Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
dimanche 5 mars 2017
Israël/Palestine : Banksy ouvre un "hôtel" à l'ombre du mur en Cisjordanie
La vue d'une chambre de l'hôtel "Walled Off ", récemment ouvert par Banksy à Bethléem dans les Territoires palestiniens et jouxtant le mur de séparation construit par Israël, le 3 mars 2017 (Afp)
L'artiste de rue britannique Banksy a révélé vendredi à Bethléem sa nouvelle création dans les Territoires palestiniens, un hôtel jouxtant le mur de séparation construit par Israël.
"Hotel Walled-Off" est à l'image de l’œuvre de Banksy transfigurant la réalité avec poésie et une fausse naïveté: les chambres donnent directement sur le mur, l'une des matérialisations les plus emblématiques d'un conflit vieux de presque 70 ans.
"Hotel Walled-Off" s'inscrit aussi dans une actualité qui fait la part belle aux murs de séparation.
Walled-Off joue sur le nom d'une chaîne d'hôtels de luxe et "walled off", "coupé par le mur" en anglais.
Dans un ancien immeuble résidentiel situé à quelques mètres du mur et vidé de ses occupants, Banksy a reconstitué avec son équipe un hôtel à l'intérieur un peu suranné, s'amusant à détourner des motifs célèbres pour la décoration.
Des porte-parole de l'artiste soulignent que l'hôtel n'est pas seulement une oeuvre d'art, mais que ses neuf chambres sont appelées à être louées ultérieurement.
Banksy, dont ni l'identité ni le visage ne sont connus, n'était pas présent, laissant d'autres parler pour lui après coup.
Les conflits, le mur et les Territoires palestiniens sont une source d'inspiration pour Banksy, rendu célèbre par ses peintures anonymes au pochoir dans l'espace public.
Une grande partie de la ville de Bethléem vit à l'ombre du mur.
Israël a commencé en 2002 la construction de cette barrière, composée à cet endroit de blocs de béton de plusieurs mètres de haut, pour se protéger des incursions de Cisjordanie occupée en pleine vague d'attentats palestiniens au cours de la deuxième Intifada. Achevée aux deux tiers, la barrière alternant tronçons en béton et clôtures, doit atteindre à terme environ 712 km, selon l'ONU.
Empiétant à 85% en Cisjordanie, elle est pour les Palestiniens l'un des symboles les plus honnis de l'occupation israélienne.
Du côté palestinien, le mur est à la fois un lieu de protestation habituel et un terrain d'expression politico-artistique. Les fresques qui le recouvrent par endroits en font une attraction.
Banksy s'était déjà rendu à Bethléem en 2007, laissant derrière lui un certain nombre de graffitis, dont une fillette en robe fouillant au corps un soldat les bras en l'air, son fusil posé à côté de lui.
Accompagné d'une quinzaine d'autres artistes, il avait séjourné en secret dans la ville où la tradition chrétienne fait naître le Christ, et avait exposé ses oeuvres dans une galerie éphémère installée sur la place principale, face à l'église de la Nativité.
Les profits avaient été reversés à des oeuvres charitables pour les enfants et les hôpitaux palestiniens.
Certaines de ses peintures avaient atteint des centaines de milliers de dollars aux enchères.
En 2005, il avait peint neuf pochoirs sur le mur. Il avait alors affirmé que le mur, appelé "barrière de sécurité" par Israël et "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, était illégal. Le mur "est la destination touristique ultime pour les graffiteurs", disait-il.
Ses pochoirs - dont une échelle posée sur le mur, une petite fille emportée par des ballons et une fenêtre s'ouvrant sur un paisible paysage montagneux - voulaient mettre en évidence l'impact du mur sur la vie des Palestiniens
En 2015, il serait entré secrètement par un tunnel dans la bande de Gaza recluse pour peindre trois œuvres sur les murs de l'enclave palestinienne dévastée l'année précédente par une nouvelle guerre.
Banksy, qui entretient le plus grand mystère sur son identité, a commencé à se faire connaître en 2003 par ses graffitis subversifs - gardes royaux en train d'uriner sur un mur, policiers échangeant un baiser passionné - sur les murs de Londres.
En 2015, il a ouvert un parc à thèmes dystopique près de Bristol comprenant une réplique carbonisée du célèbre château de Disneyland et une figurine de Cendrillon, pendant morte d'une des fenêtres de son carrosse-citrouille écrasé, entourée de paparazzi. "C'est un parc thématique dont le thème principal est que les parcs thématiques devraient traiter de thèmes plus sérieux", avait alors expliqué Banksy.
(03-03-2017)
Maroc : L'éducation marocaine "en danger"
Des écoliers marocains à Rabat, le 12 mai 2014 au Maroc (Afp)
Le système d'éducation marocain, et plus particulièrement le cycle du lycée, est "en danger", met en garde un nouveau rapport du Conseil supérieur de l'Education, de la formation et de la recherche scientifique, un organisme officiel au Maroc.
Les élèves marocains de seconde affichent des niveaux très bas en mathématiques et en langues, avec des acquis "faibles", selon ce rapport présenté cette semaine à Rabat.
En mathématiques, 84% des étudiants scientifiques n'ont pas la moyenne alors que les littéraires affichent une "carence importante en production écrite en langue arabe". Les élèves ont également un niveau "très bas" en français, deuxième langue du pays.
L'étude a porté sur un échantillon de quelque 35.000 élèves, avec la participation de 46.006 enseignants et 543 directeurs de lycées. Elle revient sur les neuf premières années de scolarité des élèves marocains, en évaluant les acquis des étudiants de seconde dans six matières.
"Comment le système continue à fabriquer des cancres", titre le quotidien l’Économiste, qui résume: "Globalement, au bout de neuf ans de scolarité, les acquis des élèves marocains restent très médiocres". Le site d'informations en ligne Yabiladi voit dans ce rapport une "énième preuve de l’agonie de l’école marocaine".
Le document pointe aussi un phénomène très marqué au Maroc: 98% des élèves de seconde dans les écoles publiques sont issus de milieux pauvres et des couches moyennes, ce qui confirme la tendance des familles aisées à inscrire leurs enfants dans le privé ou dans les écoles étrangères.
D'après les statistiques officielles, près de 32% de la population (8,6 millions de personnes), dont deux tiers de femmes, était analphabète en 2014. Un taux qui s'élevait à 43% en 2004.
Classes surchargées, fermetures en cascade d'écoles, manque criant de professeurs ou abandon scolaire... de l'avis de tous les observateurs, le système éducatif est à bout de souffle au Maroc.
En 2013, le roi Mohammed VI s'était inquiété des "faiblesses et dysfonctionnements" du secteur. L'Etat consacre près de 25% de son budget à l'enseignement, son premier poste de dépense. Et il a lancé une "vision stratégique de la réforme de l'éducation" visant "l'édification d'une école de l'équité et de la qualité" d'ici 2030.
Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements: le Maroc fait partie des 25 pays les moins avancés en termes de scolarisation, selon l'Unesco. Et le pays n'atteindra ces engagements en matière d'éducation qu'avec près de 70 années de retard, toujours selon l'Unesco.
(03-03-2017)
jeudi 2 mars 2017
Israël/Palestine : Incarcération reportée du soldat franco-israélien Azaria
Elor Azaria enlacé par sa mère Oshra, juste avant le verdict d'un tribunal militaire à Tel Aviv, le 21 février 2017
Une cour militaire israélienne a reporté jeudi à Tel-Aviv l'incarcération, initialement prévue dimanche, du soldat Elor Azaria, au coeur d'un retentissant procès pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et apparemment hors d'état de nuire.
La cour d'appel militaire a accepté la requête de la défense qui demandait que son emprisonnement soit repoussé jusqu'à ce que la cour statue sur l'appel interjeté contre sa récente condamnation à 18 mois de prison ferme.
"L'emprisonnement est reporté jusqu'au résultat de l'appel", a annoncé la juge, le général Orly Markman.
Elor Azaria, qui devait rallier dimanche la prison militaire d'Atlit (nord), restera consigné sur sa base jusqu'à ce que la cour d'appel tranche, a-t-elle dit.
Elor Azaria, 21 ans, a été condamné le 21 février par un tribunal militaire à 18 mois de prison ferme après plusieurs mois de l'un des procès ayant divisé le plus profondément l'opinion publique israélienne.
Il a été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron, en Cisjordanie occupée. Le Palestinien venait d'attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d'état de nuire.
Elor Azaria, qui a aussi la nationalité française, est le premier soldat israélien condamné pour homicide depuis plus de dix ans selon la presse.
Pour les Palestiniens et les défenseurs des droits de l'Homme, le comportement d'Elor Azaria est emblématique de l'usage excessif de la force par l'armée israélienne qui occupe la Cisjordanie.
L'état-major israélien a poussé au procès au nom du nécessaire respect de valeurs morales par une armée régulièrement accusée d'exécutions sommaires. L'état-major a dressé contre soi une partie de l'opinion israélienne, d'accord avec les propos attribués à Elor Azaria avant qu'il ne tire, et selon lesquels le Palestinien méritait de mourir.
Le sort du soldat a mobilisé sur les réseaux sociaux et dans la rue.
Devant la cour d'appel, l'avocat d'Elor Azaria, Yoram Sheftel, a amalgamé ce soutien populaire et le fait que les trois autres avocats du soldat avaient renoncé à assurer sa défense, en désaccord avec sa décision de faire appel d'un jugement à leurs yeux favorable.
"Je me tiens ici tout seul, mais ils sont des millions derrière moi", a dit ce ténor du barreau, connu pour avoir sauvé de la pendaison John Demjanjuk, ancien auxiliaire ukrainien des nazis.
Aucune indication claire n'était disponible quant au temps que prendrait la procédure. Me Sheftel a indiqué qu'il serait prêt pour les audiences d'appel sous six semaines.
Les anciens avocats d'Elor Azaria conseillaient qu'il renonce à faire appel, et préconisaient soit une demande de réduction de peine auprès de son commandement, soit une requête de grâce présidentielle.
Selon un récent sondage, 69% des Israéliens sont en faveur de l'octroi d'une grâce à Elor Azaria et 56% trouvent sa peine trop sévère. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et plusieurs membres de son gouvernement, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, soutiennent une telle grâce.
La direction palestinienne, sans illusion avant le procès, s'est indignée de la "légèreté" de la peine de première instance. Les organisations de défense des droits de l'Homme se sont senties confortées dans leur ancienne dénonciation de l'impunité dont bénéficient les soldats israéliens selon elles.
(02-03-2017)
Une cour militaire israélienne a reporté jeudi à Tel-Aviv l'incarcération, initialement prévue dimanche, du soldat Elor Azaria, au coeur d'un retentissant procès pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et apparemment hors d'état de nuire.
La cour d'appel militaire a accepté la requête de la défense qui demandait que son emprisonnement soit repoussé jusqu'à ce que la cour statue sur l'appel interjeté contre sa récente condamnation à 18 mois de prison ferme.
"L'emprisonnement est reporté jusqu'au résultat de l'appel", a annoncé la juge, le général Orly Markman.
Elor Azaria, qui devait rallier dimanche la prison militaire d'Atlit (nord), restera consigné sur sa base jusqu'à ce que la cour d'appel tranche, a-t-elle dit.
Elor Azaria, 21 ans, a été condamné le 21 février par un tribunal militaire à 18 mois de prison ferme après plusieurs mois de l'un des procès ayant divisé le plus profondément l'opinion publique israélienne.
Il a été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron, en Cisjordanie occupée. Le Palestinien venait d'attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d'état de nuire.
Elor Azaria, qui a aussi la nationalité française, est le premier soldat israélien condamné pour homicide depuis plus de dix ans selon la presse.
Pour les Palestiniens et les défenseurs des droits de l'Homme, le comportement d'Elor Azaria est emblématique de l'usage excessif de la force par l'armée israélienne qui occupe la Cisjordanie.
L'état-major israélien a poussé au procès au nom du nécessaire respect de valeurs morales par une armée régulièrement accusée d'exécutions sommaires. L'état-major a dressé contre soi une partie de l'opinion israélienne, d'accord avec les propos attribués à Elor Azaria avant qu'il ne tire, et selon lesquels le Palestinien méritait de mourir.
Le sort du soldat a mobilisé sur les réseaux sociaux et dans la rue.
Devant la cour d'appel, l'avocat d'Elor Azaria, Yoram Sheftel, a amalgamé ce soutien populaire et le fait que les trois autres avocats du soldat avaient renoncé à assurer sa défense, en désaccord avec sa décision de faire appel d'un jugement à leurs yeux favorable.
"Je me tiens ici tout seul, mais ils sont des millions derrière moi", a dit ce ténor du barreau, connu pour avoir sauvé de la pendaison John Demjanjuk, ancien auxiliaire ukrainien des nazis.
Aucune indication claire n'était disponible quant au temps que prendrait la procédure. Me Sheftel a indiqué qu'il serait prêt pour les audiences d'appel sous six semaines.
Les anciens avocats d'Elor Azaria conseillaient qu'il renonce à faire appel, et préconisaient soit une demande de réduction de peine auprès de son commandement, soit une requête de grâce présidentielle.
Selon un récent sondage, 69% des Israéliens sont en faveur de l'octroi d'une grâce à Elor Azaria et 56% trouvent sa peine trop sévère. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et plusieurs membres de son gouvernement, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, soutiennent une telle grâce.
La direction palestinienne, sans illusion avant le procès, s'est indignée de la "légèreté" de la peine de première instance. Les organisations de défense des droits de l'Homme se sont senties confortées dans leur ancienne dénonciation de l'impunité dont bénéficient les soldats israéliens selon elles.
(02-03-2017)
Égypte : Le pari du ballet dans un bastion conservateur
Des
fillettes égyptiennes en justaucorps noir et collant blanc essayent de
suivre les amples et élégants mouvements de bras de leur professeur de
danse le 17 février 2017 à Minya au sud du Caire en Égypte (Afp)
Dans une salle décorée de fresques enfantines, neuf fillettes égyptiennes avancent sur la pointe des pieds: dans la région conservatrice de Minya, au sud du Caire, on fait fi des tabous pour apprendre le ballet.
"On regarde devant soi, les bras en arc de cercle au-dessus de la tête", lance leur professeur, venu tout spécialement de la capitale.
Une heure durant, les petites en justaucorps noir et collant blanc essayent de suivre les amples et élégants mouvements de bras de l'instructeur, enchaînant grand écart latéral, pas de bourrée et port de bras.
Une telle scène est pour le moins surprenante, si ce n'est révolutionnaire, dans la ville provinciale de Minya, 240 kilomètres au sud du Caire, car la Haute Égypte est réputée pour son conservatisme et son attachement aux valeurs traditionnelles.
Cette province est habituée à faire la Une pour des crimes d'honneur, des vendettas entre familles rivales ou encore des violences visant la communauté chrétienne.
"A Minya, la société est un peu fermée", admet Marco Adel, l'un des fondateurs d'Alwanat, le centre qui organise depuis mai 2015 les seuls cours de ballet de la région.
"Nous voulons que les enfants soient plus ouverts sur la vie et qu'ils aiment les arts", explique ce trentenaire diplômé en droit.
Le succès d'Alwanat est tel que des parents n'hésitent pas à faire une heure de route pour s'y rendre, à l'instar de Christine Essam, maman d'une petite Eleina de 4 ans et demi.
"Au début, nous avons beaucoup réfléchi. La plupart des gens autour de nous étaient contre, que ce soit la famille ou les amis", reconnaît cette jeune pharmacienne de 26 ans.
"On nous disait +vous n'avez pas trouvé autre chose que le ballet+? Les filles en Haute Égypte doivent avoir des tenues modestes. La danse et tout ça, c'est un peu difficile", poursuit Mme Essam.
Quelque 160 élèves, y compris des garçons, suivent les cours de ballet, contre une petite quinzaine au début. Leur âge varie entre 4 et 26 ans, explique M. Adel.
Plus d'un tiers des participants ont plus de 14 ans, et les filles musulmanes portent généralement le voile, comme l'impose la pratique en Haute Égypte.
Les cours sont dispensés par trois danseuses, dont deux sont voilées.
Mais, signe que les choses changent, personne ne s'émeut vraiment du fait que le quatrième enseignant soit un homme: Mamdouh Hassan, premier danseur à l'opéra du Caire, se déplace à Minya tous les vendredis et samedis.
"Évidemment, on a été un peu étonné. Mais on savait qu'il avait une grande expérience", témoigne Mme Essam.
Les difficultés ne manquent pas. Ce vendredi-là, l'enseignant est arrivé avec deux heures de retard: l'autoroute du Caire était fermée à cause du brouillard. Et il faut commander au Caire les chaussons de danse, introuvables à Minya.
"Amener nos enfants faire du ballet n'a pas été facile", reconnaît Vivianne Sobhi, maman de Farah, sept ans. Mais beaucoup de barrières ont été "brisées" et "les filles font aujourd'hui de la natation, se mettent en maillot", se félicite cette institutrice de 27 ans.
Fondé en novembre 2014, Alwanat ambitionne de promouvoir la culture et les arts avec des cours de zumba et de musique, des ateliers de théâtre et de cinéma.
"Ce sont des initiatives personnelles", souligne M. Adel, en reconnaissant que des aides du ministère de la Culture ou de sponsors aideraient le centre, à l'étroit dans un immeuble modeste.
Aidant sa fille de cinq ans, Heaven, à faire le pont, Adel Gerges regrette d'avoir été privé de telles activités durant son enfance. "On ne va pas reproduire la même erreur avec notre fille", affirme ce pharmacien de 35 ans.
(02-03-2017 )
Syrie: LafargeHolcim admet avoir financé des groupes armés
LafargeHolcim admet avoir "indirectement" financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie (Afp)
Le géant suisse des matériaux de construction LafargeHolcim a admis jeudi avoir "indirectement" financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie, pays déchiré par la guerre civile, pour maintenir en activité sa cimenterie.
Alors que le conflit prenait de l'ampleur, "la détérioration de la situation politique en Syrie a entraîné des défis très difficiles quant à la sécurité, aux activités de l'usine et aux employés", explique LafargeHolcim dans un communiqué.
Aussi, entre les "menaces pour la sécurité des collaborateurs" et les "perturbations dans les approvisionnements nécessaires pour faire fonctionner l'usine et distribuer ses produits", la filiale locale de Lafarge a tenté d'amadouer les diverses "factions armées" qui contrôlaient ou tentaient de contrôler les zones autour de la cimenterie.
Elle a "remis des fonds à des tierces parties afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de ces groupes armés, dont des tiers visés par des sanctions", détaille LafargeHolcim.
Une enquête interne "n'a pas pu établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds au-delà des tierces parties concernées", note le groupe.
Mais selon Le Monde, qui avait révélé l'affaire en juin, ces arrangements ont notamment profité à Daesh.
Le quotidien indiquait que Lafarge avait missionné un intermédiaire pour obtenir de Daesh des laissez-passer pour ses employés aux checkpoints. Le siège de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts, selon Le Monde.
Le journal a aussi évoqué un laissez-passer estampillé du tampon de Daesh, permettant aux camions de circuler pour approvisionner le site, et laissant supposer le paiement de taxes.
Il a également mentionné l'intervention d'intermédiaires et de négociants visant à vendre au cimentier du pétrole raffiné par Daesh.
L'organisation jihadiste avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014.
La cimenterie en cause est située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep. Elle avait été achetée en 2007 par le français Lafarge, qui a depuis fusionné avec le Suisse Holcim, et mise en route en 2010.
L'usine représentait l'un des investissements étrangers les plus importants jamais consentis en Syrie en dehors du secteur pétrolier: les trois ans de travaux ont coûté environ 680 millions de dollars.
Durant la période pour laquelle le groupe est mis en cause, "les activités de Lafarge en Syrie ont fonctionné à perte" et "représentaient moins de 1% du chiffre d'affaires", assure l'entreprise.
Le cimentier est visé par une enquête préliminaire ouverte en octobre, suite à une plainte de Bercy.
Le ministère de l'Economie accuse notamment LafargeHolcim d'avoir enfreint les sanctions édictées par l'Union européenne contre le régime de Bashar al-Assad et plus généralement l'interdiction de toute relation avec les organisations terroristes présentes en Syrie.
Des ONG ont aussi saisi la justice. Dans sa plainte, Sherpa vise plus largement des faits de financement du terrorisme, de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, de mise en danger délibéré d'autrui, d'exploitation du travail d'autrui et de négligence.
"Rétrospectivement, les mesures prises pour poursuivre les activités de l'usine étaient inacceptables", admet le groupe jeudi.
"Les responsables des opérations en Syrie semblent avoir agi d'une façon dont ils pensaient qu'elle était dans le meilleur intérêt de l'entreprise et de ses employés. Néanmoins, l'enquête révèle des erreurs de jugement significatives en contradiction avec le code de conduite alors en vigueur", ajoute-t-il.
Battant sa coulpe, l'entreprise a mis en place un comité éthique, intégrité et risques ainsi qu'une série de mesures visant entre autres à évaluer plus rigoureusement ses partenaires.
(02-03-2017)
Syrie : L'armée de Bashar progresse dans Palmyre, minée par Daesh
Un soldat russe patrouille à Palmyre, en Syrie, le 5 mai 2016 (Afp)
Les forces du régime syrien progressaient jeudi dans la ville de Palmyre, célèbre pour ses ruines antiques, mais leur avancée était freinée par les nombreuses mines disséminées par les jihadistes.
Soutenues par des troupes au sol et des bombardements aériens russes, les forces gouvernementales tentaient depuis plusieurs semaines d'atteindre Palmyre, inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité et reprise par Daesh en décembre.
Elles y sont finalement entrées mercredi après des combats avec les jihadistes.
"Daesh s'est retiré d'une grande partie de Palmyre après avoir placé des mines dans la ville. Des kamikazes se trouvent dans des quartiers résidentiels de l'est", a déclaré Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"Les forces gouvernementales n'ont pas encore été en mesure d'entrer dans le centre de la ville ou dans les quartiers est", a-t-il précisé à l'AFP.
Selon lui, il n'y a plus de combattants jihadistes dans la principale partie de la cité antique, située dans le sud-ouest de la ville, mais ce secteur est "très miné".
Le quotidien proche du pouvoir Al-Watan a rapporté que l'armée était "entrée à Palmyre depuis le sud et le sud-ouest, après avoir saisi tous les champs et les collines autour de la ville".
Située dans le centre du pays, Palmyre avait été occupée en mai 2015 par les jihadistes qui y ont détruit les plus beaux temples et mené des exécutions de masse. Daesh en a ensuite été chassé en mars 2016 mais l'ont reprise en décembre.
L'Unesco a dénoncé comme "crime de guerre" les destructions sur le tétrapyle --un monument de 16 colonnes érigé à la fin du IIIe siècle--, ainsi qu'à l'intérieur du Théâtre romain, daté pour sa part du IIe siècle.
Quasiment six ans après le début du conflit en Syrie en mars 2011, les nouvelles négociations entamées le 23 février à Genève entre régime et opposition continuent de piétiner.
L'opposition syrienne a refusé mercredi de discuter de la question du terrorisme comme le demande la délégation du régime, qui qualifie de "terroristes" tous les rebelles.
Ces négociations sont rendues compliquées par l'extrême complexité du conflit dans lequel sont impliqués des acteurs locaux et régionaux mais aussi des puissances internationales. Le territoire est totalement morcelé, comme dans le nord du pays où Kurdes, rebelles, forces gouvernementales et jihadistes contrôlent chacun des secteurs.
La Turquie, qui affirme vouloir "sécuriser" sa frontière, a lancé en août une opération appelée Bouclier de l'Euphrate qui vise les jihadistes mais aussi les milices kurdes qu'Ankara considère comme des groupes terroristes.
Dans la province d'Alep, des rebelles syriens soutenus par la Turquie ont pris mercredi deux villages aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes appuyée par la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis.
Mais jeudi matin, les FDS les ont repris, selon l'OSDH qui a fait état de la mort dans les combats d'un combattant de ce groupe et de deux rebelles soutenus par la Turquie.
La coalition internationale a par ailleurs indiqué que les Russes avaient bombardé par erreur ses alliés syriens près d'Al-Bab, une ville située à 25 km de la frontière turque qui avait été reprise la semaine dernière par les forces du Bouclier de l'Euphrate. L'information a été démentie par Moscou.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé cette semaine que le prochain objectif serait Minbej, un ancien bastion de Daesh actuellement sous contrôle des FDS et situé à une quarantaine de km à l'est d'Al-Bab et proche de la frontière turque.
A moyen terme, la Turquie dit vouloir participer à l'opération visant à chasser Daesh de son bastion de Raqa, encore plus à l'est, et ce, en excluant toute coopération avec les milices kurdes "terroristes".
Le chef militaire de la coalition internationale, le général américain Stephen Townsend, a cependant affirmé mercredi que des Kurdes syriens participeraient à l'assaut sur Raqa. Les Etats-Unis voient en effet les milices kurdes comme leur allié le plus efficace pour vaincre Daesh, qui sévit aussi en Irak et qui a mené de nombreux attentats en Occident.
(02-03-2017)
Afrique du Nord : Merkel au Caire et à Tunis pour parler Libye et migrants
Stabiliser la Libye et endiguer l'afflux de migrants par la
Méditerranée, ces deux thèmes profondément liés et cruciaux pour l'UE
doivent dominer la visite de la chancelière allemande Angela Merkel
jeudi au Caire et vendredi à Tunis.
Il sera aussi question de coopération économique, l'Egypte comme la Tunisie étant en quête d'assistance et d'investissements pour relancer des économies atones minées par le chômage.
Mais c'est bien la Libye, située entre ces deux pays, plongée dans le chaos depuis 2011 et tête de pont pour les migrants tentant de rejoindre l'Europe, qui sera au coeur des discussions de la chancelière avec le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi et avec le président tunisien Béji Caïd Essebsi.
"Sans stabilisation politique de la Libye, nous ne pourrons pas faire cesser les activités des passeurs et trafiquants (d'êtres humains) qui travaillent depuis la Libye" vers l'Italie, a indiqué Mme Merkel samedi.
"L'Egypte, en tant qu'institution régionale et puissance régionale, joue ici un grand rôle, tout comme l'Algérie et la Tunisie", a-t-elle ajouté.
La fermeture des routes migratoires en Afrique vers la Libye, dont les frontières échappent à tout contrôle, devrait en particulier être étudiée. Mme Merkel, qui a porté ce message à l'automne au Mali et au Niger, avait prévu d'en faire autant en février à Alger, avant l'annulation de sa visite en raison de l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika.
Car avec la fermeture de la "route migratoire des Balkans" début 2016, la Libye est redevenue, malgré les dangers de la traversée, le point de départ numéro 1 pour ceux qui désirent rejoindre l'Europe.
Selon les chiffres du gouvernement italien, quelque 13.400 arrivées ont été recensées en janvier et février, soit une hausse de 50 à 70% par rapport aux deux premiers mois de 2015 et 2016.
Mme Merkel, sous pression chez elle et en Europe pour avoir ouvert son pays à plus d'un million de demandeurs d'asile, a depuis début 2016 pris la tête des efforts européens pour réduire l'afflux, prônant notamment des accords de renvoi de migrants vers leur pays de transit, comme c'est le cas avec la Turquie.
La thématique est d'autant plus importante qu'elle risque de dominer la campagne des élections législatives du 24 septembre en Allemagne, lors desquelles Mme Merkel vise un quatrième mandat.
Pour autant, la question controversée de l'installation de camps en Afrique du Nord pour y retenir les migrants ne devrait pas figurer, du moins publiquement, à l'agenda des discussions au Caire et à Tunis.
Cette idée, évoquée par Mme Merkel, a été rejetée sans équivoque par le Premier ministre tunisien Youssef Chahed à la veille de sa visite à Berlin le 14 février.
Tunis et Berlin ont aussi affiché leur volonté de tourner la page des tensions sur la question des expulsions d'Allemagne de sans-papiers tunisiens, alors que le gouvernement tunisien a été accusé de freiner artificiellement ces retours.
Cas emblématique, Tunis avait refusé le rapatriement d'Anis Amri, le Tunisien qui finira par tuer 12 personnes à Berlin le 19 décembre en attaquant au camion-bélier un marché de Noël pour le compte du groupe Etat islamique.
L'ambassadeur d'Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke, a jugé que les choses "se sont améliorées dernièrement et vont encore s’améliorer".
Dès lors, une source officielle tunisienne s'exprimant sous couvert d'anonymat considère que la visite de la chancelière est l'occasion de "se focaliser sur les dossiers d'investissements", la relance de l'économie étant une condition clé pour pérenniser la stabilité de la Tunisie.
En Egypte, la question des droits de l'Homme et les obstacles au travail des fondations allemandes engagées dans le développement de la société civile doivent aussi être abordés.
"Vous savez que le gouvernement dans ses relations avec les gouvernements étrangers accorde beaucoup d'importance au respect des droits humains et au respect de l'Etat de droit", a souligné vendredi Ulrike Demmer, une porte-parole de la chancelière.
A Tunis, dans un discours devant le Parlement, Mme Merkel compte évoquer les progrès en la matière de la Tunisie, tout en soulignant que ces avancées "doivent se muer en exercice vivant de la démocratie".
(02-03-2017)
Il sera aussi question de coopération économique, l'Egypte comme la Tunisie étant en quête d'assistance et d'investissements pour relancer des économies atones minées par le chômage.
Mais c'est bien la Libye, située entre ces deux pays, plongée dans le chaos depuis 2011 et tête de pont pour les migrants tentant de rejoindre l'Europe, qui sera au coeur des discussions de la chancelière avec le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi et avec le président tunisien Béji Caïd Essebsi.
"Sans stabilisation politique de la Libye, nous ne pourrons pas faire cesser les activités des passeurs et trafiquants (d'êtres humains) qui travaillent depuis la Libye" vers l'Italie, a indiqué Mme Merkel samedi.
"L'Egypte, en tant qu'institution régionale et puissance régionale, joue ici un grand rôle, tout comme l'Algérie et la Tunisie", a-t-elle ajouté.
La fermeture des routes migratoires en Afrique vers la Libye, dont les frontières échappent à tout contrôle, devrait en particulier être étudiée. Mme Merkel, qui a porté ce message à l'automne au Mali et au Niger, avait prévu d'en faire autant en février à Alger, avant l'annulation de sa visite en raison de l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika.
Car avec la fermeture de la "route migratoire des Balkans" début 2016, la Libye est redevenue, malgré les dangers de la traversée, le point de départ numéro 1 pour ceux qui désirent rejoindre l'Europe.
Selon les chiffres du gouvernement italien, quelque 13.400 arrivées ont été recensées en janvier et février, soit une hausse de 50 à 70% par rapport aux deux premiers mois de 2015 et 2016.
Mme Merkel, sous pression chez elle et en Europe pour avoir ouvert son pays à plus d'un million de demandeurs d'asile, a depuis début 2016 pris la tête des efforts européens pour réduire l'afflux, prônant notamment des accords de renvoi de migrants vers leur pays de transit, comme c'est le cas avec la Turquie.
La thématique est d'autant plus importante qu'elle risque de dominer la campagne des élections législatives du 24 septembre en Allemagne, lors desquelles Mme Merkel vise un quatrième mandat.
Pour autant, la question controversée de l'installation de camps en Afrique du Nord pour y retenir les migrants ne devrait pas figurer, du moins publiquement, à l'agenda des discussions au Caire et à Tunis.
Cette idée, évoquée par Mme Merkel, a été rejetée sans équivoque par le Premier ministre tunisien Youssef Chahed à la veille de sa visite à Berlin le 14 février.
Tunis et Berlin ont aussi affiché leur volonté de tourner la page des tensions sur la question des expulsions d'Allemagne de sans-papiers tunisiens, alors que le gouvernement tunisien a été accusé de freiner artificiellement ces retours.
Cas emblématique, Tunis avait refusé le rapatriement d'Anis Amri, le Tunisien qui finira par tuer 12 personnes à Berlin le 19 décembre en attaquant au camion-bélier un marché de Noël pour le compte du groupe Etat islamique.
L'ambassadeur d'Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke, a jugé que les choses "se sont améliorées dernièrement et vont encore s’améliorer".
Dès lors, une source officielle tunisienne s'exprimant sous couvert d'anonymat considère que la visite de la chancelière est l'occasion de "se focaliser sur les dossiers d'investissements", la relance de l'économie étant une condition clé pour pérenniser la stabilité de la Tunisie.
En Egypte, la question des droits de l'Homme et les obstacles au travail des fondations allemandes engagées dans le développement de la société civile doivent aussi être abordés.
"Vous savez que le gouvernement dans ses relations avec les gouvernements étrangers accorde beaucoup d'importance au respect des droits humains et au respect de l'Etat de droit", a souligné vendredi Ulrike Demmer, une porte-parole de la chancelière.
A Tunis, dans un discours devant le Parlement, Mme Merkel compte évoquer les progrès en la matière de la Tunisie, tout en soulignant que ces avancées "doivent se muer en exercice vivant de la démocratie".
(02-03-2017)
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