Les Palestiniens ont annoncé vendredi avoir été informés par le
médiateur américain du refus d’Israël de libérer un dernier contingent
de prisonniers comme il s’y était engagé, enfonçant un peu plus dans la
crise l’initiative de paix du secrétaire d’Etat John Kerry.
Interrogés par l’AFP, des responsables israéliens se sont refusés à tout
commentaire dans l’immédiat, mais le gouvernement du Premier ministre
Benjamin Netanyahu avait dit qu’il pourrait annuler cette quatrième et
dernière vague de libérations compte tenu de la dégradation du climat
avec les Palestiniens.
Pour leur part, les chefs de mission de l’Union européenne dans les
Territoires palestiniens ont mis en garde dans un rapport contre un
"risque significatif" de conflagration régionale et de "déraillement des
négociations de paix", en raison des tensions croissantes autour des
lieux saints à Jérusalem-Est occupée, ont indiqué à l’AFP des sources
diplomatiques.
"Le gouvernement israélien nous a informés via le médiateur et parrain
américain du processus de paix qu’il ne se conformerait pas à la
libération du quatrième contingent de prisonniers prévue le samedi 29"
mars, a déclaré à l’AFP M. Jibril Rajub, membre du Comité central du
Fatah, le mouvement du président Mahmud Abbas.
"Israël a refusé de respecter la liste des noms de prisonniers qui était
convenue", tous incarcérés dans les prisons israéliennes avant les
accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne en 1993, a précisé
M. Rajub.
Il a fait cette annonce au lendemain d’une rencontre de M. Abbas avec
l’émissaire américain Martin Indyk, qui a suivi des entretiens mercredi à
Amman du président palestinien avec le secrétaire d’Etat américain.
"C’est une gifle à l’administration américaine", a affirmé M. Rajub, en
référence aux efforts américains destinée à remettre sur les rails les
négociations de paix israélo-palestiniennes déjà en difficulté en raison
des profondes divergences sur de multiples questions.
Un accord négocié par M. Kerry a permis la reprise en juillet de ces
négociations après trois ans de suspension, et donnait neuf mois,
jusqu’à fin avril, aux deux parties pour trouver un début de règlement.
Il prévoyait la libération en quatre contingents de 104 Palestiniens
incarcérés par Israël avant 1993, en échange de la suspension de toute
démarche palestinienne pour adhérer aux organisations internationales, y
compris les juridictions à compétence mondiale.
"L’ambassadeur Indyk et le secrétaire d’Etat Kerry travaillent encore
intensivement avec les parties sur ces questions", a déclaré la
porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki aux journalistes
accompagnant M. Kerry en Arabie saoudite où le président Barack Obama
est attendu plus tard dans la journée.
Mercredi devant M. Kerry, M. Abbas a refusé "tout compromis" sur la
libération et toute discussion sur d’autres sujets, selon un responsable
palestinien.
Faisant écho à des avertissements de M. Abbas, M. Rajub a prévenu que
"la non-libération des prisonniers marquera le début de nos efforts pour
nous tourner vers la communauté internationale pour récuser la légalité
de l’occupation de notre terre".
Le contentieux sur ces libérations porte notamment sur la liste des
prisonniers, parmi lesquels 14 appartiennent à la minorité arabe
israélienne, que le gouvernement Netanyahu renâcle à relâcher, pour des
motifs de souveraineté nationale.
Barack Obama, qui a reçu successivement en mars à deux semaines
d’intervalle MM. Netanyahu et Abbas, les a exhortés à prendre des
décisions "difficiles" et des "risques pour la paix", pour conclure un
accord-cadre traçant les grandes lignes d’un règlement définitif sur les
questions les plus sensibles : frontières, colonies, sécurité, statut
de Jérusalem et réfugiés.
Et pour son dernier jour en tant que commissaire général de l’Agence de
l’ONU pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), l’Italien Filippo Grandi a
affirmé dans un communiqué que les quelque cinq millions de réfugiés
"finiraient par obtenir justice", estimant que "leurs aspirations
devaient être prises en compte dans tout effort de paix pour que
celle-ci soit durable".
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
samedi 29 mars 2014
Israël/Palestine : l’UE s’inquiète d’un risque de conflit régional au sujet de Jérusalem-Est
L’Union européenne s’inquiète d’un "risque significatif" de
conflagration régionale en raison des tensions croissantes autour de
l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, selon des sources
diplomatiques européennes. "Il demeure un risque significatif que des
incidents sur ce site extrêmement sensible (...) déclenchent de
violentes réactions localement et dans le monde arabe et musulman, et
puissent faire dérailler les négociations de paix", écrivent les chefs
de missions de l’UE à Jérusalem-Est et Ramallah (Cisjordanie) dans un
rapport annuel sur la situation à Jérusalem-Est occupée et annexée.
L’esplanade, que les musulmans appellent le "Noble Sanctuaire" (Haram
al-Charif) et les juifs le "mont du Temple", en référence au second
temple juif détruit par l’Empire romain en l’an 70, est un lieu sacré
pour l’islam comme pour le judaïsme et une source de tensions entre les
deux communautés.
Dans leur rapport interne, daté du 18 mars, les diplomates européens recommandent de "préserver l’intégrité du site et le statu quo" sur l’esplanade des Mosquées, qui abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Le rapport européen s’élève contre des propositions israéliennes de diviser le site entre croyants musulmans et juifs et d’allouer des temps de prières spécifiques à chacune des communautés. Plusieurs milliers de visiteurs non musulmans se rendent chaque semaine sur l’esplanade, dont quelques dizaines de juifs nationalistes qui exigent le droit d’y prier malgré l’opposition de la police qui craint la réaction violente des fidèles musulmans. Le Parlement israélien a débattu le mois dernier d’une motion très polémique d’un député d’extrême droite, Moshé Feiglin, qui préconise "l’application de la souveraineté israélienne" sur ce lieu saint. La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, a récemment condamné ce qu’elle a qualifié "d’escalade" de la part d’Israël à la mosquée al-Aqsa, mettant en garde contre le danger de "davantage de violences et d’extrémisme religieux dans la région".
Dans leur rapport interne, daté du 18 mars, les diplomates européens recommandent de "préserver l’intégrité du site et le statu quo" sur l’esplanade des Mosquées, qui abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Le rapport européen s’élève contre des propositions israéliennes de diviser le site entre croyants musulmans et juifs et d’allouer des temps de prières spécifiques à chacune des communautés. Plusieurs milliers de visiteurs non musulmans se rendent chaque semaine sur l’esplanade, dont quelques dizaines de juifs nationalistes qui exigent le droit d’y prier malgré l’opposition de la police qui craint la réaction violente des fidèles musulmans. Le Parlement israélien a débattu le mois dernier d’une motion très polémique d’un député d’extrême droite, Moshé Feiglin, qui préconise "l’application de la souveraineté israélienne" sur ce lieu saint. La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, a récemment condamné ce qu’elle a qualifié "d’escalade" de la part d’Israël à la mosquée al-Aqsa, mettant en garde contre le danger de "davantage de violences et d’extrémisme religieux dans la région".
Israël/Palestine : Israël revient sur la libération de prisonniers prévue samedi
Le gouvernement israélien est revenu sur son engagement à libérer un
quatrième et dernier contingent de prisonniers palestiniens comme prévu
samedi, a affirmé vendredi à l’AFP un dirigeant palestinien, Jibril
Rajoub.
"Le gouvernement israélien nous a informés via le médiateur et parrain américain du processus de paix, qu’il ne se conformerait pas à la libération du quatrième contingent de prisonniers prévue samedi 29", a déclaré M. Rajoub au lendemain d’une rencontre entre le président palestinien Mahmoud Abbas et l’émissaire américain Martin Indyk.
Interrogés par l’AFP, des responsables israéliens se sont refusés à tout commentaire dans l’immédiat.
"Israël a refusé de respecter la liste des noms de prisonniers qui était convenue", tous incarcérés dans les prisons israéliennes avant les accords d’Oslo en 1993, a précisé M. Rajub, membre du Comité central du Fatah, le mouvement de Mahmud Abbas, dénonçant une "gifle à l’administration américaine", qui parraine les négociations de paix.
Mahmud Abbas, lors d’une rencontre mercredi à Amman avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry sur ces libérations, avait refusé "tout compromis" et toute discussion sur d’autres sujets jusqu’à ce qu’elles interviennent, a indiqué jeudi un responsable palestinien à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.
L’accord qui a permis la reprise en juillet des négociations après trois ans de suspension prévoit la libération, en quatre contingents, de 104 prisonniers incarcérés par Israël avant les accords israélo-palestiniens de 1993, en contrepartie de la suspension de toute démarche palestinienne pour adhérer aux organisations internationales, y compris les juridictions à compétence mondiale.
Si les trois premiers contingents de 26 prisonniers chacun ont été relâchés, le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il pourrait annuler la quatrième vague, compte tenu de la dégradation du climat entre les deux parties, à l’approche de l’échéance des pourparlers le 29 avril.
Le contentieux porte également sur la liste des prisonniers, parmi lesquels 14 appartiennent à la minorité arabe israélienne, que le gouvernement Netanyahu renâcle à relâcher, pour des motifs de souveraineté nationale. Il existe néanmoins des précédents, notamment en 2011 lors de l’échange d’un millier de détenus contre le soldat Gilad Shalit.
"Le gouvernement israélien nous a informés via le médiateur et parrain américain du processus de paix, qu’il ne se conformerait pas à la libération du quatrième contingent de prisonniers prévue samedi 29", a déclaré M. Rajoub au lendemain d’une rencontre entre le président palestinien Mahmoud Abbas et l’émissaire américain Martin Indyk.
Interrogés par l’AFP, des responsables israéliens se sont refusés à tout commentaire dans l’immédiat.
"Israël a refusé de respecter la liste des noms de prisonniers qui était convenue", tous incarcérés dans les prisons israéliennes avant les accords d’Oslo en 1993, a précisé M. Rajub, membre du Comité central du Fatah, le mouvement de Mahmud Abbas, dénonçant une "gifle à l’administration américaine", qui parraine les négociations de paix.
Mahmud Abbas, lors d’une rencontre mercredi à Amman avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry sur ces libérations, avait refusé "tout compromis" et toute discussion sur d’autres sujets jusqu’à ce qu’elles interviennent, a indiqué jeudi un responsable palestinien à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.
L’accord qui a permis la reprise en juillet des négociations après trois ans de suspension prévoit la libération, en quatre contingents, de 104 prisonniers incarcérés par Israël avant les accords israélo-palestiniens de 1993, en contrepartie de la suspension de toute démarche palestinienne pour adhérer aux organisations internationales, y compris les juridictions à compétence mondiale.
Si les trois premiers contingents de 26 prisonniers chacun ont été relâchés, le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il pourrait annuler la quatrième vague, compte tenu de la dégradation du climat entre les deux parties, à l’approche de l’échéance des pourparlers le 29 avril.
Le contentieux porte également sur la liste des prisonniers, parmi lesquels 14 appartiennent à la minorité arabe israélienne, que le gouvernement Netanyahu renâcle à relâcher, pour des motifs de souveraineté nationale. Il existe néanmoins des précédents, notamment en 2011 lors de l’échange d’un millier de détenus contre le soldat Gilad Shalit.
Tunisie : les Ben Ali, ce clan scandaleux
Le clan de l’ex-président tunisien Ben Ali captait près d’un quart des
bénéfices du secteur privé du pays grâce à un cadre réglementaire qui
protégeait ses intérêts de la concurrence, a affirmé la Banque mondiale
jeudi. "L’ancien régime tunisien utilisait les réglementations
existantes et en édictait de nouvelles pour en faire bénéficier les
membres de la famille (Ben Ali) et ceux qui étaient proches du régime",
indique un rapport de l’institution.
Chassé du pouvoir en janvier 2011 par un soulèvement populaire et aujourd’hui réfugié, Zinedine Ben Ali ainsi que ses proches sont accusés par le nouveau régime d’avoir détourné entre 15 et 50 milliards de dollars tout au long de ses 23 années de règne. Selon la Banque mondiale, le clan de l’ex-dictateur empochait fin 2010 "plus de 21 %" des bénéfices réalisés par le secteur privé via un réseau d’entreprises placé sous son contrôle direct.
Celui-ci prospérait grâce à un cadre réglementaire spécialement adapté à ses besoins.
Pendant les dix dernières années du régime, le "code d’incitations aux investissements" a ainsi été modifié à 25 reprises afin de restreindre l’accès des investisseurs au marché tunisien et "protéger les intérêts du clan (présidentiel) de la concurrence".
Quel que soit le secteur d’activité (bâtiments, téléphonie), la part de marché d’une société détenue par le clan Ben Ali était ainsi en moyenne 6,3 % plus importante que celle d’une société concurrente, précise le rapport qui a épluché les comptes de 220 entreprises contrôlées alors par le pouvoir.
L’intervention de l’État dans la politique industrielle était "un écran de fumée dissimulant des situations de rente", souligne Bob Rijkers, un des auteurs de ce rapport, qui assure que l’ouverture économique du pays, louée en son temps par la communauté internationale, n’était qu’un "mirage".
La Banque mondiale elle-même, comme le Fonds monétaire international (FMI), a ainsi souvent érigé la Tunisie et ses taux de croissance flatteurs en "modèle pour les autres pays en développement", admet le rapport, tout en reconnaissant que le système souffrait pourtant "de graves défauts", dont la corruption.
Le rapport rappelle que le nouveau régime tunisien a confisqué 550 propriétés immobilières, 48 bateaux et yachts, 367 comptes bancaires et près de 400 entreprises appartenant au clan Ben Ali.
Chassé du pouvoir en janvier 2011 par un soulèvement populaire et aujourd’hui réfugié, Zinedine Ben Ali ainsi que ses proches sont accusés par le nouveau régime d’avoir détourné entre 15 et 50 milliards de dollars tout au long de ses 23 années de règne. Selon la Banque mondiale, le clan de l’ex-dictateur empochait fin 2010 "plus de 21 %" des bénéfices réalisés par le secteur privé via un réseau d’entreprises placé sous son contrôle direct.
Celui-ci prospérait grâce à un cadre réglementaire spécialement adapté à ses besoins.
Pendant les dix dernières années du régime, le "code d’incitations aux investissements" a ainsi été modifié à 25 reprises afin de restreindre l’accès des investisseurs au marché tunisien et "protéger les intérêts du clan (présidentiel) de la concurrence".
Quel que soit le secteur d’activité (bâtiments, téléphonie), la part de marché d’une société détenue par le clan Ben Ali était ainsi en moyenne 6,3 % plus importante que celle d’une société concurrente, précise le rapport qui a épluché les comptes de 220 entreprises contrôlées alors par le pouvoir.
L’intervention de l’État dans la politique industrielle était "un écran de fumée dissimulant des situations de rente", souligne Bob Rijkers, un des auteurs de ce rapport, qui assure que l’ouverture économique du pays, louée en son temps par la communauté internationale, n’était qu’un "mirage".
La Banque mondiale elle-même, comme le Fonds monétaire international (FMI), a ainsi souvent érigé la Tunisie et ses taux de croissance flatteurs en "modèle pour les autres pays en développement", admet le rapport, tout en reconnaissant que le système souffrait pourtant "de graves défauts", dont la corruption.
Le rapport rappelle que le nouveau régime tunisien a confisqué 550 propriétés immobilières, 48 bateaux et yachts, 367 comptes bancaires et près de 400 entreprises appartenant au clan Ben Ali.
Israel/Palestine : Just a fishing boat
A destroyed fishing boat is hauled up onto the shore, close to Rafah.
Two Palestinians were wounded when Israeli navy vessels destroyed two
Gaza-bound boats smuggling cigarettes and tobacco from Egypt. 26th march
2014.
(Photograph : Khaled Omar)
(Photograph : Khaled Omar)
Arabie Saoudite : Obama en Arabie sur fond de divergences sur la Syrie et l’Iran
L’Arabie saoudite accueille vendredi le président américain Barack Obama
sur fond de divergences sur les dossiers syrien et iranien, qui mettent
à mal l’alliance historique entre les deux pays.
M. Obama, qui conclut en Arabie une tournée l’ayant mené aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie, doit rencontrer le souverain saoudien Abdallah au cours de ce séjour de moins de 24 heures.
Depuis sa première visite en 2009 à Ryad, l’un des principaux alliés de Washington au Moyen-Orient, la relation s’est dégradée entre les deux pays, Ryad reprochant notamment à Washington son attitude non interventionniste en Syrie et son ouverture vers l’Iran.
Les relations saoudo-américaines, qui remontent à huit décennies, "connaissent des tensions en raison des positions de Washington" au Moyen-Orient, a déclaré à l’AFP Abdelaziz al-Saqr, directeur du Gulf Research Centre.
Cet analyste, proche des milieux politiques saoudiens, a averti que le récent rapprochement opéré par Washington avec Téhéran ne devait "pas se faire aux dépens de ses relations avec Ryad".
L’Arabie saoudite voit d’un mauvais oeil l’accord de novembre 2013 sur le nucléaire iranien, qui prévoit un gel partiel du programme atomique de la République islamique en échange d’un allégement des sanctions économiques frappant ce pays.
S’agissant du conflit en Syrie, où Ryad soutient la rébellion en guerre contre le régime de Bachar al-Assad, le souverain saoudien défendra de nouveau "avec insistance la question de l’armement de l’opposition", a souligné M. Saqr.
Pour Khaled al-Dekhil, un autre analyste saoudien, "le fossé est tellement grand" entre Ryad et Washington que M. Obama ne fera que tenter de "tempérer les craintes des Saoudiens concernant l’Iran et la sécurité régionale".
L’Arabie saoudite, chef de file des monarchies du Golfe, dirigées par des dynasties sunnites, redoute qu’un désengagement des Etats-Unis du Moyen-Orient et l’ouverture américaine sur l’Iran n’encouragent les ambitions régionales de son rival chiite.
Le conflit en Syrie, déclenché dans la foulée du Printemps arabe, a cristallisé cette rivalité entre les monarchies du Golfe, grands financiers de la rébellion syrienne, et l’Iran, principal allié du régime de Bashar al-Assad, qui appartient à la minorité alaouite, une confession issue du chiisme.
Ces divergences "ont tendu les relations (saoudo-américaines) mais sans conduire pour autant à une rupture", souligne cependant Anwar Eshqi, chef du Centre du Moyen-Orient pour les Etudes stratégiques, basé à Jeddah. L’universitaire américain Paul Sullivan, un spécialiste des questions de sécurité et d’énergie, estime que la visite de M. Obama devrait contribuer à "assainir le climat au sujet de (ces) malentendus", mais sans s’attendre à "des changements politiques majeurs" entre les deux pays.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait d’ailleurs évoqué, avant le début de la tournée de M. Obama, une relation avec Ryad "large et profonde", ajoutant que "quels que soient nos différends, cela ne change rien au fait qu’il s’agit d’une relation très importante et étroite".
Mais l’Arabie saoudite, mettant à profit ses premières réserves mondiales de brut, s’ouvre de plus en plus sur l’Asie, dont la Chine, dans une apparente tentative de rééquilibrer ses relations internationales, marquées jusqu’ici par l’alliance conclue en 1945 avec Washington, qui assure la sécurité du royaume en échange de contrats pétroliers.
Les entretiens de M. Obama à Ryad devraient aussi porter sur le processus de paix israélo-palestinien, relancé sous les auspices des Etats-Unis mais qui piétine toujours.
Egalement au menu des discussions : la situation en Egypte, autre pomme de discorde entre les deux pays depuis la destitution par l’armée en juillet du président islamiste Mohamed Morsi.
L’architecte de cette éviction, l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, soutenu par Ryad malgré les réserves de Washington, vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle pour laquelle il est donné grand favori.
La visite de M. Obama intervient par ailleurs au moment où le roi Abdallah, âgé de 90 ans, a désigné son demi-frère Moqren, 69 ans, comme prochain prince héritier, ouvrant la voie à son accession au trône.
M. Obama, qui conclut en Arabie une tournée l’ayant mené aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie, doit rencontrer le souverain saoudien Abdallah au cours de ce séjour de moins de 24 heures.
Depuis sa première visite en 2009 à Ryad, l’un des principaux alliés de Washington au Moyen-Orient, la relation s’est dégradée entre les deux pays, Ryad reprochant notamment à Washington son attitude non interventionniste en Syrie et son ouverture vers l’Iran.
Les relations saoudo-américaines, qui remontent à huit décennies, "connaissent des tensions en raison des positions de Washington" au Moyen-Orient, a déclaré à l’AFP Abdelaziz al-Saqr, directeur du Gulf Research Centre.
Cet analyste, proche des milieux politiques saoudiens, a averti que le récent rapprochement opéré par Washington avec Téhéran ne devait "pas se faire aux dépens de ses relations avec Ryad".
L’Arabie saoudite voit d’un mauvais oeil l’accord de novembre 2013 sur le nucléaire iranien, qui prévoit un gel partiel du programme atomique de la République islamique en échange d’un allégement des sanctions économiques frappant ce pays.
S’agissant du conflit en Syrie, où Ryad soutient la rébellion en guerre contre le régime de Bachar al-Assad, le souverain saoudien défendra de nouveau "avec insistance la question de l’armement de l’opposition", a souligné M. Saqr.
Pour Khaled al-Dekhil, un autre analyste saoudien, "le fossé est tellement grand" entre Ryad et Washington que M. Obama ne fera que tenter de "tempérer les craintes des Saoudiens concernant l’Iran et la sécurité régionale".
L’Arabie saoudite, chef de file des monarchies du Golfe, dirigées par des dynasties sunnites, redoute qu’un désengagement des Etats-Unis du Moyen-Orient et l’ouverture américaine sur l’Iran n’encouragent les ambitions régionales de son rival chiite.
Le conflit en Syrie, déclenché dans la foulée du Printemps arabe, a cristallisé cette rivalité entre les monarchies du Golfe, grands financiers de la rébellion syrienne, et l’Iran, principal allié du régime de Bashar al-Assad, qui appartient à la minorité alaouite, une confession issue du chiisme.
Ces divergences "ont tendu les relations (saoudo-américaines) mais sans conduire pour autant à une rupture", souligne cependant Anwar Eshqi, chef du Centre du Moyen-Orient pour les Etudes stratégiques, basé à Jeddah. L’universitaire américain Paul Sullivan, un spécialiste des questions de sécurité et d’énergie, estime que la visite de M. Obama devrait contribuer à "assainir le climat au sujet de (ces) malentendus", mais sans s’attendre à "des changements politiques majeurs" entre les deux pays.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avait d’ailleurs évoqué, avant le début de la tournée de M. Obama, une relation avec Ryad "large et profonde", ajoutant que "quels que soient nos différends, cela ne change rien au fait qu’il s’agit d’une relation très importante et étroite".
Mais l’Arabie saoudite, mettant à profit ses premières réserves mondiales de brut, s’ouvre de plus en plus sur l’Asie, dont la Chine, dans une apparente tentative de rééquilibrer ses relations internationales, marquées jusqu’ici par l’alliance conclue en 1945 avec Washington, qui assure la sécurité du royaume en échange de contrats pétroliers.
Les entretiens de M. Obama à Ryad devraient aussi porter sur le processus de paix israélo-palestinien, relancé sous les auspices des Etats-Unis mais qui piétine toujours.
Egalement au menu des discussions : la situation en Egypte, autre pomme de discorde entre les deux pays depuis la destitution par l’armée en juillet du président islamiste Mohamed Morsi.
L’architecte de cette éviction, l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, soutenu par Ryad malgré les réserves de Washington, vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle pour laquelle il est donné grand favori.
La visite de M. Obama intervient par ailleurs au moment où le roi Abdallah, âgé de 90 ans, a désigné son demi-frère Moqren, 69 ans, comme prochain prince héritier, ouvrant la voie à son accession au trône.
Arabie Saoudite : La Famille Saoud
Le roi a réuni le Conseil d’allégeance pour lui demander d’approuver sa
décision de nommer son demi-frère comme prochain prince héritier. Dans la loi fondamentale, le choix du prince héritier est fait par le
roi. Cependant, dans les faits, le choix est le résultat d’un
consensus entre plusieurs membres de la dynastie.
Au sens large, la famille royale al Saoud comprend tous les descendants de Mohammed ben Saoud Al Muqrin, y compris les branches cadettes (non dynastes). Elle comporterait 20 000 princes et princesses de sang dont 4 000 princes de sang royal.
Le nombre exact des membres de la famille royale est inconnu, étant un secret d’État. Les descendants d’Abdelaziz ont le titre d’« altesse royale », les autres membres de la famille n’ont droit qu’à celui d’« altesse ».
Au sens large, la famille royale al Saoud comprend tous les descendants de Mohammed ben Saoud Al Muqrin, y compris les branches cadettes (non dynastes). Elle comporterait 20 000 princes et princesses de sang dont 4 000 princes de sang royal.
Le nombre exact des membres de la famille royale est inconnu, étant un secret d’État. Les descendants d’Abdelaziz ont le titre d’« altesse royale », les autres membres de la famille n’ont droit qu’à celui d’« altesse ».
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