opération Bordure protectrice. «Si nous avons pu venir en aide à 60.000 familles dont les habitations ont été partiellement endommagées, plusieurs milliers d'habitants demeurent aujourd'hui sans abri, observe Robert Turner. Vous pouvez imaginer ce que sera la réaction de cette population si nous sommes contraints de mettre en sommeil notre programme de scolarisation…»
Paradoxalement, cette perspective n'a, pour l'heure, pas suscité de réaction dans la bande de Gaza. La population semble hésiter à prendre au sérieux la mise en garde de l'ONU, qui, par le passé, a plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme mais s'est toujours arrangé pour éviter un drame. «Nous savons que l'UNRWA traverse une crise difficile, mais je pense que les pays contributeurs finiront bien par trouver une solution», espère ainsi Ghazi Hamad, haut responsable du Hamas, la formation islamiste qui contrôle depuis 2007 l'enclave palestinienne. Dans le cas contraire, il prévient toutefois: «La décision de ne pas rouvrir les écoles entraînerait sans nulle doute un immense désastre.»

mercredi 1 juillet 2015

Yémen : Nouvel attentat antichiite revendiqué par l'EI

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a de nouveau frappé mardi au Yémen, tuant 28 personnes dont huit femmes dans un attentat à la voiture piégée contre des membres de la communauté chiite qu'il considère comme mécréante.
Parallèlement, quelque 1.200 détenus, dont des condamnés à mort, ont été libérés dans le sud-ouest du Yémen par les rebelles chiites Houthis, alors qu'ils s'apprêtaient à perdre le contrôle d'une prison au profit des forces pro-gouvernementales, selon des responsables loyalistes.
L'attentat revendiqué par l'EI a ciblé avant l'aube dans la capitale Sanaa la résidence de membres de la rébellion chiite, au moment où de nombreuses personnes étaient réunies pour une cérémonie de deuil après la mort naturelle d'un proche.
Au moins 28 personnes, dont huit femmes, ont été tuées et 35 blessées dans l'explosion, selon une source médicale. Plusieurs véhicules ont été endommagés, ainsi que des habitations.
Le Yémen est ravagé par une guerre opposant des forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi aux rebelles Houthis, qui se sont emparés depuis 2014 de vastes régions. Une coalition arabe menée par l'Arabie Saoudite mène depuis fin mars des frappes contre ces insurgés pour les empêcher de prendre le contrôle de tout le pays.
L'EI a indiqué dans un communiqué que l'attaque était dirigée contre "l'un des nids des chiites à Sanaa", qui se trouve aux mains des rebelles.
- "Supplanter Aqpa"? -
L'organisation extrémiste a multiplié récemment les attaques dans plusieurs pays de la péninsule arabique contre la communauté chiite.
Vendredi, un attentat suicide a fait 26 morts et 227 blessés dans une mosquée chiite du Koweït, le premier dans ce pays à être revendiqué par l'EI.
Ce groupe a également endossé la responsabilité de deux attentats contre des mosquées chiites dans l'est de l'Arabie Saoudite, les 22 et 29 mai, qui avaient fait respectivement 21 et 4 morts.
L'EI, qui sème la terreur dans plusieurs pays arabes, surtout en Irak et en Syrie, avait signé le 21 mars ses premiers attentats au Yémen, qui avaient touché plusieurs mosquées chiites. Bilan: 142 morts, l'un des plus lourds enregistrés dans le pays.
L'EI est "en passe de supplanter Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui devient une force parmi d'autres du camp sunnite et tribal du sud du Yémen", note Mathieu Guidère, expert du monde arabe.
- "Déstabiliser le royaume saoudien" -
Pour Jean-Pierre Filiu, spécialiste du jihadisme, l'EI a pour "objectif stratégique de s'étendre vers la péninsule arabique et d'y déstabiliser le royaume saoudien", voisin du Yémen.
Outre les raids aériens de la coalition arabe, les rebelles sont contrés sur le terrain par une coalition de combattants réunis au sein de Comités de résistance populaire.
Alors qu'ils s'apprêtaient mardi à perdre le contrôle de la prison de Taëz (sud-ouest), les Houthis ont libéré quelque 1.200 détenus, selon des responsables loyalistes.
"Nos combattants sont aussitôt partis à la recherche des prisonniers évadés parmi lesquels des criminels et des condamnés à mort", a déclaré un responsable de "la résistance populaire", sans préciser si des détenus d'Al-Qaïda figuraient parmi eux.
A Aden, grande ville portuaire du sud, les combats ont fait 13 morts, dont une femme enceinte et deux enfants, et 216 blessés durant les dernières 48 heures, selon des sources médicales.
Un incendie continuait dans le même temps de ravager des dépôts de carburant dans la raffinerie d'Aden, touchée samedi par des tirs rebelles.
Un autre responsable local a accusé les Houthis d'avoir tiré lundi au large d'Aden sur un bateau du Qatar transportant une aide humanitaire, l'obligeant à se dérouter vers la province du Hadramout, plus à l'est.
Par ailleurs, les rebelles chiites ont affirmé avoir tiré mardi un missile Scud sur une base militaire saoudienne à 700 km au sud de Ryad, mais l'Arabie saoudite a démenti.
La coalition a en revanche annoncé la mort lundi d'un soldat saoudien par des tirs de Houthis à la frontière où deux civils ont été blessés mardi par la chute sur leur maison d'un projectile en provenance du Yémen, selon la défense civile saoudienne. Au moins 45 personnes, des militaires et des civils, ont péri depuis fin mars à la suite de tels tirs à la frontière.

Tunisie: Aussitôt commencé, le procès du meurtre de l'opposant Belaïd reporté

Le procès de 24 Tunisiens accusés d'être impliqués dans l'assassinat en 2013 de l'opposant tunisien Chokri Belaïd, farouche critique des islamistes, a été reporté mardi au 30 octobre, a indiqué à l'AFP Sofiène Sliti, le porte-parole du Parquet.
"A la demande de la partie civile et de la défense des accusés, le tribunal a décidé de reporter le procès au 30 octobre", a-t-il précisé.
Les demandes de libération de certains accusés ont été rejetées, a encore ajouté M. Sliti.
Près de 200 avocats, de nombreux journalistes ainsi que des policiers en civil étaient présents mardi au tribunal pour la première audience de ce procès tandis que des dizaines de personnes manifestaient dans la rue en scandant "Tunisie libre, terrorisme dehors", selon une journaliste de l'AFP sur place.
Face à l'affluence, l'audience se tenait non pas dans l'une des salles du Palais de justice de Tunis mais dans le grand hall au premier étage du bâtiment, "un espace qui ne convient pas à un procès historique attendu par les Tunisiens", a souligné l'avocat Slah Hajri au juge.
"Aujourd'hui, nous allons voir si justice sera faite ou non. Il y aura des indices sur la volonté ou pas de rendre justice", avait dit plus tôt à l'AFP la veuve de l'opposant, Basma Khalfaoui.
Chokri Belaïd, un farouche critique des islamistes d'Ennahda alors au pouvoir, a été tué devant chez lui le 6 février 2013 à Tunis, un assassinat qui avait choqué le pays et provoqué une crise politique.
Sur les 24 accusés, 23 sont en détention et un est en liberté, selon le parquet.
Quatre seulement étaient visibles dans le hall archiplein. Les autres qui ont été ramenés au tribunal ont refusé de comparaître devant le juge, selon leurs avocats.
"Les accusés subissaient depuis plus d'une semaine une vague d'agressions et violations de leur intégrité physique dans la prison de Borj Erroumi et la prison de Mornaguia où ils sont même empêchés de faire la prière", a affirmé l'avocate Sarra Harath au juge.
"Tant que leurs droits ne sont pas respectés, ils refuseront de comparaître devant le tribunal", a-t-elle ajouté.
Ils sont poursuivis pour "incitation à commettre des crimes terroristes", "adhésion à des groupes en relation avec des organismes terroristes" et meurtre avec préméditation, avait indiqué l'avocat de l'un des accusés.
Ils sont aussi soupçonnés d'avoir "fourni des informations, un local et des dons directs afin de financer des personnes ayant des activités terroristes" et d'avoir "fourni des armes et des explosifs à un organisme en relation avec des crimes terroristes", a précisé le Parquet à l'AFP.
Les avocats de la partie civile ont demandé une diffusion télévisée en direct des prochaines audiences, demande refusée par des avocats des accusés.
Les autorités avaient attribué le meurtre de M. Belaïd à la mouvance jihadiste et annoncé en février 2014 avoir tué, dans une opération antiterroriste, son assassin présumé Kamel Gadhgadhi.
En décembre 2014, des jihadistes ralliés au groupe Etat islamique (EI) ont pour la première fois revendiqué l'assassinat de Chokri Belaïd et celui d'un autre opposant, le député Mohamed Brahmi, tué en juillet 2013.
Mais la famille de Chokri Belaïd continue de dénoncer des "zones d'ombre" et de réclamer la vérité.
Ce procès s'est ouvert alors que la Tunisie est encore sous le choc après un attentat sanglant vendredi contre des touristes près de Sousse revendiqué par l'EI.