L'armée syrienne et ses milices supplétives ont repris le contrôle de
plusieurs villages d'une plaine stratégique du nord-ouest du pays où les
rebelles étaient passés à l'offensive cette semaine, rapporte samedi
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
La plaine de Sahl al Ghab occupe une situation cruciale dans la défense
des zones côtières, bastion du régime alaouite du président Bachar al
Assad.
Les insurgés de l'Armée de la Conquête, qui regroupe notamment les
islamistes du Front al Nosra et d'Ahrar al Cham, y sont passés à
l'offensive en début de semaine à partir de Djisr el Choughour, une
ville au nord de la plaine qu'ils contrôlent depuis le mois de mai.
L'OSDH indique samedi que l'armée de l'air syrienne a frappé le secteur
plus de 270 fois ces quatre derniers jours et les forces terrestres ont
repris plusieurs villages et secteurs, dont la centrale électrique de
Zezoun.
Tard vendredi soir, l'agence officielle de presse Sana a elle aussi fait
état de la reconquête de Zezoun, précisant que l'armée syrienne avait
"éliminé de nombreux terroristes".
L'OSDH, qui s'appuie sur un réseau d'informateurs, parle de 39 combattants rebelles tués.
(01-08-2015 - Assawra)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
dimanche 2 août 2015
Yémen: Le chef du gouvernement en exil rentre à Aden
Le chef du gouvernement yéménite Khaled Bahah, en exil Arabie Saoudite,
est rentré samedi à Aden, la grande ville du sud du Yémen reconquise il y
a deux semaines par les forces loyalistes, qui combattent depuis quatre
mois les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran.
M. Bahah, également vice-président de la République, est arrivé à l'aéroport d'Aden à bord d'un avion militaire saoudien en provenance de Ryad, où le président Abd Rabbo Mansour Hadi et son gouvernement se sont exilés fin mars sous la pression des rebelles chiites qui progressaient dans le sud du Yémen.
Il s'agit du plus haut responsable yéménite à rentrer à Aden depuis l'annonce à la mi-juillet de la reconquête de cette ville portuaire. M. Bahah avait été récemment précédé par des membres de son gouvernement revenus pour pacifier la ville et remettre en état les infrastructures, lourdement endommagées par le conflit armé.
Dans une brève déclaration, M. Bahah a indiqué que sa présence confirmait "la libération d'Aden et la normalisation de la vie" dans cette ville, ajoutant qu'il allait "se rendre au chevet de blessés", victimes de la guerre.
Au terme d'un séjour symbolique de quelques heures, le Premier ministre devait quitter la ville, a-t-on appris dans son entourage.
Plusieurs responsables du gouvernement en exil sont arrivés simultanément à Aden à bord d'un deuxième avion saoudien pour superviser la remise en état des services publics et rouvrir les bâtiments publics, a indiqué à l'AFP le ministre des Droits de l'Homme, Ezzedine al-Isbahi.
Selon lui, la radio-télévision d'Etat doit reprendre prochainement ses programmes depuis Aden.
Aden avait été reconquise par les forces loyalistes, soutenues par une coalition arabe sous la conduite de l'Arabie saoudite. Celle-ci avait lancé le 26 mars une campagne de raids aériens pour empêcher les rebelles de prendre tout le Yémen. Les Houthis avaient conquis l'an dernier plusieurs pans du territoire, dont la capitale Sanaa, avec l'aide d'unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
La réouverture de l'aéroport et du port d'Aden a permis l'acheminement d'aides humanitaires, dont la distribution est encore lente et limitée pour des raisons logistiques, selon des responsables locaux.
Le directeur de la section locale du Croissant-Rouge yéménite, Ahmed Mansour, a déclaré à l'AFP que son organisme avait "distribué dans trois quartiers d'Aden 20.000 rations alimentaires apportées par les Emirats arabes unis".
Il a ajouté souhaiter que "d'autres organisations caritatives participent à la distribution de l'aide".
Environ 80% de la population du Yémen -soit 21 millions de personnes- ont besoin d'aide ou de protection, et plus de 10 millions ont du mal à se nourrir ou à trouver de l'eau, selon l'ONU.
A Aden on s'efforce de retrouver un semblant de normalité. Les autorités locales ont réussi à rouvrir partiellement les principales artères de la ville, d'où elles ont retiré des carcasses de véhicules et d'engins militaires, calcinés ou endommagés durant les combats, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Des habitants ont pu ces derniers jours inspecter leurs maisons, pour la plupart endommagées ou pillées, dans certains quartiers d'Aden, que les rebelles avaient tenus pendant près de quatre mois avant d'en être délogés par les forces progouvernementales, a-t-il ajouté.
Après avoir sécurisé Aden, les forces loyalistes poursuivaient samedi leur progression vers de la Cité Verte au nord d'Aden, et vers Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, située plus à l'est, ont indiqué des responsables et des témoins.
Simultanément, l'aviation de la coalition a intensifié ses raids dans la nuit et au petit matin contre les positions des rebelles dans la base aérienne d'Al-Anad et à Houta, capitale de la province de Lahj, ainsi qu'à Taëz (sud-ouest) où 47 rebelles et 5 combattants pro-Hadi ont été tués dans de violents affrontements, selon des sources militaires.
Les frappes aériennes ont aussi visé samedi des positions rebelles dans les provinces de Mareb, à l'est de Sanaa, de Hajja et de Saada, dans le nord, selon des témoins.
La guerre au Yémen a fait en quatre mois près de 4000 morts, dont la moitié des civils selon l'ONU.
(01-08-2015)
M. Bahah, également vice-président de la République, est arrivé à l'aéroport d'Aden à bord d'un avion militaire saoudien en provenance de Ryad, où le président Abd Rabbo Mansour Hadi et son gouvernement se sont exilés fin mars sous la pression des rebelles chiites qui progressaient dans le sud du Yémen.
Il s'agit du plus haut responsable yéménite à rentrer à Aden depuis l'annonce à la mi-juillet de la reconquête de cette ville portuaire. M. Bahah avait été récemment précédé par des membres de son gouvernement revenus pour pacifier la ville et remettre en état les infrastructures, lourdement endommagées par le conflit armé.
Dans une brève déclaration, M. Bahah a indiqué que sa présence confirmait "la libération d'Aden et la normalisation de la vie" dans cette ville, ajoutant qu'il allait "se rendre au chevet de blessés", victimes de la guerre.
Au terme d'un séjour symbolique de quelques heures, le Premier ministre devait quitter la ville, a-t-on appris dans son entourage.
Plusieurs responsables du gouvernement en exil sont arrivés simultanément à Aden à bord d'un deuxième avion saoudien pour superviser la remise en état des services publics et rouvrir les bâtiments publics, a indiqué à l'AFP le ministre des Droits de l'Homme, Ezzedine al-Isbahi.
Selon lui, la radio-télévision d'Etat doit reprendre prochainement ses programmes depuis Aden.
Aden avait été reconquise par les forces loyalistes, soutenues par une coalition arabe sous la conduite de l'Arabie saoudite. Celle-ci avait lancé le 26 mars une campagne de raids aériens pour empêcher les rebelles de prendre tout le Yémen. Les Houthis avaient conquis l'an dernier plusieurs pans du territoire, dont la capitale Sanaa, avec l'aide d'unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
La réouverture de l'aéroport et du port d'Aden a permis l'acheminement d'aides humanitaires, dont la distribution est encore lente et limitée pour des raisons logistiques, selon des responsables locaux.
Le directeur de la section locale du Croissant-Rouge yéménite, Ahmed Mansour, a déclaré à l'AFP que son organisme avait "distribué dans trois quartiers d'Aden 20.000 rations alimentaires apportées par les Emirats arabes unis".
Il a ajouté souhaiter que "d'autres organisations caritatives participent à la distribution de l'aide".
Environ 80% de la population du Yémen -soit 21 millions de personnes- ont besoin d'aide ou de protection, et plus de 10 millions ont du mal à se nourrir ou à trouver de l'eau, selon l'ONU.
A Aden on s'efforce de retrouver un semblant de normalité. Les autorités locales ont réussi à rouvrir partiellement les principales artères de la ville, d'où elles ont retiré des carcasses de véhicules et d'engins militaires, calcinés ou endommagés durant les combats, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Des habitants ont pu ces derniers jours inspecter leurs maisons, pour la plupart endommagées ou pillées, dans certains quartiers d'Aden, que les rebelles avaient tenus pendant près de quatre mois avant d'en être délogés par les forces progouvernementales, a-t-il ajouté.
Après avoir sécurisé Aden, les forces loyalistes poursuivaient samedi leur progression vers de la Cité Verte au nord d'Aden, et vers Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, située plus à l'est, ont indiqué des responsables et des témoins.
Simultanément, l'aviation de la coalition a intensifié ses raids dans la nuit et au petit matin contre les positions des rebelles dans la base aérienne d'Al-Anad et à Houta, capitale de la province de Lahj, ainsi qu'à Taëz (sud-ouest) où 47 rebelles et 5 combattants pro-Hadi ont été tués dans de violents affrontements, selon des sources militaires.
Les frappes aériennes ont aussi visé samedi des positions rebelles dans les provinces de Mareb, à l'est de Sanaa, de Hajja et de Saada, dans le nord, selon des témoins.
La guerre au Yémen a fait en quatre mois près de 4000 morts, dont la moitié des civils selon l'ONU.
(01-08-2015)
samedi 1 août 2015
Moyen-Orient : John Kerry repart au Moyen-Orient, après l'accord avec l'Iran
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est parti vendredi soir pour
une nouvelle tournée au Moyen-Orient, d'abord en Egypte pour relancer un
partenariat stratégique, puis au Qatar pour rassurer les pays du Golfe
inquiets de l'accord sur le nucléaire iranien.
Ce voyage jusqu'au 8 août, qui l'emmènera aussi en Asie du Sud-Est, ne comprend pas d'étape en Israël, l'allié indéfectible des Etats-Unis mais aussi le plus farouche opposant au règlement avec Téhéran.
John Kerry co-présidera dimanche avec son homologue égyptien Sameh Choukri le "dialogue stratégique" entre les deux alliés, aux relations tumultueuses. Les Etats-Unis ont levé fin mars le gel de leur assistance militaire de 1,3 milliard de dollars par an au Caire, tout en continuant de dénoncer la terrible répression menée par le régime du président Abdel Fattah al-Sissi contre les partisans de son prédécesseur renversé en 2013 et emprisonné, l'islamiste Mohamed Morsi.
Ce "dialogue" est le premier depuis 2009 et intervient au moment où Washington a annoncé la livraison pour cette fin de semaine au Caire de huit avions F-16, sur les 12 chasseurs annoncés en mars par le président Barack Obama, dans le cadre de la lutte que mène l'Egypte contre des groupes jihadistes dans le Sinaï.
Outre cette coopération militaire qui reprend à pleine vitesse, John Kerry et son adjoint chargé des Droits de l'homme au département d'Etat, Tom Malinowski, évoqueront aussi les "inquiétudes" de Washington sur "les questions des droits de l'homme", a assuré un diplomate américain.
Le ministre des Affaires étrangères sera ensuite lundi à Doha pour voir ses homologues des Etats membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et tenter d'apaiser leurs craintes suscitées par l'accord sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet à Vienne.
Les puissances sunnites du Golfe se méfient des ambitions régionales de la République islamique chiite iranienne. L'Arabie saoudite, rivale de l'Iran, a toutefois exprimé officiellement son soutien au texte de Vienne.
Le chef de la diplomatie américaine "tentera de répondre à toutes les questions que les ministres du CCG pourraient encore se poser et, espérons-le, afin qu'ils soient satisfaits et soutiennent nos efforts", a argumenté le diplomate auprès de quelques journalistes.
En marge de cette réunion d'importance à Doha, M. Kerry s'entretiendra aussi avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, notamment sur la Syrie, selon le département d'Etat.
En revanche, il n'y aura pas d'étape en Israël, compte tenu du très net refroidissement des relations entre les deux alliés, en particulier en raison de l'opposition de l'Etat hébreu à l'accord international avec l'Iran.
Le diplomate du département d'Etat a toutefois vanté "les très larges discussions avec les Israéliens, notamment sur cette question" du nucléaire. Il s'agit de la dernière conversation téléphonique entre M. Kerry et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
John Kerry mettra ensuite le cap vers Singapour, puis la Malaisie et le Vietnam. L'Asean, qui se réunit à Kuala Lumpur cette année, est un partenaire privilégié de Washington, en particulier face aux ambitions régionales de la Chine.
Ce voyage jusqu'au 8 août, qui l'emmènera aussi en Asie du Sud-Est, ne comprend pas d'étape en Israël, l'allié indéfectible des Etats-Unis mais aussi le plus farouche opposant au règlement avec Téhéran.
John Kerry co-présidera dimanche avec son homologue égyptien Sameh Choukri le "dialogue stratégique" entre les deux alliés, aux relations tumultueuses. Les Etats-Unis ont levé fin mars le gel de leur assistance militaire de 1,3 milliard de dollars par an au Caire, tout en continuant de dénoncer la terrible répression menée par le régime du président Abdel Fattah al-Sissi contre les partisans de son prédécesseur renversé en 2013 et emprisonné, l'islamiste Mohamed Morsi.
Ce "dialogue" est le premier depuis 2009 et intervient au moment où Washington a annoncé la livraison pour cette fin de semaine au Caire de huit avions F-16, sur les 12 chasseurs annoncés en mars par le président Barack Obama, dans le cadre de la lutte que mène l'Egypte contre des groupes jihadistes dans le Sinaï.
Outre cette coopération militaire qui reprend à pleine vitesse, John Kerry et son adjoint chargé des Droits de l'homme au département d'Etat, Tom Malinowski, évoqueront aussi les "inquiétudes" de Washington sur "les questions des droits de l'homme", a assuré un diplomate américain.
Le ministre des Affaires étrangères sera ensuite lundi à Doha pour voir ses homologues des Etats membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et tenter d'apaiser leurs craintes suscitées par l'accord sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet à Vienne.
Les puissances sunnites du Golfe se méfient des ambitions régionales de la République islamique chiite iranienne. L'Arabie saoudite, rivale de l'Iran, a toutefois exprimé officiellement son soutien au texte de Vienne.
Le chef de la diplomatie américaine "tentera de répondre à toutes les questions que les ministres du CCG pourraient encore se poser et, espérons-le, afin qu'ils soient satisfaits et soutiennent nos efforts", a argumenté le diplomate auprès de quelques journalistes.
En marge de cette réunion d'importance à Doha, M. Kerry s'entretiendra aussi avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, notamment sur la Syrie, selon le département d'Etat.
En revanche, il n'y aura pas d'étape en Israël, compte tenu du très net refroidissement des relations entre les deux alliés, en particulier en raison de l'opposition de l'Etat hébreu à l'accord international avec l'Iran.
Le diplomate du département d'Etat a toutefois vanté "les très larges discussions avec les Israéliens, notamment sur cette question" du nucléaire. Il s'agit de la dernière conversation téléphonique entre M. Kerry et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
John Kerry mettra ensuite le cap vers Singapour, puis la Malaisie et le Vietnam. L'Asean, qui se réunit à Kuala Lumpur cette année, est un partenaire privilégié de Washington, en particulier face aux ambitions régionales de la Chine.
Israël/Palestine : « Les deux enfants étaient à l’intérieur, c’était impossible d’entrer »
Le sol est encore fumant, les murs noircis par les flammes qui se sont
élevées de plusieurs mètres. La violence du sinistre a été telle qu’on
peine à distinguer ce qui fut le mobilier de maison de la famille
Dawabsha. Dans le village de Douma, situé au nord-est de Ramallah,
jamais les villageois n’auraient imaginé des événements comme ceux de ce
vendredi 31 juillet 2015.
C’est dans ce petit hameau palestinien de 2 500 âmes que vivaient Riham, la mère, Saad, le père, et leurs deux enfants, Ahmad et Ali. L’aîné était né peu de temps après l’installation du couple dans cette maison légèrement excentrée. « C’est normal ici, quand un couple se marie, il construit sa maison, donc le village s’agrandit », explique Anwar Dawabsha, un cousin éloigné de Saad. L’homme a les traits fatigués. La faute à cette trop courte nuit dont il se souviendra toute sa vie.
Anwar Dawabsha prend son temps pour raconter en détail les événements : « Je venais juste de m’endormir lorsque j’ai entendu du bruit. Je me suis levé quand j’ai compris que c’était la voisine qui criait. » Il sort alors de chez lui et découvre une première maison, celle de Maamoun Rashid, en feu. Prévenu par le frère de Maamoun que la maison est vide, Anwar Dawabsha réalise alors que les cris proviennent de la maison voisine, celle de Saad Dawabsha. Ce dernier sort de chez lui, le visage et une partie du corps brûlé. Riham parvient à faire de même avant de s’écouler sur le sol.
« Ils nous ont expliqué d’un filet de voix que leurs deux enfants étaient à l’intérieur. Mais les flammes montaient jusqu’à 10 mètres, c’était impossible d’entrer. » Un voisin réussit à pénétrer dans la maison pour sauver le petit Ahmad, 4 ans. Son cadet, Ali, impossible à atteindre à cause de la violence de l’incendie, périra brûlé vif. L’enfant avait 18 mois.
« Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire. Les morts, eux, ne peuvent pas renaître. »
Amin Rashid, à peine 30 ans, est assis sur un petit muret devant la maison de son frère Maamoun. Le rez-de-chaussée de la demeure est carbonisé. Les vitres ont explosé sous la chaleur. Il s’interroge à haute voix : « Que voulaient ceux qui sont venus nous attaquer ? » Rien ne distingue pourtant le village de Douma d’un autre. Des rues sinueuses où les automobilistes doivent slalomer pour éviter les nids-de-poule, des habitations de plain-pied et au milieu la mosquée. « Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire », confie le jeune homme. « Les morts, eux, ne peuvent pas renaître », ajoute-t-il.
Incursion de colons israéliens
Pour lui, l’implication des colons israéliens est une évidence. Des témoins racontent avoir vu quatre hommes s’enfuir vers la colonie voisine de Maale Efraim. La police israélienne confirme que la piste d’extrémistes juifs est privilégiée. Des graffitis sont toujours visibles à l’extérieur de la bâtisse. Sur un mur, on découvre une étoile de David soulignée d’une inscription en hébreux : « Vengeance ». D’autres tags identiques ont été laissés un peu plus loin. C’est la signature du groupe « Le prix à payer », des colons israéliens extrémistes qui dégradent mosquées et bâtiments palestiniens dès qu’ils le peuvent en Cisjordanie ou à Jérusalem.
Cette dernière attaque est un « choc immense » pour Dina Hashash, une travailleuse humanitaire palestinienne qui répertorie les violences des colons dans la région de Naplouse. Mais elle n’est pas surprise : « Depuis qu’un colon israélien a été tué par un Palestinien à la sortie de la colonie Chvout Rachel [le 29 juin], les colons se faisaient de plus en plus menaçants. » Elle confirme l’information donnée par les habitants qu’une première tentative d’incursion de colons avait été repoussée il y a quelques semaines à l’extérieur du village.
Tout le monde pensait que cette histoire, avec laquelle Douma n’a rien à voir, s’arrêterait là. Depuis 2014, 11 000 incidents impliquant des colons ont été documentés, assurent les autorités palestiniennes. Mais les colons bénéficient d’une quasi-impunité. Selon l’ONG israélienne Yesh Din, 85 % des plaintes de Palestiniens à propos de violences de colons sont classées sans suite par la justice israélienne.
Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne de lancer cette fois-ci une immense opération de recherche avec plusieurs milliers de soldats quadrillant la partie nord de la Cisjordanie. La route qui mène au village a été interdite aux voitures des colons. Mais ce déploiement est aussi, ou surtout, un moyen pour tenter de prévenir d’éventuelles représailles palestiniennes. Lors des funérailles du petit Ali Dawabsha, plusieurs participants ont crié vengeance.
Ce vendredi 31 juillet, très peu de temps après l’attaque de Douma, les points de contrôle de l’armée israélienne en Cisjordanie ont été renforcés. Des barrages temporaires ont été mis en place sur plusieurs axes, dont des routes fréquentées uniquement par les Palestiniens. Tout est fait pour empêcher un embrasement général redouté par les autorités israéliennes.
C’est dans ce petit hameau palestinien de 2 500 âmes que vivaient Riham, la mère, Saad, le père, et leurs deux enfants, Ahmad et Ali. L’aîné était né peu de temps après l’installation du couple dans cette maison légèrement excentrée. « C’est normal ici, quand un couple se marie, il construit sa maison, donc le village s’agrandit », explique Anwar Dawabsha, un cousin éloigné de Saad. L’homme a les traits fatigués. La faute à cette trop courte nuit dont il se souviendra toute sa vie.
Anwar Dawabsha prend son temps pour raconter en détail les événements : « Je venais juste de m’endormir lorsque j’ai entendu du bruit. Je me suis levé quand j’ai compris que c’était la voisine qui criait. » Il sort alors de chez lui et découvre une première maison, celle de Maamoun Rashid, en feu. Prévenu par le frère de Maamoun que la maison est vide, Anwar Dawabsha réalise alors que les cris proviennent de la maison voisine, celle de Saad Dawabsha. Ce dernier sort de chez lui, le visage et une partie du corps brûlé. Riham parvient à faire de même avant de s’écouler sur le sol.
« Ils nous ont expliqué d’un filet de voix que leurs deux enfants étaient à l’intérieur. Mais les flammes montaient jusqu’à 10 mètres, c’était impossible d’entrer. » Un voisin réussit à pénétrer dans la maison pour sauver le petit Ahmad, 4 ans. Son cadet, Ali, impossible à atteindre à cause de la violence de l’incendie, périra brûlé vif. L’enfant avait 18 mois.
« Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire. Les morts, eux, ne peuvent pas renaître. »
Amin Rashid, à peine 30 ans, est assis sur un petit muret devant la maison de son frère Maamoun. Le rez-de-chaussée de la demeure est carbonisé. Les vitres ont explosé sous la chaleur. Il s’interroge à haute voix : « Que voulaient ceux qui sont venus nous attaquer ? » Rien ne distingue pourtant le village de Douma d’un autre. Des rues sinueuses où les automobilistes doivent slalomer pour éviter les nids-de-poule, des habitations de plain-pied et au milieu la mosquée. « Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire », confie le jeune homme. « Les morts, eux, ne peuvent pas renaître », ajoute-t-il.
Incursion de colons israéliens
Pour lui, l’implication des colons israéliens est une évidence. Des témoins racontent avoir vu quatre hommes s’enfuir vers la colonie voisine de Maale Efraim. La police israélienne confirme que la piste d’extrémistes juifs est privilégiée. Des graffitis sont toujours visibles à l’extérieur de la bâtisse. Sur un mur, on découvre une étoile de David soulignée d’une inscription en hébreux : « Vengeance ». D’autres tags identiques ont été laissés un peu plus loin. C’est la signature du groupe « Le prix à payer », des colons israéliens extrémistes qui dégradent mosquées et bâtiments palestiniens dès qu’ils le peuvent en Cisjordanie ou à Jérusalem.
Cette dernière attaque est un « choc immense » pour Dina Hashash, une travailleuse humanitaire palestinienne qui répertorie les violences des colons dans la région de Naplouse. Mais elle n’est pas surprise : « Depuis qu’un colon israélien a été tué par un Palestinien à la sortie de la colonie Chvout Rachel [le 29 juin], les colons se faisaient de plus en plus menaçants. » Elle confirme l’information donnée par les habitants qu’une première tentative d’incursion de colons avait été repoussée il y a quelques semaines à l’extérieur du village.
Tout le monde pensait que cette histoire, avec laquelle Douma n’a rien à voir, s’arrêterait là. Depuis 2014, 11 000 incidents impliquant des colons ont été documentés, assurent les autorités palestiniennes. Mais les colons bénéficient d’une quasi-impunité. Selon l’ONG israélienne Yesh Din, 85 % des plaintes de Palestiniens à propos de violences de colons sont classées sans suite par la justice israélienne.
Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne de lancer cette fois-ci une immense opération de recherche avec plusieurs milliers de soldats quadrillant la partie nord de la Cisjordanie. La route qui mène au village a été interdite aux voitures des colons. Mais ce déploiement est aussi, ou surtout, un moyen pour tenter de prévenir d’éventuelles représailles palestiniennes. Lors des funérailles du petit Ali Dawabsha, plusieurs participants ont crié vengeance.
Ce vendredi 31 juillet, très peu de temps après l’attaque de Douma, les points de contrôle de l’armée israélienne en Cisjordanie ont été renforcés. Des barrages temporaires ont été mis en place sur plusieurs axes, dont des routes fréquentées uniquement par les Palestiniens. Tout est fait pour empêcher un embrasement général redouté par les autorités israéliennes.
Israël/Palestine : Deux Palestiniens tués lors d’affrontements avec l’armée israélienne
La mort d’Ali Saad Dawabsha, un enfant palestinien de 18 mois, dans un
incendie provoqué, selon la police, par des colons israéliens, a
déclenché manifestations et affrontements en Cisjordanie et à Gaza,
vendredi 31 juillet, au cours desquels deux jeunes Palestiniens ont été
tués.
Laith Khaldi, 14 ans, du camp de réfugiés de Jalazon, a été atteint à la poitrine lors de ces affrontements qui ont éclaté près du point de contrôle d’Atara vendredi soir. Il est mort des suites de ses blessures à l’hôpital plusieurs heures après, selon des sources sécuritaires et médicales palestiniennes.
Une porte-parole de l’armée israélienne a de son côté déclaré à l’AFP qu’« un suspect palestinien avait lancé un cocktail Molotov en direction d’un poste militaire à Bir Zeit. Les soldats ont riposté en tirant sur l’assaillant ».
« Impunité » des colons israéliens
Plus tôt dans la journée, un troisième Palestinien, de 17 ans cette fois, a été tué et un autre blessé par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, après qu’ils se sont approchés de la frontière avec Israël.
Après l’incendie qui a coûté la vie à Ali Saad Dawabsha, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a dénoncé un « acte de terrorisme », un qualificatif très rarement utilisé par Israël lors d’attaques antipalestiniennes, et ordonné « d’arrêter les meurtriers et de les traduire en justice ». Il a réitéré ces engagements lors d’un rare appel téléphonique au président palestinien Mahmud Abbas.
En soirée, Mahmud Abbas a toutefois dit « douter qu’Israël mette en œuvre une véritable justice » et accusé l’Etat hébreu d’être « le responsable direct » de la mort d’Ali Dawabcheh en raison de « l’impunité » qu’il accorde aux colons. M. Abbas a annoncé que les Palestiniens déposeraient samedi un nouveau dossier pour « crime de guerre » devant la Cour pénale internationale.
Depuis des années, des militants d’extrême droite et des colons israéliens se livrent à des agressions et à des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens. La destruction cette semaine de deux immeubles illégaux à Beit El, décidée par la Cour suprême israélienne, a provoqué la colère des colons, même si le gouvernement israélien a annoncé la construction immédiate de 300 logements dans cette colonie.
Laith Khaldi, 14 ans, du camp de réfugiés de Jalazon, a été atteint à la poitrine lors de ces affrontements qui ont éclaté près du point de contrôle d’Atara vendredi soir. Il est mort des suites de ses blessures à l’hôpital plusieurs heures après, selon des sources sécuritaires et médicales palestiniennes.
Une porte-parole de l’armée israélienne a de son côté déclaré à l’AFP qu’« un suspect palestinien avait lancé un cocktail Molotov en direction d’un poste militaire à Bir Zeit. Les soldats ont riposté en tirant sur l’assaillant ».
« Impunité » des colons israéliens
Plus tôt dans la journée, un troisième Palestinien, de 17 ans cette fois, a été tué et un autre blessé par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, après qu’ils se sont approchés de la frontière avec Israël.
Après l’incendie qui a coûté la vie à Ali Saad Dawabsha, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a dénoncé un « acte de terrorisme », un qualificatif très rarement utilisé par Israël lors d’attaques antipalestiniennes, et ordonné « d’arrêter les meurtriers et de les traduire en justice ». Il a réitéré ces engagements lors d’un rare appel téléphonique au président palestinien Mahmud Abbas.
En soirée, Mahmud Abbas a toutefois dit « douter qu’Israël mette en œuvre une véritable justice » et accusé l’Etat hébreu d’être « le responsable direct » de la mort d’Ali Dawabcheh en raison de « l’impunité » qu’il accorde aux colons. M. Abbas a annoncé que les Palestiniens déposeraient samedi un nouveau dossier pour « crime de guerre » devant la Cour pénale internationale.
Depuis des années, des militants d’extrême droite et des colons israéliens se livrent à des agressions et à des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens. La destruction cette semaine de deux immeubles illégaux à Beit El, décidée par la Cour suprême israélienne, a provoqué la colère des colons, même si le gouvernement israélien a annoncé la construction immédiate de 300 logements dans cette colonie.
Tunisie: L'état d'urgence prolongé au nom de la "guerre contre le terrorisme"
La présidence tunisienne a annoncé vendredi la prolongation de deux mois
de l'état d'urgence proclamé début juillet après l'attaque jihadiste la
plus sanglante de l'histoire du pays, en raison de la persistance de
menaces d'attentats.
"Le président de la République a décidé de prolonger l'état d'urgence sur tout le territoire de deux mois à partir du 3 août 2015", a indiqué la présidence dans un bref communiqué.
Cette décision a été prise non pas en raison de menaces précises mais "parce que les causes (qui ont conduit à l'instauration de l'état d'urgence) sont toujours là", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui. "On est en guerre contre le terrorisme".
L'Union européenne a de son côté annoncé dans un communiqué avoir adopté le premier volet de son programme d'aide annuel pour la Tunisie, d'un montant total de 116,8 millions d'euros, pour "renforcer le secteur de la sécurité et soutenir le développement socio-économique et régional".
Le 4 juillet, huit jours après l'attaque jihadiste la plus sanglante de l'histoire de la Tunisie, le président Béji Caïd Essebsi avait proclamé l'état d'urgence pour 30 jours. Le chef de l'Etat avait expliqué sa décision par les "dangers qui menacent le pays" et par "la persistance de menaces qui font que le pays est (face à une) guerre d'un genre spécial".
Trente-huit touristes, dont 30 Britanniques, ont été tués le 26 juin lorsqu'un étudiant tunisien armé d'une Kalachnikov a ouvert le feu dans un hôtel de Port El Kantaoui (centre-est). L'attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), tout comme celui qui avait visé des touristes au musée du Bardo à Tunis le 18 mars.
L'état d'urgence accorde des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre. Il permet notamment aux autorités d'interdire les grèves et les réunions "de nature à provoquer ou entretenir le désordre", de fermer provisoirement "salles de spectacle et débits de boissons" ainsi que de "prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature".
Les Tunisiens ont déjà vécu plus de trois ans sous état d'urgence, du 14 janvier 2011, quelques heures avant la fuite du dictateur Zine El Abidine Ben Ali dans la foulée du soulèvement qui a lancé le "Printemps arabe", à mars 2014.
L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé les autorités tunisiennes à "s'abstenir de recourir à ces pouvoirs d'urgence d'une manière qui outrepasse ce que le droit international et la Constitution tunisienne autorisent".
"L'imposition de l'état d'urgence ne donne pas au gouvernement tunisien le droit de supprimer les droits humains et les libertés fondamentales", avait dit l'ONG.
Les autorités se sont de leur côté voulues rassurantes, affirmant que la mesure servirait "à sécuriser la Tunisie et à diffuser (...) un sentiment de sécurité".
Le Premier ministre Habib Essid a ainsi affirmé que l'état d'urgence "nous permet de mieux maîtriser (la situation) et de soutenir l'armée nationale sur le terrain afin d'avoir plus de chances d'éradiquer le terrorisme".
"L'objectif de l'état d'urgence est de se donner tous les moyens pour protéger les institutions et les acquis de la Tunisie", et non de "restreindre les libertés, au contraire", a-t-il dit.
Plusieurs ONG, dont HRW et Amnesty International, ont en outre appelé vendredi le Parlement tunisien à limiter "le risque d'abus" dans le cadre de la nouvelle loi antiterroriste, qui constitue selon elles une menace pour les droits humains. La loi prévoit notamment une prolongation à 15 jours du délai de garde à vue pendant lequel le suspect ne peut pas consulter un avocat.
Depuis sa révolution il y a quatre ans, la Tunisie fait face à une progression de la mouvance jihadiste, déjà responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires.
"Le président de la République a décidé de prolonger l'état d'urgence sur tout le territoire de deux mois à partir du 3 août 2015", a indiqué la présidence dans un bref communiqué.
Cette décision a été prise non pas en raison de menaces précises mais "parce que les causes (qui ont conduit à l'instauration de l'état d'urgence) sont toujours là", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui. "On est en guerre contre le terrorisme".
L'Union européenne a de son côté annoncé dans un communiqué avoir adopté le premier volet de son programme d'aide annuel pour la Tunisie, d'un montant total de 116,8 millions d'euros, pour "renforcer le secteur de la sécurité et soutenir le développement socio-économique et régional".
Le 4 juillet, huit jours après l'attaque jihadiste la plus sanglante de l'histoire de la Tunisie, le président Béji Caïd Essebsi avait proclamé l'état d'urgence pour 30 jours. Le chef de l'Etat avait expliqué sa décision par les "dangers qui menacent le pays" et par "la persistance de menaces qui font que le pays est (face à une) guerre d'un genre spécial".
Trente-huit touristes, dont 30 Britanniques, ont été tués le 26 juin lorsqu'un étudiant tunisien armé d'une Kalachnikov a ouvert le feu dans un hôtel de Port El Kantaoui (centre-est). L'attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), tout comme celui qui avait visé des touristes au musée du Bardo à Tunis le 18 mars.
L'état d'urgence accorde des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre. Il permet notamment aux autorités d'interdire les grèves et les réunions "de nature à provoquer ou entretenir le désordre", de fermer provisoirement "salles de spectacle et débits de boissons" ainsi que de "prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature".
Les Tunisiens ont déjà vécu plus de trois ans sous état d'urgence, du 14 janvier 2011, quelques heures avant la fuite du dictateur Zine El Abidine Ben Ali dans la foulée du soulèvement qui a lancé le "Printemps arabe", à mars 2014.
L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé les autorités tunisiennes à "s'abstenir de recourir à ces pouvoirs d'urgence d'une manière qui outrepasse ce que le droit international et la Constitution tunisienne autorisent".
"L'imposition de l'état d'urgence ne donne pas au gouvernement tunisien le droit de supprimer les droits humains et les libertés fondamentales", avait dit l'ONG.
Les autorités se sont de leur côté voulues rassurantes, affirmant que la mesure servirait "à sécuriser la Tunisie et à diffuser (...) un sentiment de sécurité".
Le Premier ministre Habib Essid a ainsi affirmé que l'état d'urgence "nous permet de mieux maîtriser (la situation) et de soutenir l'armée nationale sur le terrain afin d'avoir plus de chances d'éradiquer le terrorisme".
"L'objectif de l'état d'urgence est de se donner tous les moyens pour protéger les institutions et les acquis de la Tunisie", et non de "restreindre les libertés, au contraire", a-t-il dit.
Plusieurs ONG, dont HRW et Amnesty International, ont en outre appelé vendredi le Parlement tunisien à limiter "le risque d'abus" dans le cadre de la nouvelle loi antiterroriste, qui constitue selon elles une menace pour les droits humains. La loi prévoit notamment une prolongation à 15 jours du délai de garde à vue pendant lequel le suspect ne peut pas consulter un avocat.
Depuis sa révolution il y a quatre ans, la Tunisie fait face à une progression de la mouvance jihadiste, déjà responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires.
Israël/Palestine : Un Palestinien tué par des tirs israéliens
Des soldats israéliens ont tué vendredi un jeune Palestinien près de la
barrière installée à la frontière entre la bande de Gaza et Israël,
a-t-on appris de sources médicales palestiniennes.
Selon une porte-parole de l'armée israélienne, plusieurs personnes se sont dirigées vers la barrière à deux endroits différents et n'ont pas tenu compte des appels lancés par les soldats israéliens.
Elle a ajouté que l'un des groupes avait jeté des pierres sur la barrière. D'après la même porte-parole, les soldats ont alors effectué des tirs de sommation dans les airs avant de viser "les membres inférieurs des suspects".
Un adolescent de 17 ans, Mohammed al Masri, a succombé à ses blessures, selon des responsables de l'hôpital de Gaza.
Le long de la frontière entre Israël et l'enclave palestinienne, les autorités israéliennes imposent une bande de 300 mètres de large dans laquelle il est en théorie interdit de circuler.
Cet épisode intervient dans un climat de tension à la suite de la mort en Cisjordanie occupée d'un enfant palestinien dans un incendie allumé par des extrémistes juifs présumés.
(31-07-2015)
Selon une porte-parole de l'armée israélienne, plusieurs personnes se sont dirigées vers la barrière à deux endroits différents et n'ont pas tenu compte des appels lancés par les soldats israéliens.
Elle a ajouté que l'un des groupes avait jeté des pierres sur la barrière. D'après la même porte-parole, les soldats ont alors effectué des tirs de sommation dans les airs avant de viser "les membres inférieurs des suspects".
Un adolescent de 17 ans, Mohammed al Masri, a succombé à ses blessures, selon des responsables de l'hôpital de Gaza.
Le long de la frontière entre Israël et l'enclave palestinienne, les autorités israéliennes imposent une bande de 300 mètres de large dans laquelle il est en théorie interdit de circuler.
Cet épisode intervient dans un climat de tension à la suite de la mort en Cisjordanie occupée d'un enfant palestinien dans un incendie allumé par des extrémistes juifs présumés.
(31-07-2015)
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