Les négociations israélo-palestiniennes au Caire ont abouti à une
nouvelle prolongation de la trêve, les deux parties se donnant jusqu’à
mardi minuit pour parvenir à un cessez-le-feu durable à Gaza où plus de
2000 Palestiniens ont été tués depuis le début juillet.
Dans l’enclave côtière, où des dizaines de milliers de maisons ont
été écrasées sous les bombes et où des milliers de familles survivent
désormais dans des conditions très précaires, ce nouveau sursis a été
accueilli avec déception.
Les combats se sont arrêtés le 11 août mais depuis, la bande de Gaza,
déjà étouffée par sept années de blocus israélien, retient son souffle à
chaque nouvelle expiration d’une trêve.
Cette fois-ci, les délégations palestinienne et israélienne, poussées
par le médiateur égyptien, se sont mis d’accord pour prolonger de 24
heures le cessez-le-feu.
Selon un responsable palestinien, elles doivent reprendre à la
mi-journée leurs discussions, les renseignements militaires égyptiens
jouant les émissaires entre les deux camps, qui ne se parlent pas
directement.
Mais la longue attente et la crainte de voir les combats reprendre à
tout moment commençaient à avoir raison de la patience des Gazaouis.
"Les Israéliens sont bien tranquilles. Moi, ma maison a été détruite, je
vis avec mon mari et mes enfants dans une école de l’ONU", s’indignait
Manal Abou Abed, une Gazaouie de 40 ans. "Qu’ils nous tuent tous ou nous
laissent vivre dignement !".
Ahmed Abou Taïma, 37 ans, lui disait ne plus supporter les
allers-retours entre sa maison, en partie détruite, et l’école de l’ONU
qu’il rejoint avec ses six enfants à l’approche de l’expiration de
chaque trêve. Abdallah Hamouda, lui aussi déplacé, avouait "ne pas avoir
dormi de la nuit dans l’attente d’un accord définitif de
cessez-le-feu".
Jusqu’à la dernière minute toutefois, et comme à chaque approche de l’heure fatidique, les deux camps ont manié la menace.
"L’armée est prête à frapper avec force si les tirs reprennent", a
prévenu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le
gouvernement assure avoir déclenché une offensive sur Gaza justement
pour mettre fin aux tirs de roquettes à partir de l’enclave. Aussitôt,
un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, dénonçait des
"menaces sans aucune valeur".
Déclarations belliqueuses, mises en garde et menaces de riposte des
plus énergiques sont régulièrement lancées par les deux camps qui, face à
leurs opinions publiques extrêmement tendues depuis le début le 8
juillet du conflit, ne veulent rien céder de leurs exigences.
Les Palestiniens —représentés au Caire par une délégation comptant
des responsables du Hamas, du Jihad islamique et de l’Organisation de
libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l’Autorité palestinienne—
affirment qu’ils ne signeront aucun accord qui ne prévoirait pas une
levée du blocus de Gaza. Les Israéliens font eux de la démilitarisation
de l’enclave une condition sine qua non à sa reconstruction.
La proposition égyptienne de cessez-le-feu, dont l’AFP a pu consulter
une copie, propose un accord sur les points de discussion les moins
sensibles. Ainsi, la zone de pêche des Gazaouis serait élargie de trois à
12 miles nautiques, les points de passage seraient rouverts pour
permettre le passage de personnes et de biens, les zones tampons à
l’intérieur du territoire disparaîtraient et Israël aiderait à l’aide
humanitaire et aux réparations.
La clé de cet accord repose sur un point : la gestion de la sécurité
et des futures discussions serait confiée à l’Autorité palestinienne,
derrière laquelle le Hamas —qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 par
la force— s’effacerait.
Israël affirme régulièrement ne vouloir discuter qu’avec l’Autorité
palestinienne. Les rivaux historiques, Hamas et OLP, ont récemment signé
un accord de réconciliation et formé un gouvernement d’union nationale,
composé de personnalités indépendantes. Si cet accord est effectivement
accepté puis mis en place, il signifiera dans les faits le retour de
l’Autorité palestinienne à Gaza.
Des sujets aussi épineux que l’ouverture d’un port et d’un aéroport, à
laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de
deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus
palestiniens, devraient, eux, être de nouveau discutés dans un mois,
"après le retour du calme et de la stabilité".
Mais la proposition du Caire pourrait ne pas convenir aux "faucons"
du gouvernement israélien, qui font pression sur Netanyahu. Ce
dernier "hésiterait" d’ailleurs, selon la radio militaire israélienne, à
présenter ce plan en l’état mardi pour un vote au cabinet de sécurité
de crainte qu’il ne soit rejeté.
De son côté, le Hamas a rejeté la faute sur l’autre camp. "Les
négociations ont rencontré des difficultés à cause de l’obstination de
l’occupant" israélien, a dit Izzat al-Richq, un haut responsable du
mouvement islamiste.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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