mercredi 5 juin 2013

Irak : "conséquences" pour Israël s’il utilise son ciel pour frapper l’Iran

L’Irak a prévenu Israël qu’il devrait faire face à des "conséquences" s’il utilisait l’espace aérien irakien pour frapper l’Iran, a annoncé un haut responsable gouvernemental à l’AFP.
"Les Etats-Unis nous ont assuré qu’ils ne violeraient jamais l’espace aérien irakien ou la souveraineté irakienne en utilisant notre espace aérien pour attaquer l’un de nos voisins", a déclaré le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani lors d’un entretien accordé à l’AFP.
"Nous avons également prévenu Israël que s’il violait l’espace aérien irakien, il devra en supporter les conséquences", a-t-il ajouté.
C’est la première fois qu’un haut responsable irakien met en garde publiquement Israël contre l’utilisation de son espace aérien pour mener des frappes préventives sur les installations nucléaires de la République islamique, accusée par les Occidentaux et Israël de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
Hussein Chahristani a ajouté que le sujet avait été abordé au sein du conseil irakien de sécurité nationale et que la mise en garde à Israël avait été transmise "à travers des pays avec lesquels ils (les Israéliens) entretiennent des relations".
"Bien évidemment", a-t-il poursuivi, "l’Irak ne va pas révéler la réaction qu’il aurait, car cela permettrait à Israël de s’y préparer".
Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire au Proche-Orient, et l’Occident soupçonnent l’Iran de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

(03-06-2013)

Palestine : Karate

Gaza, 02 juin : a Palestinian girl attends a karate class at a Gaza sports club.
(Photograph : Ali Ali)

Palestine : un universitaire chargé de former le gouvernement

Le président de l’Université de Naplouse, en Cisjordanie, Rami Hamdallah, a annoncé dimanche qu’il avait été chargé de former le nouveau gouvernement par le président palestinien Mahmud Abbas.
"Le président Abbas m’a chargé de former un nouveau gouvernement et j’ai accepté", a déclaré à l’AFP M. Hamdallah, président de l’Université Al-Najah à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, après avoir été reçu en début de soirée par M. Abbas au siège de la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah en Cisjordanie.
Cette annonce intervient au dernier jour du délai légal de cinq semaines pour trouver un successeur au Premier ministre Salam Fayyad, qui expédiait les affaires courantes depuis sa démission le 13 avril, à la suite d’un désaccord avec le président Abbas sur la démission en mars du ministre des Finances Nabil Qassis.
Mais le conflit entre M. Abbas et M. Fayyad, un économiste indépendant très apprécié par la communauté internationale, remontait à septembre, quand la politique budgétaire du Premier ministre a commencé à être contestée, pour s’aggraver avec des manifestations réclamant son départ, soutenues en particulier par des dirigeants du Fatah, le mouvement de M. Abbas, selon des sources politiques.
"Le gouvernement sera formé dans les prochains jours. La plupart des ministres du gouvernement sortant resteront et je ferai venir un nouveau ministre des Finances", a ajouté M. Hamdallah, également secrétaire général de la Commission électorale centrale (CEC)et président du directoire de la Bourse palestinienne, basée à Naplouse.
Rami Hamdallah, membre du Fatah, est docteur en linguistique appliquée de l’Université britannique de Lancaster.
Le Fatah et le Hamas, qui gouvernent respectivement les zones autonomes de Cisjordanie et la bande de Gaza, avaient salué la démission de M. Fayyad comme une occasion d’appliquer leurs accords de réconciliation du Caire (avril/mai 2011) et de Doha (février 2012), mais ces espoirs ont fait long feu.
Ces accords prévoient que les gouvernements rivaux de M. Fayyad et du Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, cèdent la place à un exécutif transitoire non partisan chargé d’organiser des élections. Mais les principales clauses en sont restées lettre morte et les échéances ont été constamment repoussées.
Lors d’une nouvelle réunion au Caire le 14 mai, Fatah et Hamas se sont donné trois mois pour former un gouvernement d’union nationale et convoquer des élections simultanées.

(02-06-2013)

dimanche 2 juin 2013

Egypte : le Sénat continuera de légiférer en attendant de nouvelles élections

Le Sénat égyptien, invalidé dimanche par la plus haute cour du pays, continuera de légiférer jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée, a affirmé la présidence égyptienne.
"Le Conseil consultatif (Sénat, ndlr) continue d’exercer son rôle législatif entier (...) jusqu’au transfert du pouvoir législatif à une nouvelle Assemblée", a-t-elle dit dans un communiqué.
La présidence a également affirmé que la Constitution controversée, rédigée par une commission également invalidée par la Haute cour constitutionnelle, restait valable.
"Protéger et respecter (...) la Constitution sur laquelle le peuple a été consulté et qui a été approuvée par la majorité (...) est le devoir de tous les pouvoirs de l’Etat", a-t-elle affirmé.
La Haute cour constitutionnelle a jugé dimanche non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante.

Israël, la ségrégation au quotidien ? (Danièle Kriegel)

(Petits garçons palestiniens d’un côté du mur, fillettes juives de l’autre. © MENAHEM KAHANA)

Pour la fin de l’année scolaire, Khaled Shakra, un enseignant du collège Ajial à Jaffa, voulait respecter la tradition et organiser une journée de détente pour ses vingt-cinq élèves, loin de la routine des devoirs ou des examens. Pour cet avant-goût des vacances, il avait choisi Superland, un parc situé à Rishon LeZion, une grande ville du centre du pays.

Ce mardi matin, il téléphone donc pour réserver. "Pas de problème", affirme son interlocuteur, qui lui propose trois dates au choix, les 17, 18 et 19 juin. Après s’être mis d’accord sur le 18, le prof répond à des questions pour établir la fiche de réservation, et notamment le nom et l’adresse de son école. À l’autre bout du fil, le représentant de Superland comprend qu’il s’agit d’un établissement arabe israélien. Il met alors Khaled Shakra en attente, lequel, après un court laps de temps, se voit signifier, par un autre interlocuteur, que malheureusement il y a eu une erreur et que tout est complet durant les trois dates proposées. Quelques minutes plus tard, l’enseignant rappelle, en donnant cette fois un nom à consonance juive, Eyal, tout en affirmant qu’il veut réserver pour une organisation juive. Il se voit proposer les mêmes trois jours...

L’affaire aurait pu s’arrêter là. C’était compter sans la colère de Khaled Shakra. Le lendemain, il raconte l’affaire sur sa page Facebook et conclut sur ces mots : "La paix entre deux peuples, entre deux mouvements nationaux et la capacité à panser les plaies laissées dans les deux camps par des années de guerres, c’est ce que désire, au plus profond de lui-même, chaque Arabe. Mes chers élèves, d’avance toutes mes excuses. Je ne sais pas comment vous allez réagir, mais j’ai vraiment essayé. Durant toute cette année, j’ai tout fait pour vous instiller certaines valeurs et notamment l’acceptation de l’autre. Pourtant, la réalité d’ici nous emmène ailleurs !"

Relayé par des milliers d’amis, le post se retrouve au coeur de l’actualité médiatique. Radios et télévisions interviewent le directeur de l’école, qui parle "de ségrégation raciste inacceptable", alors que, dit-il, "l’établissement qu’il dirige se fait un devoir d’inclure des élèves de toutes origines et des enseignants aussi bien musulmans que juifs, chrétiens et druzes". Interrogée, la direction de Superland aura cette réponse laconique : "Nous ouvrons nos portes durant l’année à tous les secteurs de la population israélienne. Tout le monde peut acheter des tickets, sur place ou directement sur Internet. Mais en juin nous organisons pour la fin de l’année scolaire des événements privés. Et il y a des réservations d’écoles juives pour certains jours. Et des réservations d’écoles arabes pour d’autres jours..." Au journal Haaretz, Superland expliquera le pourquoi de cette séparation : "Éviter les violences et les tensions entre élèves de différents secteurs. C’est un parc d’amusement et il est très important de préserver l’ordre et d’empêcher toutes violences. C’est pourquoi nous avons décidé de dates séparées pour les différents secteurs..."

Depuis, les responsables du parc ont annoncé qu’ils allaient reconsidérer cette procédure. Il faut dire que la tempête est devenue politique. Plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau pour condamner cette ségrégation, jusqu’au Premier ministre, Benyamin Netanyahou, qui a déclaré rejeter "avec dégoût ces phénomènes" et promis "d’utiliser tous les moyens juridiques appropriés pour y mettre fin". Tzipi Livni, la ministre de la Justice, a demandé au conseiller juridique du gouvernement de déterminer s’il ne s’agissait pas d’une infraction à la loi anti-discrimination. Et des députés se sont adressés au ministre de l’Éducation pour qu’il donne l’ordre à tous les établissements scolaires du pays de boycotter le parc en question.
Certains journaux rappellent qu’il y a quelques mois la ville de Rishon LeZion avait été au coeur d’un scandale de la même nature. Cette fois, il s’agissait d’un restaurant connu. Un couple arabe avait enregistré sa conversation avec les employées alors qu’il téléphonait pour réserver une table. En donnant toute sorte d’excuses, on leur avait expliqué que tout était complet. Quelques minutes après, le couple avait rappelé en donnant un nom juif et il n’y avait eu aucun problème de place.

Mais Rishon LeZion n’est pas la seule à être mise à l’index. Quarante-huit heures après l’affaire du parc d’attractions, c’est au tour d’une piscine privée du sud du pays de faire les gros titres. Contactée par un médecin qui s’occupe d’enfants bédouins atteints du cancer qui voulait leur offrir un moment de détente, la direction a refusé en expliquant qu’elle ne permettait pas l’entrée du lieu à ce secteur de la population. En clair, aux Arabes. C’est donc l’université de Beer-Sheva qui va accueillir gratuitement dans sa piscine, les enfants malades.

Plus largement, en mars, le ministère israélien des Transports avait annoncé la création de nouvelles lignes exclusivement réservées aux travailleurs palestiniens qui se rendent en Israël. Reste que la réaction de Beer-Sheva, une des grandes institutions universitaires du pays, tout comme les nombreuses condamnations de la "politique" de Superland, nourrit l’espoir que de nombreux Israéliens refusent les ténèbres de la ségrégation raciale.

(02-06-2013 - Danièle Kriegel )

Egypt : Sénat invalidé

La Haute cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante, selon l’agence officielle Mena. La justice égyptienne a invalidé dimanche le Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif en l’absence d’Assemblée, ainsi que la commission qui a rédigé une Constitution controversée adoptée en décembre.

Egypte : Au Caire, un taxi sur le Nil pour fuir une circulation infernale

Les habitants du Caire sont tous d’accord sur un point : dans leur ville, la circulation est un cauchemar. Aussi, pour échapper aux bouchons et à la pollution, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le Nil.
Loin des klaxons et des boulevards asphyxiés par la pollution, de tout nouveaux bateaux-taxis font remonter le fleuve à leurs passagers dans le calme, et à une vitesse record.
"J’arrive au travail décontracté, pas stressé, pas nerveux", se réjouit Ahmed Amin, qui passait presque quatre heures par jour dans les transports avant de découvrir "Nile Taxi".
Pendant les vingt minutes que dure le trajet de Maadi, dans la banlieue sud, à Ramlet Boulaq, au nord, le taxi fluvial passe devant des tours de bureaux et des villas de style Renaissance, assez rapidement pour que le regard ne s’attarde pas sur les déchets flottant dans l’eau ou les baraques délabrées parsemant les rives.
Pour 30 livres (3,3 euros) l’aller simple, le service est bien au-dessus des moyens de la grande majorité des Egyptiens, dont 25% vivent dans la pauvreté selon des chiffres officiels.
Mais c’est un soulagement pour ceux qui prennent des taxis classiques tous les jours pour presque la même somme, ou qui en ont assez d’être coincés avec leur voiture dans la circulation dantesque de la mégalopole de près de 20 millions d’habitants.
M. Amin, qui travaille pour une organisation internationale basée au Caire, affirme que le bateau a raccourci son temps de trajet d’environ 30%, "sans compter l’impact que ça a sur mon humeur".
"Ma performance au travail est meilleure que lorsque je conduisais", affirme-t-il.
A quelques pas de l’un des arrêts du Nile Taxi, par une chaleur étouffante, la circulation est tellement paralysée que les motos sont montées sur les trottoirs et les chauffeurs de taxi ont arrêté leur moteur.
"Qu’ils prennent les bateaux. Franchement, je serais content d’avoir moins de clients si les rues étaient moins encombrées", dit l’un d’eux, Sayyed Ali.
Magdi Kirollos Ghali et Amr Aboul Seoud, les créateurs de Nile Taxi, voient dans le fleuve une chance de faire des affaires, de répondre au besoin de mobilité des Cairotes et d’alléger un peu la circulation automobile de l’une des villes les plus polluées du monde.
"Nous avons une très grande autoroute qui n’a pas été utilisée depuis des années et des années", dit M. Ghali à l’AFP.
Le Nil, qui prend sa source en Ethiopie et en Ouganda pour se jeter dans la Méditerranée, est l’artère vitale de l’Egypte. Le fleuve est utilisé pour la pêche, le tourisme et même le sport, mais son potentiel pour le transport de passagers en ville n’a pas encore été vraiment exploité, selon M. Ghali.
L’idée du Nile Taxi est née il y a environ six ans lorsque les deux hommes ont établi un projet de système global de transport sur le fleuve.
Leur vision revisitait le concept du Nile Bus, un système gouvernemental datant des années 1960, bon marché mais lent, pas toujours fiable et opéré par des bateaux inconfortables et bruyants.
M. Ghali, qui travaille dans le transport maritime depuis 2001, et son partenaire ont voyagé à travers le monde pour acquérir le savoir-faire afin de monter leur affaire.
Ils étaient sur le point de commencer à concevoir des bateaux fonctionnant à l’énergie solaire lorsque la révolte de 2011, qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, a éclaté, les obligeant à tout suspendre.
Le soulèvement a été suivi par une recrudescence de l’insécurité et par une instabilité politique.
"Nous ne savions pas qui appeler ou quoi faire", dit M. Ghali.
Récemment, les choses restant "trop insupportables" sur la route, ils ont décidé d’aller de l’avant tout en modifiant leur plan d’origine, utilisant trois petites vedettes à moteur qu’ils possédaient déjà.
"Le trajet du bateau évite la partie la plus encombrée du Caire, qui est le centre-ville. Si ça marche, ça pourrait vraiment alléger la circulation", dit Cherif Youssef, un passager.
D’ici juillet, la compagnie prévoit de lancer d’autres bateaux à basse consommation pouvant transporter 15 personnes chacun. L’objectif est d’avoir 30 bateaux dans deux ans, pour transporter 15.000 passagers par jour.
"Selon nos études, cela soulagerait le centre du Caire de 3% des véhicules", dit M. Ghali. "Ca n’a peut-être l’air de rien, mais pensez à combien de voitures cela ferait en moins".

(02-06-2013 Assawra)