jeudi 26 mars 2015

Yémen: L'aéroport repris par les forces loyales après des raids aériens

Des forces loyales au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi ont repris jeudi l'aéroport international d'Aden (sud), alors que l'Arabie saoudite et une dizaine de pays ont lancé dans la nuit une série de raids aériens contre les rebelles Houthis.
La reprise par les forces loyales de l'aéroport ont conduit les partisans des rebelles chiites Houthis à rapidement se retirer de la zone, a affirmé à l'AFP un officier de sécurité.
Ce développement est intervenu après des opérations et des raids aériens contre les Houthis menés par l'Arabie saoudite, pays voisin du Yémen et poids lourd du Golfe.
Les militaires de la 39e brigade blindée, qui s'étaient alliés aux Houthis, "ont fui ce matin l'aéroport" conquis la veille, a déclaré l'officier, ajoutant que les "comités populaires" (supplétifs de l'armée pro-Hadi) en "ont repris le contrôle".
Mercredi après-midi, l'aéroport international d'Aden avait été fermé et le trafic aérien suspendu en raison de l'offensive des rebelles qui progressaient dans la région.
L'Arabie saoudite a lancé une opération militaire au Yémen impliquant "plus de 10 pays" pour défendre le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, a annoncé mercredi soir l'ambassadeur du royaume sunnite à Washington.
La Jordanie a confirmé jeudi sa participation à l'intervention militaire au Yémen. Une source officielle jordanienne a indiqué que la participation de la Jordanie à cette opération, aux côtés d'autres pays alliés de Ryad, visait à "soutenir la légitimité, la stabilité et la sécurité du Yémen".
La source jordanienne a refusé par ailleurs de commenter des informations de presse sur une possible intervention terrestre.

Israël/Palestine : Le nombre de Palestiniens tués atteint en 2014 les niveaux de 1967

Le nombre de civils palestiniens tués lors d'affrontements avec Israël a atteint en 2014 un niveau sans précédent depuis la guerre des Six Jours de juin 1967, selon un rapport de l'ONU rendu public jeudi. "2014 a connu le pire bilan pour les pertes civiles parmi les Palestiniens depuis 1967", en raison surtout du bilan des morts durant l'opération Bordure protectrice lancée l'été dernier par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Lors de cette opération, "plus de 1 500 civils ont été tués, 11 000 ont été blessés et 100 000, déplacés", des personnes qui n'avaient toujours pas retrouvé de domicile fin 2014, selon le rapport annuel de l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens occupés (Ocha).
Au total, 2 220 Palestiniens, dont des combattants, ont été tués dans la bande de Gaza. Parmi les victimes figurent 550 enfants, précise le document intitulé "Vies fragmentées". Côté israélien, 73 personnes ont été tuées, dont 67 soldats. Ocha a indiqué ne pas avoir été en mesure de vérifier lui-même le nombre de victimes fourni par des ONG, des sources palestiniennes et israéliennes. En Cisjordanie occupée et à Jérusalem, 58 Palestiniens ont été tués et 6 028 autres blessés en 2014, soit le niveau le plus élevé depuis des années, ajoute le rapport. Durant la même période, 12 Israéliens ont été tués. Le nombre de Palestiniens détenus "pour des raisons de sécurité" a pour sa part augmenté de 24 % à 5 258 prisonniers en moyenne mensuelle l'an dernier. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, 1 215 Palestiniens ont été expulsés de leur domicile détruit par les autorités israéliennes, soit le chiffre le plus élevé depuis qu'Ocha a commencé en 2008 à faire ce type de décompte.
Le rapport dénonce également la poursuite de l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est contraire au droit international. "Au total, quelque 4 millions de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont restés sous un régime d'occupation militaire israélienne", déplore l'Ocha. Amnesty International a pour sa part dénoncé dans un communiqué le mépris flagrant "pour la vie des civils israéliens de la part des groupes armés palestiniens" en pointant un doigt accusateur vers le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. "Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à toutes leurs attaques contre des civils et à leurs attaques sans discrimination", ajoute l'ONG basée à Londres.
L'organisation souligne toutefois que le "fait que des groupes armés palestiniens semblent avoir commis des crimes de guerre en tirant sans discrimination des roquettes et des obus de mortier n'absout pas les forces israéliennes qui doivent respecter leurs obligations". Les Palestiniens ont annoncé leur intention de saisir le 1er avril la Cour pénale internationale contre les dirigeants israéliens qu'ils accusent de "crimes de guerre" et pour la poursuite de la colonisation.

mercredi 25 mars 2015

Tunisie : Hollande marchera dimanche contre le terrorisme à Tunis

François Hollande participera à la "grande marche républicaine contre le terrorisme" organisée par les autorités tunisiennes après l'attentat contre le musée du Bardo, qui a fait 21 morts le 18 mars, a annoncé mercredi l'Élysée. Le président français "se rendra dimanche 29 mars à Tunis pour participer à la 'grande marche républicaine contre le terrorisme' organisée par les autorités tunisiennes, à l'invitation du président (tunisien) Béji Caïd Essebsi", a déclaré la présidence française dans un communiqué. Avant de rejoindre Tunis, François Hollande votera dans son fief corrézien de
Tulle pour le second tour des élections départementales, a-t-on appris auprès de l'Élysée.
Le porte-parole de la présidence tunisienne, Moez Sinaoui, avait indiqué quelques heures plus tôt dans un tweet que la présence du président Hollande à la "Marche internationale contre le terrorisme" était "attendue".
Quant au porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, il avait assuré que François Hollande répondrait "rapidement" à une invitation tunisienne avec la "volonté d'affirmer la solidarité de la France vis-à-vis de la Tunisie".
Quelques 4 millions de manifestants et 40 dirigeants étrangers avaient participé le 11 janvier dans la capitale française à une marche géante contre le terrorisme, après les attentats qui avaient fait 17 morts quelques jours plus tôt. La Tunisie était représentée par son Premier ministre, Mehdi Jomaa.

Israël : Netanyahu officiellement chargé de former son 4e gouvernement dans un contexte délicat

Le président israélien Reuven Rivlin a officiellement chargé mercredi soir Benjamin Netanayahu de former son quatrième gouvernement, dans un contexte compliqué par le coup de froid sur les relations avec la Maison Blanche.
"J'ai décidé de vous confier le rôle de former le gouvernement", a dit M. Rivlin au côté de M. Netanyahu lors d'une apparition devant la presse.
Ce choix ne faisait aucun doute depuis que M. Netanyahu a triomphé du centre gauche et des sondages aux législatives du 17 mars, et plus encore depuis qu'il s'est assuré une claire majorité parlementaire de droite de 67 sièges sur 120 lundi.
M. Netanyahu, 65 ans, au pouvoir depuis 2009 après un premier mandat de 1996 à 1999, aura 28 jours, éventuellement renouvelables 14 jours, pour constituer son quatrième gouvernement.
C'est à priori un gouvernement penchant encore plus à droite que le sortant qui s'annonce, même si les spéculations sur un gouvernement d'union nationale qui inclurait les travaillistes ne se sont pas complètement tues.
Il faudra à M. Netanyahu concilier les exigences des membres de son propre parti (le Likoud), des deux partis nationalistes (Foyer juif, Israël Beiteinou), de deux formations ultra-orthodoxes (Shass et Liste Unifiée de la Torah) et du parti de centre droit Koulanou.
M. Netanyahu et son gouvernement devront assumer les conséquences d'une campagne qui a divisé les Israéliens et froissé les relations avec le grand allié américain. La direction palestinienne, pour sa part, prévoit de déposer le 1er avril ses premières plaintes pour crimes de guerre contre des dirigeants israéliens à la Cour pénale internationale.
Depuis sa victoire, M. Netanyahu fait face aux retombées de la surenchère à laquelle il s'est livré pendant sa campagne électorale pour rameuter les électeurs de droite.
Pour ne pas mettre de l'huile sur le feu, son gouvernement sortant a suspendu un plan de construction de plusieurs centaines de logements à Jérusalem-Est annexée et occupée, dans la colonie de Har Homa qu'il avait précisément choisie pour l'un des discours les plus controversés de sa campagne, a rapporté le site d'information Ynet.
M. Netanyahu a donné à l'administration américaine de multiples motifs d'exaspération.
Il a enterré l'idée d'un Etat palestinien s'il conservait son poste; il a promis de poursuivre la colonisation; il s'est opposé à ce que Jérusalem-Est devienne la capitale d'un Etat palestinien; le jour du vote, le 17 mars, il brandissait le spectre d'un vote "en masse" des Arabes israéliens.
Peu avant de le désigner officiellement, le président Rivlin a ouvertement critiqué M. Netanyahu pour ces déclarations.
"Ne serait-il pas affreux que ce devoir démocratique (le vote) soit considéré comme une malédiction, un objet d'alarme ? Celui à qui un bulletin dans une urne fait peur finira par voir des pierres jetées dans la rue", a dit M. Rivlin.
Depuis, M. Netanyahu s'est dit désolé d'avoir blessé les Arabes israéliens. Il a essayé de nuancer ses propos sur l'Etat palestinien.
Mais le président Barack Obama a clairement signifié mardi à Washington que la pilule ne passait pas.
Il a répété, après ses collaborateurs, que les Etats-Unis allaient devoir en tirer les conséquences en réévaluant leur politique sur la question israélo-palestinienne.
Le postulat de départ de la diplomatie américaine était, à terme, la coexistence de deux Etats palestinien et israélien dans la paix et la sécurité, facteur de stabilité régionale, a-t-il dit. "C'était notre opinion, et cela continue d'être notre opinion, et le Premier ministre Netanyahu a une approche différente".
Après les déclarations de M. Netanyahu, les possibilités d'une solution à deux Etats qui marginaliserait les extrémistes "paraissent très faibles", a déclaré M. Obama. Les Etats-Unis ne peuvent pas "faire semblant que quelque chose est possible quand ça ne l'est pas", en tout cas avant plusieurs années, a-t-il insisté.
"Les Etats-Unis se rendent enfin compte que les agissements israéliens ne sont plus acceptables", a réagi la dirigeante palestinienne Hanan Ashrawi. Ils doivent à présent reconsidérer leur soutien diplomatique mais aussi militaire à Israël, a-t-elle dit.
La chasse aux portefeuilles dans le prochain gouvernement Netanyahu n'a pas attendu l'ouverture de discussions formelles pour commencer. Les plus gros portefeuilles, la Défense, les Finances et les Affaires étrangères, sont convoités. Seul les Finances semblent assurées d'échoir à Moshe Kahlon, ancien du Likoud à la tête du nouveau parti de centre droit Koulanou.

(25-03-2015 - Assawra)

Israel/Palestine : The parkour guide to Gaza


Yémen: Raid aérien contre le complexe du palais présidentiel à Aden

Le complexe du palais présidentiel à Aden, dans le sud du Yémen, a été mardi la cible d'un raid aérien peu après l'annonce de l'évacuation vers "un lieu sûr" du chef de l'Etat, selon une source de sécurité.
"Un appareil a tiré trois missiles sur le complexe du palais, et la DCA est intervenue", a déclaré à l'AFP cette source, alors que des colonnes de fumée se sont élevées du lieu de l'attaque.
Elle n'a pas précisé si le bâtiment principal du complexe avait été touché où si le raid avait fait des victimes.
Le palais avait déjà été visé jeudi dernier par un raid aérien qui ne l'avait pas touché.
Ce dernier raid est survenu alors que des informations contradictoires circulaient sur un départ précipité pour l'étranger du président Hadi.
Les informations sur un départ du président Hadi ont été démenties par un responsable, qui a affirmé que le chef de l'Etat avait été évacué vers "un lieu sûr".
Entre-temps, les rebelles chiites Houthis, alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, avançaient vers Aden, après s'être emparés de la base aérienne d'Al-Anad, la plus grande du pays.

Syrie: Al-Qaïda aux portes d'Idleb, les combats font rage

Les combats faisaient rage mercredi à l'entrée d'Idleb, grande ville du nord-ouest de la Syrie sous contrôle du régime et contre laquelle la branche d'Al-Qaïda a lancé une vaste offensive, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Idleb est le chef-lieu de la province éponyme, frontalière de la Turquie et en majorité sous contrôle du Front Al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie. Si elle est capturée, elle serait la deuxième capitale provinciale à échapper aux mains du régime de Damas après Raqa (nord).
"Les combats font rage à l'entrée Est et aux environs de la ville, dont des secteurs sont bombardés par Al-Nosra et ses alliés islamistes", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Selon lui, les combats et les bombardements ont fait au moins 31 morts, dont 20 soldats.
Mardi, au moins deux attentats suicide à la voiture piégée ont été menés contre des points de contrôle des troupes loyalistes aux abords de la ville, lançant l'offensive.
La coalition d'Al-Nosra et des islamistes s'est fait nommer "L'Armée de la Conquête" et a appelé les habitants d'Idleb à rester chez eux.
Le quotidien privé et proche du pouvoir, al-Watan, a indiqué mardi que l'armée syrienne avait "anéanti les terroristes d'Al-Nosra et leurs alliés aux portes d'Idleb" après avoir fait "face à une violente attaque".
L'armée est appuyée par les Forces de la défense nationale (milice pro-régime), les comités populaires (formés d'habitants), a indiqué à l'AFP le gouverneur d'Idleb, Kheireddine al-Sayyed.
"Ils ne pourront pas avancer d'un pouce à l'intérieur de la ville", a-t-il dit.
D'après lui, "il n'y a pas de plan d'évacuation car il est exclu pour les habitants de quitter leur ville". "Ce sont eux qui participent à sa défense".
Le gouverneur a précisé que la ville, qui comptait "200.000 habitants" avant le conflit avant de voir des flots de déplacés s'y installer, "n'était pas assiégée" et que "les gens peuvent entrer et sortir".
En novembre, Al-Nosra a chassé plusieurs groupes rebelles de la province. A l'instar de son rival jihadiste le groupe Etat islamique (EI), qui a proclamé son "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, le Front entend fonder un "émirat" dans le nord de la Syrie selon des analystes.
Quant au régime, il ne lui reste que les villes d'Idleb, Jisr al-Choughour et Ariha, des localités, l'aéroport militaire d'Abou Douhour et cinq bases militaires.