vendredi 17 février 2017

Israël/Palestine : Trump enchante Israël, alarme Ramallah et trouble tout le monde

Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l'issue d'une conférence de presse conjointe, le 15 février 2017 à la Maison Blanche, à Washington (Afp)

En prenant ses distances avec la solution à deux Etats pour régler l'un des plus vieux conflits du globe, Donald Trump ravit la droite israélienne et alarme les Palestiniens, bien que personne ne distingue les desseins du président américain.
C'est "la fin d'une idée dangereuse et erronée: celle de la création d'un Etat terroriste palestinien au coeur de la terre d'Israël", a claironné le ministre israélien des Sciences Ofir Akunis, réitérant la revendication juive sur la Cisjordanie au nom de la Bible. Pour sa collègue de la Culture Miri Regev, il s'agit d'"une nouvelle ère diplomatique" et de la "fin du gel" de la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés.
En recevant mercredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Trump s'est éloigné de la position tenue depuis des années par ses précédesseurs vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.
Il a indiqué que les Etats-Unis ne s'accrochaient plus à la solution dite à deux Etats, à savoir la création d'un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël, qui est aussi la référence d'une grande partie de la communauté internationale.
L'apparente rupture de la part d'un homme qui s'était signalé pendant sa campagne par ses déclarations très pro-israéliennes inquiète les Palestiniens.
"La fin de la solution à deux Etats signifie un seul Etat, même raciste", a réagi l'éditorial du quotidien al-Quds. "Après plus de vingt années passées à négocier et après avoir accepté de ne conserver que 22% de la Palestine historique, la grande question est: que devons-nous faire?".
Il a indiqué que les Etats-Unis ne s'accrochaient plus à la solution dite à deux Etats, à savoir la création d'un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël, qui est aussi la référence d'une grande partie de la communauté internationale.
"Je regarde deux Etats et un Etat, et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu'ils préfèrent", a dit M. Trump.
L'apparente rupture de la part d'un homme qui s'était signalé pendant sa campagne par ses déclarations très pro-israéliennes inquiète les Palestiniens.
"La fin de la solution à deux Etats signifie un seul Etat, même raciste", a réagi l'éditorial du quotidien al-Quds. "Après plus de vingt années passées à négocier et après avoir accepté de ne conserver que 22% de la Palestine historique, la grande question est: que devons-nous faire?".
Les dirigeants palestiniens favorables à la négociation avec Israël ne cessent de répéter que faute d'Etat palestinien, la seule possibilité est celle d'un Etat élargi à la Cisjordanie, déjà occupée par Israël, et à Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme future capitale, mais qu'Israël a annexée. Les juifs y auraient plus de droits que les Palestiniens, ce qui reviendrait à un régime d'apartheid, disent-ils.
Après la rencontre Trump-Netanyahu, la présidence palestinienne a choisi le ton de la réserve. Elle a répété dans un communiqué son "attachement à la solution à deux Etats" et s'est dite "prête à interagir de manière positive avec l’administration Trump pour construire la paix".
"Ce que nous retenons, c'est que Trump dit qu'il veut la paix", a déclaré à l'AFP Hossam Zomlot, conseiller du président Mahmoud Abbas, s'en prenant à Israël mais pas à M. Trump.
Mais Jihad Harb, politologue palestinien, souligne les difficultés de la direction palestinienne à établir des canaux de communication avec l'administration Trump. Affaiblie, divisée, elle n'a d'autre horizon qu'une confrontation diplomatique avec Israël, que les Etats-Unis pourraient lui faire payer cher, ou un soulèvement populaire aux conséquences imprévisibles, dit-il. "Elle a peur d'entrer à ce stade dans un bras de fer qui pourrait être contre-productif", selon l'expert.
"Chaleureuse et excellente rencontre avec le président Donald Trump. Une journée réussie pour l'Etat d'Israël", a tweeté pour sa part M. Netanyahu.
Même l'appel à la retenue de M. Trump sur la colonisation n'a pas altéré la satisfaction de celui dont le pays a annoncé ces dernières semaines plus de 6.000 logements de colonisation, avant d'être réfréné par la Maison Blanche.
M. Netanyahu, soumis à la pression de sa droite, a indiqué à des journalistes israéliens avoir accepté au cours de ses entretiens avec M. Trump de rechercher un accord avec l'administration américaine sur la construction dans les colonies, a rapporté la presse. "Cela vaut la peine de faire l'effort", a-t-il dit selon la presse, en excluant de revenir sur les récentes annonces de colonisation.
M. Netanyahu et la droite seraient bien avisés de ne pas s'emballer, tempéraient des commentateurs. D'abord à cause des exhortations de M. Trump sur les colonies. Ensuite en raison de l'absence de clarté américaine.
"L'administration Trump n'est toujours pas capable d'élaborer de véritables politiques, et il est prématuré de faire des suppositions", a estimé Shmuel Rosner, expert à l'Institut de politique du peuple juif. "Je ne crois pas que le président Trump ait présenté hier une vision réaliste de la paix au Proche-Orient".
(16-02-2017)

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