Le président yéménite Abd Rabbo Mansur Hadi a limogé le ministre de
l’Intérieur et le chef du service des renseignements politiques après
l’escalade des violences dans le pays, a annoncé l’agence officielle
Saba samedi.
M. Hadi a dénoncé en février les lacunes des services de sécurité dans
son pays, où le réseau Al-Qaïda a profité de l’affaiblissement du
pouvoir central en 2011 pour y renforcer son emprise multipliant les
attaques contre les forces de l’ordre.
Le président a nommé Abdo Tareb pour remplacer Abdelqader Qahtan à
l’Intérieur et le général Jalal al-Rwechane à la place de Ghaleb
al-Qamech à la tête du renseignement politique, a précisé Saba.
Il a dans le même temps nommé Khaled Bahhah pour remplacer le ministre
démissionnaire du Pétrole Ahmed Abdallah Dares, selon la même source.
Selon des sources politiques, les changements à l’Intérieur et à la tête
du renseignement politique ont été décidés après la gronde populaire
contre l’insécurité grandissante dans le pays.
Outre les attaques ou les assassinats quasi-quotidiens de membres des
forces de sécurité, des attentats spectaculaires ont été menés selon le
mode opératoire d’Al-Qaïda dont la branche basée au Yémen, Al-Qaïda dans
la péninsule arabique (AQPA), est considérée par les Etats-Unis comme
l’émanation la plus dangereuse du réseau extrémiste.
En février, un assaut contre la prison centrale de Sanaa a permis
l’évasion de 29 prisonniers, dont 19 membres présumés d’Al-Qaïda, et
coûté la vie à 11 membres des services de sécurité.
"Les actions terroristes n’auraient pas pu atteindre un tel niveau si
les performances des services de sécurité avaient le niveau requis",
avait alors déploré M. Hadi, élu en février 2012 président pour une
période intérimaire, en vertu d’un accord sur une transition politique.
En dépit de plusieurs campagnes menées par l’armée, Al-Qaïda reste actif
dans le sud et le sud-est du Yémen et avait même mené un assaut
spectaculaire contre le ministère de la Défense à Sanaa en décembre (56
morts).
De nombreuses attaques visent en outre régulièrement les installations pétrolières du pays, le plus pauvre du monde arabe.
De plus, le Yémen est touché par un violent mouvement séparatiste dans
le Sud, qui rejette un projet de fédération pour le pays et milite pour
une sécession du Sud, un Etat indépendant jusqu’en 1990.
Et dans le Nord, les rebelles chiites des Houthis cherchent à asseoir
leur autorité et des combats réguliers y ont lieu avec l’armée et des
combattants islamistes.
Dans ce contexte d’escalade, des analystes ont mis en garde contre une
pénétration du réseau extrémiste dans l’armée et les services de
sécurité.
L’appareil sécuritaire semble aussi fragilisé par des divisions,
certains officiers étant restés loyaux à l’ex-président Ali Abdallah
Saleh chassé du pouvoir après plus d’un an de contestation.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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