Au moins 16 civils ont été tués samedi dans des bombardements à Alep,
dans le nord de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de
l’Homme (OSDH), alors que des habitants ont affirmé à l’AFP avoir retiré
des "enfants déchiquetés".
A Maadi, secteur rebelle du nord-est d’Alep, "au moins 13 civils dont
un enfant ont péri et 17 ont été blessés lorsque l’armée de l’air a
largué un baril d’explosif sur un immeuble", selon l’OSDH.
Et dans les secteurs sous contrôle du régime dans la deuxième ville
de Syrie, au moins trois enfants ont été tués et une dizaine de
personnes ont été blessées par des roquettes lancées par les rebelles,
selon la même source.
Le bilan du raid à Maadi pourrait s’alourdir en raison du nombre de
blessés graves, selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de
sources civiles, médicales et militaire à travers la Syrie.
Le correspondant de l’AFP dans le quartier a vu un bâtiment au toit
totalement effondré, avec d’importants dégâts et de nombreux débris dans
les environs.
Des volontaires de la "défense civile" dans les quartiers rebelles
dégageaient les décombre à la hâte, et à la main. Ils ont retrouvé le
corps d’un homme complètement enseveli, recouvert d’une poussière
blanche, la tête ensanglantée.
D’autres volontaires retiraient des gravats à la pioche, tandis qu’un
corps enveloppé d’une couverture en plastique, vraisemblablement un
enfant, était transporté sur une civière.
Selon les habitants, le raid a eu lieu dans la matinée. "Il y avait
des gens qui dormaient (...) un grand-père est sorti sain et sauf, mais
ses trois fils, tous mariés, et leurs enfants, on ne sait rien d’eux
jusqu’à présent", a affirmé un habitant sous le coup de l’émotion.
"On a retiré quatre enfants déchiquetés après que l’hélicoptère a
largué le baril, que Dieu le maudisse", s’exclame-t-il à propos du
président Bashar al-Assad.
D’après les habitants, le raid a visé une zone où se trouve un souk populaire.
Fin juillet, l’ONG Human Rights Watch avait rapporté que le nombre de
secteurs rebelles frappés par les "barils d’explosifs" à Alep avait
presque doublé en cinq mois.
Ces raids se poursuivent malgré une résolution du Conseil de sécurité
de l’ONU le 22 février appelant en particulier à ce que les armes ne
soient plus utilisées sans discernement dans les zones civiles.
Les "barils d’explosifs" sont des bombes non guidées hautement
explosives, fabriquées localement et à peu de frais, constituées
généralement de gros barils d’huile, de cylindres à gaz ou de réservoirs
d’eau qui ont été vidés de leur contenu.
Remplis de puissants explosifs et de ferraille pour renforcer l’effet
de fragmentation, ils sont largués par hélicoptères, principale arme du
régime contre les rebelles dans la guerre qui les oppose depuis trois
ans.
(10-08-2014)
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