dimanche 7 septembre 2014

Yemen: les rebelles chiites dispersés au gaz lacrymogène sur la route de l'aéroport

La police yéménite a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour déloger dimanche les partisans de la rébellion chiite qui bloquaient la principale route d'accès à l'aéroport de Sanaa, signe d'une crise toujours aigüe.
Dimanche, au premier jour de la rentrée scolaire au Yémen, les sympathisants des rebelles ont aussi planté des tentes près de certains ministères, comme ceux de l'Intérieur et de l'Electricité et des Télécommunications, situés non loin de la route de l'aéroport et aux abords desquels des policiers anti-émeutes étaient déployés, selon un correspondant de l'AFP.
Les manifestants, qui avaient disposé des blocs de ciment sur la route de l'aéroport international de la capitale yéménite, toutefois toujours accessible par des axes routiers secondaires, portaient des bandeaux jaunes sur le front et aux poignets en signe, selon eux, "d'avertissement" aux autorités.
Ils affichaient également des pancartes à l'effigie du chef de la rébellion chiite yéménite Abdel Malek al-Houthi ainsi que des leaders de la région, comme le président syrien Bashar al-Assad et le chef du Hezbollah au Liban, Hassan Nasrallah.
Les rebelles d'Ansaruallah campent autour de la capitale depuis plusieurs semaines pour faire pression sur un gouvernement qu'ils accusent de corruption.
Ils ont jugé insuffisantes les récentes concessions du président Abd Rabbo Mansour Hadi sur la nomination d'un nouveau Premier ministre et la baisse de 30% d'une récente augmentation des prix du carburant.
Selon une source proche du président Hadi, les rebelles ont présenté une série de demandes réclamant "l'éradication de la corruption" ainsi que "les postes de procureur général et ceux des chefs de l'organisme de lutte contre la corruption, du service de sécurité nationale et des Renseignements".
Ils exigent aussi d'être "consultés pour le choix du prochain Premier ministre et les nominations à la tête des ministères clés", selon la même source.
Armés ou sans armes, ils sillonnent la capitale et manifestent quasi quotidiennement, renforçant les craintes d'un basculement du pays dans un conflit ouvert. Ils devaient se rassembler de nouveau lundi à Sanaa, où la tension était palpable au point que des parents n'ont pas envoyé leurs enfants à l'école.
Des centaines de milliers de partisans du président Hadi avaient de leur côté manifesté vendredi face à ces rebelles chiites, faisant craindre que la situation puisse dégénérer à tout moment.
Au nord-est de Sanaa, des affrontements opposant les rebelles à des tribus loyalistes se poursuivaient dimanche, selon des sources tribales, qui ont évoqué de nouvelles victimes alors qu'au moins 34 personnes ont péri dans ces combats depuis jeudi.
Les rebelles sont soupçonnés de vouloir élargir leur zone d'influence dans le futur État fédéral qui doit compter six provinces. Dans le nord du pays, les chiites sont majoritaires alors qu'à l'échelle nationale, les sunnites sont prédominants.
Le Yémen, qui fait face à Al-Qaïda dans le sud du pays, est englué dans une crise politique depuis le départ en février 2012 de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, après onze mois de contestation.

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