Londres réexamine toutes les licences d’exportation conclues avec
Israël, notamment celles sur les armes et les équipements militaires,
pour s’assurer qu’elles sont "appropriées" au vu de la situation à Gaza,
a indiqué lundi un porte-parole du gouvernement britannique.
"Nous examinons actuellement toutes les licences d’exportation
passées avec Israël afin de confirmer que nous les jugeons appropriées",
a déclaré une porte-parole des services du Premier ministre, David
Cameron.
Le gouvernement britannique a approuvé des licences pour la vente
d’équipements militaires à Israël d’un montant d’au moins 42 millions de
livres (52,7 millions d’euros) depuis 2010, selon les chiffres
gouvernementaux obtenus par la Campagne contre le commerce des armes
(CAAT).
"Clairement, la situation actuelle a changé par rapport au moment où
certaines licences ont été octroyées et nous examinons ces licences au
regard de la situation actuelle, mais aucune décision n’a été prise
outre celle de les réétudier", a précisé cette porte-parole.
Le comité parlementaire qui traite du contrôle des exportations
d’armes a demandé au gouvernement de vérifier que les ventes à Israël
respectaient les critères d’attribution des licences.
Ces critères prévoient que les biens exportés ne doivent pas être
utilisés pour mener "une répression interne ou des abus des droits de
l’Homme, pour provoquer ou prolonger des conflits armés, ou encore pour
aggraver des tensions existantes".
Le porte-parole de CAAT, Andrew Smith, a salué le réexamen des
licences d’exportation, mais a également appelé à un embargo immédiat
sur la vente d’équipement militaire à Israël, insistant sur le fait que
le gouvernement britannique "n’aurait jamais dû accepter ces licences".
"Ça ne facilite pas seulement les choses, ça envoie un signal d’approbation aux actions du gouvernement israélien", a-t-il jugé.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi
que l’offensive sur la bande de Gaza se poursuivrait jusqu’au
"rétablissement de la sécurité" pour les Israéliens, faisant fi des
appels internationaux au cessez-le-feu.
En 28 jours d’hostilités, plus de 1800 Palestiniens ont été tués et
des milliers ont été blessés. Côté israélien, 64 soldats et trois civils
ont été tués.
Les Nations unies ont eu "raison" de condamner la frappe qui a tué 10
Palestiniens dans une école de l’ONU à Gaza, a déclaré lundi le Premier
ministre britannique, David Cameron, critiqué ces derniers jours par
l’opposition travailliste, qui lui reproche ne pas adopter une ligne
plus dure vis-à-vis d’Israël.
La secrétaire d’État britannique au développement international,
Justine Greening, a par ailleurs annoncé l’octroi de 2 millions de
livres (2,5 millions d’euros) d’aide d’urgence en réponse à l’appel de
l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA).
Ces fonds vont servir à fournir des matelas, des couvertures, des
couches pour enfants, des ustensiles de cuisine et d’autres biens
essentiels à 8000 familles qui ont fui les affrontements à Gaza. Cela
porte à 15 millions de livres (18,8 M d’euros) le montant de l’aide
britannique fournie ces deux dernières semaines pour gérer la crise à
Gaza.
(04-08-2014)
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