L’armée israélienne a annoncé dimanche matin la mort du soldat porté
disparu depuis vendredi, peu après qu’Israël et le Hamas ont affirmé
leur détermination à poursuivre les hostilités dans la bande de Gaza.
"Une commission spéciale menée par le rabbin en chef de l’armée a
annoncé la mort de l’officier d’infanterie Hadar Goldin, tué au combat
vendredi dans la bande de Gaza", a indiqué un communiqué militaire
tandis que la radio militaire précisait "qu’en l’absence de corps", le
processus pour déclarer la mort du soldat avait été "très délicat",
notamment pour des raisons religieuses.
L’armée israélienne avait déclaré vendredi que le soldat, âgé de 23
ans, avait probablement été enlevé. Mais la branche armée du Hamas, tout
en endossant la responsabilité de l’attaque, avait indiqué ne rien
savoir du sous-lieutenant Goldin, et estimé qu’il avait été tué avec le
commando palestinien dans un bombardement israélien.
Peu avant cette annonce, le chef du gouvernement israélien Benjamin
Netanyahu a déclaré que l’armée poursuivrait ses opérations "aussi
longtemps que nécessaire" et emploierait "toute la force requise".
"Nous poursuivrons notre résistance jusqu’à ce que nous ayons atteint
notre objectif", lui a répondu un porte-parole de l’organisation
islamiste au terme de la 26e journée d’une guerre qui a fait près de
1.800 morts.
Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de
son allié le Jihad islamique et du Fatah est arrivée samedi soir au
Caire pour tenter de relancer l’effort de pause dans les combats.
Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant
les Américains étaient programmées vendredi à la faveur de la trêve
annoncée. Elles avaient été différées avec l’attaque sur Rafah, où
l’armée avait lancé des recherches pour retrouver le soldat porté
disparu et désormais déclaré "mort au combat".
Mais Israël a décidé de ne pas envoyer de délégation au Caire, selon un responsable.
Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal a pour sa part assuré samedi
soir que son mouvement n’accepterait pas de cessez-le-feu sans un départ
des troupes israéliennes engagées dans Gaza.
"Une trêve est une trêve. Mais la présence des forces israéliennes
dans Gaza, qui détruisent les tunnels, c’est une agression", a déclaré
Khaled Mechaal, ajoutant que, dans ces conditions, le Hamas s’accordait
le droit à "l’auto-défense" et qu’il l’avait déjà fait savoir au
secrétaire d’Etat américain John Kerry.
La bande de Gaza est restée soumise dimanche matin au feu israélien,
12 Palestiniens ayant été tués aux premières heures, dont neuf à Rafah
au sud de la bande de Gaza, un secteur déjà soumis à un déluge de feu
samedi.
Pourtant, pour la première fois depuis l’incursion terrestre
israélienne dans Gaza le 17 juillet, des témoins avaient rapporté samedi
à l’AFP avoir vu les soldats israéliens se retirer de villages proches
de Beit Lahiya (nord) et de Khan Younès (sud).
L’armée israélienne avait ainsi donné dans l’après-midi de premiers
signes d’une fin de ses opérations dans des secteurs limités de la bande
de Gaza, tout en poursuivant ailleurs un pilonnage qui a encore fait
des dizaines de morts.
Dans le même temps, l’armée israélienne a annoncé que les civils
pouvaient "rentrer en toute sécurité à Beit Lahiya et Al-Atatra", dans
l’étroite bande le long de la frontière dans laquelle étaient entrés ses
soldats.
Les habitants avaient été sommés d’évacuer le temps que l’armée mène
ses opérations destinées à réduire le danger représenté pour Israël par
le Hamas, qui contrôle de facto le territoire d’une dizaine de
kilomètres de large au maximum.
Les médias israéliens ont alors bruissé de spéculations sur la
possibilité que M. Netanyahu annonce dans la soirée un début de retrait.
Il n’en a rien fait. "L’opération continue, l’armée continue d’agir
de toutes ses forces pour mener à bien ses missions, le retour au calme,
la sécurité pour les citoyens d’Israël, tout en faisant très mal à
l’infrastructure terroriste", a-t-il martelé.
L’armée israélienne est "en train d’achever" la destruction du réseau
de tunnels passant sous la frontière et permettant d’aller porter le
danger en Israël, a-t-il dit.
C’est pour neutraliser cette menace et pour faire cesser des tirs de
plus en plus nombreux de roquettes depuis Gaza qu’Israël a déclenché son
opération "Bordure protectrice".
Quand elle en aura fini avec le danger des tunnels, l’armée se
préparera à d’autres opérations, a dit M. Netanyahu, sans préciser en
quoi consisterait cette phase.
La guerre en cours dans le territoire densément peuplé, ravagé et
asphyxié de Gaza, a coûté la vie à plus de 1.730 Palestiniens, très
majoritairement des civils. Depuis dimanche minuit, 22 Palestiniens ont
été tués, selon les services de secours palestiniens. Côté israélien, 64
soldats et 3 civils ont été tués.
Quant aux roquettes, 84 ont encore été tirées contre Israël samedi,
dont 56 ont atteint le territoire israélien tandis que six ont été
interceptées par le système antimissiles Iron Dome, selon l’armée
israélienne. Au total, 3112 roquettes ont été tirées depuis le 8
juillet, dont 2445 ont atteint Israël.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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