Israël et le Hamas ont accepté lundi soir la proposition égyptienne
d’une trêve de 72 heures à partir de mardi dans la bande de Gaza, peu
après que l’armée israélienne a affirmé n’avoir aucunement l’intention
de sortir de l’enclave palestinienne, au 28e jour d’une offensive
meurtrière.
"Les contacts de l’Egypte avec les différentes parties ont permis
d’obtenir une trêve de 72 heures à Gaza à partir de 05h00 GMT demain
(mardi) matin et que le reste des délégations se rendent au Caire pour
de plus amples négociations", a dit un responsable égyptien.
"Israël respectera le cessez-le-feu à partir de demain à 08h00 (05h00
GMT)", a ensuite déclaré à l’AFP un responsable israélien ayant requis
l’anonymat, qui a confirmé qu’une délégation de son pays se rendrait
bien dans la capitale égyptienne.
Ce responsable a ajouté qu’Israël avait déjà accepté une proposition
égyptienne similaire trois semaines auparavant et que "c’était le Hamas
qui l’avait rejetée".
Il a relevé que les deux parties avaient donné vendredi leur accord à
une trêve de trois jours, estimant que "le Hamas avait pris des
engagements et ne les avait pas honorés". Le responsable israélien
faisait allusion à l’attaque que, selon Israël, ce mouvement islamiste
armé qui contrôle la bande de Gaza avait déclenchée peu après et dans
laquelle trois soldats avaient été tués.
"Nous serons là-bas et observerons très étroitement demain matin si le Hamas respecte ou pas le cessez-le-feu", a-t-il conclu.
"Le Hamas a informé il y a quelques minutes Le Caire de son
approbation de la trêve de 72 heures pour demain", a de son côté dit à
l’AFP un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.
Un autre mouvement islamiste armé, le Jihad islamique, qui doit
également prendre part aux pourparlers au Caire aux côtés des
délégations d’Israël et du Hamas, a, quant à lui, fait savoir dans un
communiqué que "le cessez-le-feu interviendra dans les prochaines
heures".
L’Egypte, habituel médiateur des conflits entre Israël et le
mouvement palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza, avait invité
la semaine dernière Israéliens et Palestiniens à envoyer des délégations
pour des négociations en vue d’une trêve.
Mais seule la délégation palestinienne, composée notamment de
responsables du Hamas et de l’Autorité palestinienne que dirige Mahmoud
Abbas, s’était rendue au Caire, les Israéliens ayant jusque-là refusé
d’y aller.
Peu avant d’accepter la trêve de 72 heures, Israël a annoncé qu’il ne comptait pas encore se retirer de la bande de Gaza.
"Nous ne partons pas, nous restons dans la bande de Gaza, il y a
encore beaucoup d’autres missions à terminer", a expliqué à la
télévision Moti Almoz, le porte-parole de l’armée, après avoir assuré
que "tous les tunnels repérés avaient été détruits".
L’armée israélienne avait repris peu avant ses opérations, après une
trêve unilatérale de sept heures et malgré une réprobation
internationale de plus en plus ferme.
"La campagne à Gaza se poursuit" et "ne prendra fin que quand les
citoyens d’Israël auront recouvré le calme et la sécurité de manière
prolongée", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Les explosions ont effectivement repris dans les alentours de la ville de Gaza, a rapporté un correspondant de l’AFP.
Plus de 1.850 Palestiniens sont morts dans l’enclave, selon les
services de secours locaux, depuis le début le 8 juillet de cette
nouvelle offensive destinée à faire cesser les tirs de roquettes à
partir de la bande de Gaza et à détruire les souterrains permettant aux
combattants palestiniens de porter le danger sur le sol israélien.
Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués.
Avec la pause observée par l’armée israélienne dans son pilonnage, la
journée de lundi a été moins meurtrière que les autres. En début de
soirée, 23 Palestiniens avaient été tués selon les secours locaux, alors
que plusieurs dizaines de personnes meurent chaque jour depuis le début
de l’offensive.
Les tensions créées par la guerre ont rejailli simultanément à
Jérusalem même, théâtre de son premier attentat mortel en plus de trois
ans et de violences dans plusieurs quartiers.
Un jeune Palestinien à bord d’une pelleteuse a percuté et retourné un
autobus à la mi-journée. Un juif orthodoxe a trouvé la mort dans cette
attaque qualifiée de "terroriste" par la police. L’auteur des faits a
été abattu.
La guerre à Gaza commence à susciter un grand émoi au sein de la communauté internationale.
"Israël peut faire davantage pour empêcher des victimes civiles", a
ainsi martelé Jennifer Psaki, la porte-parole du département d’Etat
américain. "Mais cela ne change pas le fait qu’Israël reste un
partenaire important en termes stratégique et de sécurité. Il a le droit
de se défendre", a-t-elle ajouté.
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a de son
côté reconnu le droit "total" d’Israël à se défendre. "Mais ce droit ne
justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils", a-t-il
dit.
"Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut
bien appeler le carnage de Gaza ?", a-t-il encore demandé. Le président
français François Hollande a parlé, quant à lui, de "massacres".
M. Fabius a préconisé que la communauté internationale "impose" la
solution politique de deux Etats israélien et palestinien vivant côte à
côte.
Devant l’ampleur des souffrances endurées par les 1,8 million de
Gazaouis prisonniers de la guerre sur un tout petit territoire, le
ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a joint sa voix à
toutes celles ayant réclamé un cessez-le-feu.
L’émoi s’est accru après la frappe dimanche près d’une une école de
l’ONU à Rafah, qui a tué au moins dix Palestiniens. C’était la troisième
école de l’ONU touchée par une frappe en dix jours.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a dénoncé un "acte
criminel", et même les Etats-Unis, principaux alliés d’Israël, se sont
dits "consternés" par un "bombardement honteux".
Ces dernières 24 heures, l’armée israélienne a opéré un important
repli de forces et de moyens de l’intérieur de la bande de Gaza vers
l’extérieur, a observé un photographe de l’AFP près de la frontière.
(05-08-2014)
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