vendredi 3 février 2017

Liban : Le président pour des zones réservées aux réfugiés

Le président libanais, Michel Aoun (à droite) - ici vu en réunion avec le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi - a estimé vendredi que les grandes puissances devaient travailler avec le gouvernement de Damas pour créer des zones sécurisées en Syrie afin de permettre aux réfugiés de rentrer dans leur pays. (Reuters)

Le président libanais, Michel Aoun, a invité vendredi les grandes puissances à oeuvrer avec le gouvernement de Damas à la création de zones sécurisées en Syrie afin de permettre aux réfugiés de rentrer dans leur pays.
Son appel a suscité une réaction dubitative des Nations unies.
C'est la première fois que le gouvernement de Beyrouth apporte son soutien à un tel projet qui a été réclamé par le nouveau président américain, Donald Trump, et approuvé par les pays qui soutiennent l'insurrection, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar.
La Turquie a dit qu'elle attendrait de voir ce que ferait Donald Trump de ses promesses.
Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, au moins un million de personnes ont fui au Liban, pays dont la population n'atteint pas les six millions d'habitants.
C'est à la communauté internationale de rendre possible un retour des réfugiés en Syrie en toute sécurité, a déclaré le président Aoun lors d'une réunion avec le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.
Il est" important de parvenir à une solution politique", a ajouté Michel Aoun, allié du Hezbollah qui a envoyé des hommes combattre en Syrie pour soutenir les forces de Bashar al Assad.
Donald Trump devrait confier la mise en oeuvre des zones sécurisées en Syrie au Pentagone et au département d'Etat, selon un document sur les projets du président américain, dont Reuters a pu prendre connaissance.
Ce qui accroîtra encore l'intervention des Etats-Unis, qui sont déjà à la tête de la coalition internationale en lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.
Le gouvernement syrien a prévenu que toute initiative en ce sens prise sans son aval serait "dangereuse" et violerait la souveraineté syrienne.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime de son côté qu'un tel projet n'est pas réalisable sur le sol syrien, notamment pour des raisons de sécurité, et qu'il vaut mieux travailler à conclure la paix.
"Franchement, je ne vois pas les conditions (réunies) en Syrie", a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, lors d'une conférence de presse à Beyrouth.
"Avec la fragmentation, le nombre d'acteurs, la présence de groupes terroristes, ce n'est pas le bon endroit pour penser à cette solution", a-t-il ajouté.
"Ne perdons pas de temps à planifier des zones sécurisées qui ne seront pas créées parce qu'elles ne seront pas assez sûres pour que les gens rentrent", a déclaré Filippo Grandi. "Attachons-nous à faire la paix, de sorte que tout devienne sûr. C'est cela l'investissement qu'il faudrait faire."

(03-02-2017)

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