vendredi 27 mars 2015

Israël/Palestine : Israël décide de débloquer les taxes dues aux Palestiniens

Israël a décidé de débloquer le versement des taxes qu'il prélève pour le compte de l'Autorité palestinienne et qu'il avait cessé de lui reverser début 2015 en représailles à l'adhésion palestinienne à la Cour pénale internationale (CPI), a indiqué vendredi un communiqué officiel.
"Cette décision a été prise pour des raisons humanitaires et plus globalement en fonction des intérêts israéliens du moment", ont dit les services du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message.
"Devant la détérioration de la situation au Moyen-Orient, nous devons nous montrer responsables et raisonnables, tout en continuant à mener avec détermination le combat contre les extrémistes", a dit  Netanyahu cité par ses services.
Cette décision intervient à un moment clé, entre la victoire de Netanyahu aux élections parlementaires du 17 mars et sa désignation pour former le prochain gouvernement israélien mercredi d'une part et quelques jours avant le 1er avril d'autre part. Les Palestiniens ont prévu de déposer à cette date leurs premières plaintes pour crimes de guerre contre les dirigeants israéliens devant la CPI.
C'est précisément par mesure de rétorsion à l'adhésion palestinienne à la CPI que Netanyahu a suspendu début janvier le versement d'environ 106 millions d'euros de taxes et de droits de douanes qu'il prélève chaque mois pour le compte des Palestiniens sur les marchandises leur étant destinées et transitant par Israël.

Syrie : A Damas, les commandos féminins en première ligne face aux rebelles

Assises sur un plancher surélevé en tôle, un fusil de précision russe à la main, les deux meilleures tireuses embusquées de l'armée syrienne guettent leur "proie" dans le quartier de Jobar à Damas.
La sergente Rim, 20 ans, et la sergente chef Samar, 21 ans, appartiennent à la Première Brigade des commandos féminins de la Garde républicaine. Cette unité d'élite est en charge du front le plus difficile, face à des rebelles déterminés dans le triangle Jobar - Zamalka - Aïn Tarma, trois zones de l'est de la capitale.
Devant elles, un trou d'où dépasse leur SV-98. En face, des immeubles en ruines, des maisonnettes démembrées, des carcasses de voitures. Il semble qu'il n'y ait pas âme qui vive sur ce champ de bataille. Mais l'apparence est trompeuse: le sol est traversé de tunnels et la mort rôde derrière chaque bâtisse.
Leur commandant les a présentées comme les plus fines gâchettes de la brigade. "C'est vrai que nous avons beaucoup de patience, première qualité d'un tireur embusqué", affirme timidement Rim.
Derrière un visage rond, un sourire enfantin et des yeux légèrement maquillés se cache une redoutable guerrière. "J'atteins généralement trois ou quatre cibles par jour et honnêtement quand je rate un homme armé d'en face, il m'arrive d'en pleurer de rage", confie-telle.
- 'Pas une question de sexe' -
Son record: 11 rebelles abattus en une journée. "Mon chef m'a remis une sorte de diplôme, comme à l'école", rit-elle. Sa coéquipière se targue d'un record de sept victimes.
L'immeuble stratégique où elles opèrent se trouve à moins de 200 mètres de la première ligne de front. Il est entièrement tenu par des militaires femmes.
Derrière une autre façade est postée Zeinab avec son B-10, un canon sans recul russe de 82 mm. Equipée d'un casque anti-bruit, elle vient de tirer dans un fracas épouvantable sur une maison située à 500 mètres et "l'objectif a été touché", dit-elle fièrement.
Cette femme de 21 ans, cheveux long et regard clair, a choisi la carrière militaire après son baccalauréat. Ses amis et sa famille l'ont encouragée et après trois mois d'entraînement, elle a rejoint les commandos.
Pourquoi manier un canon aussi impressionnant? La réponse est radicale: "le tireur embusqué tue une personne à la fois, mais avec le B-10, quand j'ai tiré sur la maison, je suis sûre que tous les gens s'y trouvant sont morts".
Le capitaine Ziad, en charge de l'immeuble, est satisfait de l'attitude au feu des femmes sous ses ordres. "Il n'y a pas de différence entre hommes et femmes. Certains ont le coeur solide et un courage chevillé au corps, d'autres pas. Ce n'est pas une question de sexe".
La brigade des commandos féminins, la seule unité de femmes combattantes, a été crée il y a près de deux ans et compte 800 soldates reparties sur tout le front est et sud-est de Damas, face aux bastions rebelles.
Quand on demande à leur chef, le commandant Ali, si cette unité a été crée pour palier aux pertes importantes subies par l'armée depuis le début de la révolte -- une ONG a décompté plus de 46.000 soldats tués en quatre ans -- il nie catégoriquement.
"C'est une décision du président Bachar al-Assad qui veut promouvoir le rôle de la femme syrienne et montrer qu'elle est capable de réussir dans tous les domaines," assure-t-il.
Les troupes armées syriennes comptaient près de 200.000 hommes et plusieurs milliers de réservistes.
Le recrutement des soldates s'est fait par le biais d'affiches. Ainsi, Angham, 21 ans, a vu une annonce dans un magasin à Hama (centre). Recrutée, elle a été formée cinq mois à l'Académie de la marine de guerre à Jbelé (nord-ouest) avant d'être transférée à Damas.
"Mes trois frères sont soldats et j'ai une soeur qui veut me rejoindre", déclare cette spécialiste de la Doushka, une mitrailleuse lourde.
Selon le commandant Ali, les recrues ont signé un contrat de dix ans.
A l'extérieur du bâtiment, une jeune femme de 19 ans manoeuvre un tank avec deux coéquipières, soulevant un épais nuage de poussière. "Nous sommes plusieurs femmes à avoir appris à conduire un tel engin. Il fait 43 tonnes", dit-elle. "C'était très difficile, mais nous avons réussi", s'enorgueillit la tankiste sous son casque.

(27-03-2015 - Assawra)

Yémen: Second jour de raids saoudiens contre la rébellion, 39 morts

Les raids aériens contre les rebelles chiites se sont étendus à plusieurs régions du Yémen vendredi, au second jour de l'opération militaire menée par l'Arabie saoudite qui cherche à stopper l'influence de l'Iran, son rival régional, à ses frontières.
Pour la deuxième nuit consécutive, des avions de combat d'une coalition de plusieurs pays arabes ont bombardé des positions militaires tenues par les rebelles Houthis, liés à l'Iran chiite, qui voulaient prendre le pouvoir au Yémen.
Plusieurs pays occidentaux, en tête desquels les Etats-Unis, ainsi que la plupart des pays arabes ont serré les rangs derrière l'Arabie saoudite et réaffirmé leur soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, arrivé jeudi à Ryad en route pour le sommet arabe qui s'ouvre samedi en Egypte.
L'intervention militaire a fait suite à des appels à l'aide du camp Hadi incapable de stopper l'offensive des Houthis qui ont réussi depuis septembre 2014 à prendre plusieurs régions du pays, dont la capitale Sanaa, et avançaient ces derniers jours vers Aden, la capitale du Sud où avait pris refuge le chef de l'Etat.
Vendredi avant l'aube, de nouvelles frappes de la coalition arabe ont visé des positions des Houthis dans la région d'Arhab au nord de Sanaa, faisant 12 morts parmi les civils, selon des responsables du ministère de la Santé contrôlé par les Houthis.
Depuis le début jeudi de l'opération "Tempête décisive", 39 civils au total ont péri dans les frappes, selon ces responsables. Il n'était pas possible de confirmer ce bilan de source indépendante.
De nombreux véhicules montés de canons de la DCA circulaient à Sanaa, mettant en danger la sécurité de la population, et des sources de sécurité ont fait état de huit civils blessés par l'explosion sur un marché d'un projectile de la DCA.
La veille au soir, de fortes explosions ont secoué la capitale, où la défense anti-aérienne à tiré après des frappes contre une base à l'entrée ouest de la capitale, ont indiqué des témoins. Les raids ont aussi visé une base militaire près de Taëz (sud) et la base aérienne d'Al-Anad.
Les premiers raids de l'opération "Tempête décisive" ont été qualifiés de "succès" par un porte-parole de la coalition à Ryad. Ces frappes se prolongeront jusqu'à ce que les "objectifs" soient atteints, a-t-il ajouté en écartant une offensive terrestre dans l'immédiat.
Dans une première réaction aux raids, le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a condamné une "invasion" et averti que les "Yéménites ne vont pas rester sans réagir".
L'Iran a mis en garde contre une propagation du conflit, son président Hassan Rohani dénonçant une "agression" militaire.
"L'implication" iranienne au Yémen est ouvertement dénoncée par le royaume saoudien sunnite, alors que Téhéran n'a jamais confirmé aider les Houthis par ailleurs appuyés par des soldats restés fidèles au prédécesseur de M. Hadi, Ali Abdallah Saleh.
"Les Iraniens sont ceux qui s'ingèrent dans les affaires des pays arabes, que ce soit au Liban, en Syrie, en Irak, et au Yémen, ce que nous ne pouvons pas tolérer", a déclaré l'ambassadeur saoudien à Washington, Adel al-Jubeir, sur Fox News.
"Nous devons faire face à l'agression de l'Iran dans la région. Nous nous opposons à leur soutien aux Houthis et à la tentative des Houthis de s'emparer du Yémen", a-t-il ajouté. "C'est très évident qu'ils (les Iraniens) veulent dominer la région".
En pleines négociations sur le nucléaire avec Téhéran, les Etats-Unis ont exprimé leur appui à l'intervention saoudienne et annoncé "un soutien logistique et de renseignement" avec notamment des avions ravitailleurs et des avions radars Awacs.
La Maison Blanche s'est déclarée elle aussi inquiète des "activités iraniennes" au Yémen, parlant d'informations sur "le transfert iranien d'armes" dans ce pays.
L'Arabie saoudite, qui a une longue frontière avec le Yémen, a mobilisé 150 000 militaires et 100 avions de combat, tandis que les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, Koweït 15 appareils et le Qatar 10, a indiqué Al-Arabiya, chaîne de télévision à capitaux saoudiens. Bahreïn participe avec 12 avions.
L'opération mobilise également l'Egypte -avec son aviation et sa marine-, la Jordanie, le Soudan, et le Maroc, selon Ryad.
Selon les experts, les raids aériens pourraient avoir des résultats limités sans une intervention terrestre qui reste peu probable en raison des risques d'escalade avec Téhéran et d'enlisement.
De plus pour John Marks, expert du Moyen-Orient à l'institut Chatham House, "se contenter d'écraser les Houthis changera certes la dynamique des factions", compliquée au Yémen, mais cela pourrait "favoriser des groupes ultra-radicaux sunnites".
Il faisait allusion aux réseaux Al-Qaïda, implanté dans le sud-est du pays, et Etat islamique (EI) qui a revendiqué ses premières attaques meurtrières la semaine dernière à Sanaa.

Syrie : Assad se déclare ouvert à un dialogue avec les Etats-Unis

Le dictateur syrien Bashar al-Assad a déclaré qu'il était ouvert à un dialogue avec les Etats-Unis, dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine CBS et dont des extraits ont été diffusés jeudi.
Bashar a ajouté qu'un tel dialogue devrait être fondé sur "le respect mutuel", selon ces extraits de l'interview accordée au journaliste Charlie Rose et dont l'intégralité doit être diffusée dimanche dans l'émission "60 Minutes" de CBS.
"En Syrie, nous pourrions dire qu'en principe tout dialogue est une chose positive", a déclaré le président syrien, interrogé sur l'éventualité d'un dialogue avec Washington.
A la question de savoir s'il existait actuellement des relations entre la Syrie et les Etats-Unis, Assad a répondu qu'il n'y avait pas de communication directe.
Des responsables du département d'Etat américain ont dernièrement affirmé que Bashar n'aurait "jamais" de rôle dans une négociation pour mettre fin au conflit en Syrie, qui vient d'entrer dans sa cinquième année, mais que des membres du pouvoir syrien actuel pourraient faire partie de ce processus.
Le 15 mars, dans une interview à CBS, le secrétaire d'Etat John Kerry a paru dire que Washington devrait en fin de compte parler avec Bashar si l'on voulait mettre fin au conflit en Syrie. Les propos de M. Kerry ont indigné les groupes d'opposition syriens et certains de ceux qui les soutiennent en Occident.
Mais la porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki, a assuré par la suite que M. Kerry se référait à des responsables du régime du tyran Assad et non à Assad lui-même.

jeudi 26 mars 2015

Yémen : Washington envisage d'aider l'Arabie saoudite

Les États-Unis envisagent de fournir du ravitaillement en vol et d'envoyer des avions-radars pour aider la coalition menée par l'Arabie saoudite dans son opération au Yémen contre les rebelles houthis, selon des responsables américains. "C'est sur la table, et c'est en train d'être discuté", a indiqué l'un de ces responsables. La Maison-Blanche a déjà indiqué que les États-Unis se coordonnaient avec les Saoudiens pour fournir un soutien militaire et de renseignement à l'opération. Pour l'instant, les Américains ont affecté une douzaine de militaires dans une cellule de coordination avec la coalition menée par l'Arabie saoudite, selon le Pentagone.
"Leur rôle est premièrement de maintenir les lignes de communication ouvertes entre les États-Unis et les pays du Golfe", a déclaré le colonel Warren, porte-parole du Pentagone. Bien que les Saoudiens et les autres pays du Golfe aient des forces aériennes importantes, il n'ont pas assez d'avions ravitailleurs et d'avions-radars AWACS pour mener une opération importante et d'une durée indéterminée. Le Pentagone n'a pas explicité pourquoi les États-Unis avaient choisi d'aider les Saoudiens, alors qu'ils ne l'avaient pas fait en 2011 à Bahrein, où l'Arabie saoudite était intervenue pour réprimer l'opposition.
"Ce qui est important ici, c'est notre partenariat avec les Saoudiens", a déclaré le colonel Warren. Le général Austin, qui commande les forces américaines au Moyen-Orient, a reconnu jeudi matin devant le Sénat américain que les Saoudiens ne l'avaient mis au courant de leur opération militaire que "peu de temps avant qu'ils ne passent à l'action", le "jour même". Le général a indiqué que les militaires américains "aideraient" les Saoudiens, avec "du renseignement, de la logistique et de la planification", mais sans donner de détails. L'Arabie saoudite et des pays alliés ont lancé mercredi une intervention militaire au Yémen pour contrer l'avancée de rebelles chiites houthis soutenus par l'Iran, qui a vivement dénoncé cette opération "dangereuse".

Yemen : Sana'a in fear

Sana’a airport, Yemen
People search for survivors under the rubble of houses destroyed by Saudi air strikes
(Photograph: Hani Mohammed)

Tunisie: Le musée du Bardo ouvert aux écoliers vendredi, au public lundi

Le musée du Bardo de Tunis accueillera les écoliers et les lycéens vendredi puis sera ouvert exceptionnellement lundi au public, ont annoncé le ministère de la Culture et le conservateur du musée visé par une attaque le 18 mars qui a fait 21 morts.
"La journée de vendredi sera consacrée aux élèves des écoles et des lycées. Les services du musées encadreront ces visites", a indiqué le ministère de la Culture dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, ajoutant que le musée sera aussi ouvert à la presse ce jour-là.
Par ailleurs, "le musée du Bardo sera ouvert exceptionnellement au public le lundi 30 mars de 09h30 à 16H00", a ajouté le ministère.
Ces informations ont été confirmées à l'AFP par le conservateur du musée, Moncef Ben Moussa.
La réouverture du plus prestigieux musée de Tunisie avait été annoncée dans un premier temps pour le 24 mars, avant d'être reportée dans la confusion le jour même. Une cérémonie d'hommage avait eu lieu, mais aucune date de réouverture n'a depuis été annoncée.
Le 18 mars deux Tunisiens armés de Kalachnikovs ont abattus 21 personnes, 20 touristes étrangers et un policier, devant et à l'intérieur de ce musée qui abrite une collection unique de mosaïques antiques. La collection n'a subi que peu de dégâts, selon les autorités.
Revendiquée par le groupe Etat islamique, cette attaque est la première depuis 2002 à avoir atteint des étrangers en Tunisie, qui fait face depuis sa révolution en 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste armée.