Une cinquantaine de frappes israéliennes ont fait au moins 10 morts
samedi dans la bande de Gaza, où les hostilités se sont poursuivies
tandis que les négociations devaient reprendre dimanche au Caire, selon
un responsable palestinien.
Les appareils israéliens ont frappé samedi une cinquantaine de cibles
dans la bande de Gaza en représailles à plus de 20 tirs de roquettes
palestiniennes, a indiqué l’armée. Depuis samedi minuit (21h00 GMT),
deux roquettes ont été tirées vers Israël, tandis que l’aviation
israélienne a mené 17 raids, a précisé une porte-parole militaire.
Les secours palestiniens ont recensé 10 morts depuis samedi. Deux ont
été tués par une frappe alors qu’ils traversaient le camp de Maghazi à
moto. Trois ont été sortis des décombres de la mosquée al-Qassam à
Nousseirat. Deux autres ont été tués dans l’après-midi à Rafah. Dans la
soirée, une fillette de 13 ans a trouvé la mort à Rafah, tandis qu’un
autre Palestinien était tué à Deir al Balah et qu’une femme de 35 ans
est décédée à la suite d’un tir d’obus de char israélien à Khan Younès.
Au total, au moins 15 Palestiniens ont été tués depuis la rupture de
la trêve. Côté israélien, un civil et un soldat ont été légèrement
blessés vendredi.
Les tirs israéliens ont détruit trois mosquées près de Zeitoun (au
sud de la ville de Gaza), à Jabaliya (nord) et à Nousseirat (centre),
selon les autorités locales. Au moins deux de ces mosquées étaient
considérées comme proches du Hamas, l’organisation islamiste qui
contrôle la bande de Gaza.
Ibrahim Taweel, un riverain, a raconté avoir reçu à 03h00 du matin un
appel de l’armée israélienne lui intimant l’ordre de quitter sa maison.
Cinq minutes plus tard, "un (avion) F-16 a tiré une roquette, puis une
plus grosse roquette a détruit la mosquée".
Israël accuse le Hamas de se servir des mosquées, des écoles ou des hôpitaux pour lancer ses roquettes.
Les armes se sont remises à parler vendredi après exactement un mois
de combats, qui ont fait près de 2.000 morts, en très grande majorité
des civils palestiniens, et après l’échec de négociations indirectes
entre Israéliens et Palestiniens au Caire.
Le Hamas, venu dans la capitale égyptienne avec son allié du Jihad
islamique et avec le Fatah, a accusé Israël de refuser d’accéder à des
exigences fondamentales, comme la levée du blocus imposé depuis 2006 à
la bande de Gaza, et a refusé de prolonger le cessez-le-feu.
Un porte-parole du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a accusé dans la nuit
de samedi à dimanche Israël "ne pas être sérieux" dans les négociations.
"Nous ne mènerons pas longtemps des discussions sans des négociations
sérieuses. Les prochaines 24 heures vont déterminer le sort des
discussions", a affirmé le porte-parole à des journalistes "Nous ne
souhaitons pas une escalade, mais nous n’accepterons pas qu’il n’y ait
pas de réponse à nos exigences", a-t-il poursuivi.
Israël a pour sa part rappelé ses délégués vendredi en assurant qu’il ne discuterait pas "sous les bombes".
Mais selon un membre de la délégation palestinienne samedi soir, une
délégation israélienne est de nouveau attendue au Caire, où les
négociations indirectes pour un cessez-le-feu durable devraient
reprendre dimanche.
Ce négociateur n’a pas écarté la possibilité qu’un nouveau cessez-le-feu provisoire soit annoncé avant ces discussions.
Les Palestiniens se sont entendus avec les Egyptiens sur un transfert
à l’Autorité palestinienne du contrôle au point de passage de Rafah
vers l’Egypte, le seul qui ne soit pas contrôlé par Israël, et ont
accepté le report des discussions sur la construction d’un port, a
indiqué une source proche des discussions.
L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont lancé un appel
conjoint à Israël et au Hamas "à revenir immédiatement à un
cessez-le-feu".
Fort de l’ultra-majoritaire soutien de son opinion à la guerre, le
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait assaut
d’intransigeance dans ses déclarations publiques, refusant de paraître
lâcher quelque chose au Hamas. Il s’est en même temps déclaré prêt à
voir l’Autorité palestinienne, plus modérée, jouer un rôle.
Le Hamas, lui, doit convertir la résistance opposée à l’armée israélienne en gains politiques en faveur de Gazaouis accablés.
"Bordure protectrice", déclenchée le 8 juillet par Israël pour faire
cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels servant à
des incursions sur son territoire, a tué 1.915 Palestiniens, selon les
secours palestiniens. Selon l’Unicef, au moins 447 des tués étaient des
enfants ou des adolescents, dont environ 70% avaient moins de 12 ans.
Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri.
Des heurts ont en outre éclaté en Cisjordanie, à Al Beirah, près de
Ramallah, et à Hébron, après les funérailles de deux Palestiniens tués
vendredi par des soldats israéliens lors de manifestations contre
l’offensive israélienne à Gaza.
Au-delà de la région, des dizaines de milliers de manifestants sont
descendus dans la rue à Londres et au Cap pour condamner les opérations
israéliennes. Dans la capitale britannique, jusqu’à 150 000 personnes
ont défilé au cri de "Libérez la Palestine". Ils étaient plusieurs
milliers à Paris.
En Israël même, l’opposition au conflit reste très marginale. Une
centaine de personnes ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv en
brandissant une banderole proclamant "Arrêtez le massacre et levez le
blocus", selon un journaliste de l’AFP.
(10-08-2014)
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