Une cinquantaine de blessés ont été évacués jeudi d’Aarsal, ville
frontalière avec la Syrie occupée par les jihadistes, profitant d’une
prolongation de la trêve avec l’armée libanaise, selon un journaliste de
l’AFP.
La prolongation de la trêve jusqu’à jeudi 19H00 (16H00 GMT), annoncée
la veille par deux cheikhs négociant avec les jihadistes, a suscité
l’espoir de voir se terminer la plus dangereuse flambée de violence au
Liban liée au conflit syrien depuis mars 2011.
D’après l’armée, au moins 17 soldats ont été tués et 86 militaires
blessés depuis samedi dans ces affrontements avec ces jihadistes
combattant en Syrie.
"Nous avons jusqu’à présent évacué 44 blessés libanais et syriens,
dont certains sont dans un état grave, vers des hôpitaux dans l’ouest de
la Békaa", a affirmé à l’AFP Georges Kétané, directeur de la Croix
Rouge libanaise.
"Nous continuons à chercher des blessés dans la ville et dans les
hôpitaux de campagne", a-t-il ajouté, sans vouloir préciser s’il
s’agissait uniquement de civils ou si des combattants se trouvaient
parmi eux.
Le journaliste de l’AFP a vu un convoi d’une vingtaine d’ambulances sortir de la ville.
Outre les morts et les blessés, 22 soldats avaient été kidnappés, dont trois libérés mercredi.
"Ils ont été conduits par les hommes armés dans la montagne
surplombant Aarsal", a déclaré aux journalistes le chef de l’armée, le
général Jean Kawahji, qui a participé jeudi à une réunion du Conseil des
ministres.
Une source ministérielle a indiqué à l’AFP que "leur libération
demeure le point le plus épineux des négociations que mènent depuis
mardi le comité des oulémas musulmans et les jihadistes".
"Tous les prisonniers sont vivants et si les négociations sont
difficiles, il y a des promesses claires et positives des groupes à
Aarsal pour leur libération et j’espère que cela sera réglé jeudi",
avait précisé mercredi l’un des négociateurs cheikh Samih Ezzedine.
En contrepartie, aucune poursuite ne pourra viser "les civils syriens
et libanais, nous nous sommes engagés sur ce point auprès des
combattants. C’est une ligne rouge", a expliqué son collègue Hossam
al-Ghali.
Les soldats ont en outre libéré jeudi sept policiers retenus par les
jihadistes. Il ne s’agit pas des mêmes que les 20 qui avaient été
capturés par les jihadistes lorsqu’ils s’étaient emparés du poste de
police de la ville au début des combats.
Une source militaire a indiqué que l’armée surveillait le départ des
jihadistes vers la Syrie conformément à l’accord de trêve conclu mardi
soir entre les deux cheikhs du Comité des oulémas musulmans et les
représentants des jihadistes.
"La plupart des hommes armés se sont retirés d’Aarsal", a déclaré pour sa part jeudi Hossam al-Ghali.
Mais certains semblaient être encore présents dans la ville car un
photographe de l’AFP a été visé par un tireur embusqué dans le minaret
d’une mosquée à l’entrée de la ville.
Au moins trois civils ont en outre été tués dans les combats, selon
une source de sécurité, mais le bilan pourrait être plus lourd.
Le HCR a fait état pour sa part de 38 morts —sans compter les forces
de l’ordre— et de 268 blessés dans les hôpitaux de campagne de Labwé,
une ville sunnite qui compte selon l’ONU 35 000 habitants et 47 000
Syriens ayant fui les violences dans leur pays.
"Un des camps de réfugiés syriens a totalement brûlé et il y a des
corps à l’intérieur. La ville sent la mort", a dit jeudi aux
journalistiques cheikh Hossam al-Ghali. Selon lui, la situation
humanitaire est très mauvaise et les gens manquent de pain.
Les combats dans la région d’Aarsal ont éclaté après l’arrestation
samedi d’Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front al-Nosra, branche syrienne
d’Al-Qaïda, selon une source militaire.
Ils ont par ailleurs ébranlé la relative tranquillité de Tripoli
(nord), théâtre régulier de violences confessionnelles, notamment depuis
le début de la guerre en Syrie en 2011, qui a cristallisé les divisions
au Liban.
Un engin explosif artisanal a explosé mercredi dans cette grande
ville du nord du pays, faisant un mort et six blessés, selon une source
de sécurité.
(07-08-2014)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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