Les religieuses enlevées par des jihadistes début décembre à Maaloula
ont été libérées dans la nuit en échange de quelque 150 prisonnières
détenues par le régime syrien, grâce à une médiation libano-qatarie.
Les 13 religieuses et leurs trois auxiliaires avaient été enlevées le 3
décembre dans leur couvent de Maaloula, localité chrétienne au nord de
Damas. Elles étaient depuis détenues à Yabroud, bastion rebelle près de
la frontière libanaise, par le Front Al-Nosra, la branche syrienne
d’Al-Qaïda.
Elles sont arrivées dans un état d’extrême fatigue à Jdaidet Yabus,
poste-frontière syrien situé sur la frontière avec le Liban, après un
éprouvant voyage de neuf heures qui les a conduites de Yabroud au Liban,
puis de nouveau jusqu’en Syrie, selon un journaliste de l’AFP présent à
Jdaidet Yabus.
Assise sous un grand portrait de Assad, l’une des religieuses a
assuré qu’elle et ses compagnes avaient été "bien" traitées pendant leur
captivité.
Le Front Al-Nosra "nous donnait tout ce qu’on demandait" et "personne ne
nous a importunées", a-t-elle déclaré, démentant des rumeurs selon
lesquelles les ravisseurs auraient obligé les religieuses à ôter leurs
croix.
La libération de ces 16 femmes a été obtenue en échange de la remise en
liberté de 150 prisonnières détenues par le régime syrien, selon
l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
"Une femme et ses quatre enfants qui étaient emprisonnés ont été libérés
les premiers et ont atteint Yabroud", a expliqué à l’AFP le directeur
de l’OSDH Rami Abdel Rahman, tandis que 149 autres détenues libérées
ont été remises à l’Agence générale de sûreté libanaise.
Le chef de la Sûreté générale et médiateur-clef de cet échange, Abbas
Ibrahim, a confirmé que l’accord pour la libération des religieuses
"impliquait la remise en liberté de plus de 150 personnes en échange",
selon l’agence nationale de presse libanaise.
Des dizaines de milliers de prisonniers sont détenus dans les geôles du
régime de Damas, où la torture et les mauvais traitements sont
systématiques, selon les groupes de défense des droits.
Les efforts de M. Ibrahim pour obtenir la libération des religieuses ont
été secondés par le chef des renseignements du Qatar Ghanem
al-Kubeissi, arrivé samedi au Liban et dont le pays est l’un des
principaux soutiens de la rébellion en Syrie.
Les deux hommes avaient déjà joué un rôle important dans la libération
de pèlerins chiites libanais enlevés par les rebelles dans le nord de la
Syrie en 2013.
Enlevées à Maaloula, une ville connue pour ses nombreuses églises et ses
refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme,
les religieuses ont été détenues principalement à Yabroud, à une
vingtaine de kilomètres plus au nord.
Ce bastion rebelle frontalier du Liban est depuis plusieurs semaines la
cible d’une offensive majeure de l’armée syrienne, appuyée par des
combattants du Hezbollah.
Sur un autre front légèrement plus au nord, l’armée a annoncé dimanche
s’être emparée, après un mois de combats, de la localité de Zara, proche
du célèbre château croisé du Krak des Chevaliers, dans la région de
Homs.
L’OSDH a confirmé cette prise, évoquant des combats ayant fait "des
dizaines" de morts parmi les soldats comme parmi les rebelles.
Mais le conflit, qui a fait en près de 3 ans plus de 140.000 morts selon
l’OSDH et des millions de déracinés, frappe aussi durement les civils,
d’autant que, selon un rapport publié lundi par Amnesty International,
le régime utilise désormais la faim comme "arme de guerre".
Le rapport évoque surtout le siège du camp palestinien de Yarmouk, dans
le sud de Damas, où selon Amnesty près de 200 personnes sont mortes de
privations, dont 128 de faim.
Et le siège de Yarmouk n’est que "le plus meurtrier d’une série de
blocus armés dans d’autres zones civiles, imposés par les forces armées
syriennes ou des groupes armés d’opposition à 250 000 personnes à
travers le pays", a ajouté l’organisation.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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