Les armes ont recommencé à parler vendredi dans la bande de Gaza et
fait au moins cinq morts, dont un enfant de 10 ans, l’armée israélienne
ayant repris ses frappes en représailles à des tirs de roquettes.
Après trois jours de trêve et de négociations indirectes au Caire, la
bande de Gaza est redevenue base de lancement de roquettes
palestiniennes et cible de frappes israéliennes, un mois après le début
d’hostilités qui ont fait plus de 1950 morts, en très grande majorité
des civils palestiniens.
Les combattants palestiniens ont lancé au moins 40 roquettes sur
Israël, a rapporté l’armée. Certaines ont été interceptées, la plupart
ont atteint des zones non-urbanisées. Mais l’une d’elles a fait deux
blessés légers, un civil et un soldat.
Le gouvernement a alors demandé à l’armée de "riposter
vigoureusement", et Israël a mené 51 raids aériens, selon l’armée. L’un
d’eux a coûté la vie à un enfant de 10 ans et blessé au moins six autres
personnes dans le nord de la ville de Gaza, selon les secours locaux.
Dans le sud de l’enclave, un raid a fait trois morts et six blessés
près de Khan Younès et un jeune homme a été tué près de Rafah.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré vendredi
"profondément déçu" de cette rupture du cessez-le-feu à Gaza et a
"condamné les nouveaux tirs de roquettes sur Israël".
La bataille a cependant semblé se limiter à ces échanges de
projectiles, sans avoir recouvré l’intensité des jours précédant le
cessez-le-feu, mais sans permettre de préjuger de son évolution.
L’armée israélienne, qui a retiré mardi matin ses troupes de la bande
de Gaza après avoir annoncé la destruction des tunnels du Hamas, a
assuré limiter pour l’instant son action à des frappes.
Pour autant, des colonnes de Gazaouis en voiture, en charrette ou à
pied, les bras encombrés de sacs de nourriture ou de linge, ont repris
le chemin des refuges.
"Bien sûr que nous avons tous peur", a déclaré Abdullah Abdullah, 33
ans, dans une école d’Al-Tuffah, près de la ville de Gaza, où des
centaines de Gazaouis ont trouvé refuge. "J’ai peur, mes enfants ont
peur, ma femme a peur".
Côté israélien, l’armée a réinstauré les dispositions de défense passive qu’elle avait levées à la faveur du cessez-le-feu.
Les rassemblements de plus de 500 civils dans les villes à moins de
40 kilomètres de la bande de Gaza sont à nouveau interdits et les
activités sont interdites dans les jardins d’enfants dépourvus d’abris
contre les bombes.
Israéliens et Palestiniens se rejettent la responsabilité de l’échec des négociations.
"On n’a eu aucune réponse de la part des Israéliens à aucune des
exigence palestiniennes", a regretté Sami Abou Zouhri, un porte-parole
du Hamas à Gaza. "L’occupant (israélien) est entièrement responsable de
ce qui va se passer".
Selon un responsable israélien, Israël a dit au médiateur égyptien
qu’il était "disposé à prolonger le cessez-le-feu de 72 heures, avant
que le Hamas ne viole la trêve".
La question d’une levée du blocus imposé par Israël à l’enclave palestinienne semblait cruciale.
La levée de ce blocus qui asphyxie Gaza depuis 2006 est une exigence
primordiale des Palestiniens et une préoccupation capitale des
Israéliens qui craignent l’entrée à Gaza d’hommes et de matériels
pouvant lui nuire.
Le flou régnant sur une poursuite ou non des discussions au Caire rendait aléatoire tout pronostic sur la suite des événements.
"Israël ne négociera pas sous les bombes", a dit un responsable sous couvert de l’anonymat.
De l’autre côté, les déclarations des intermédiaires égyptiens et des
Palestiniens donnaient à supposer que tout n’était pas complètement
fini.
"Nous restons assis ici pour parvenir à un accord final afin de
restaurer les droits de notre peuple", a dit au Caire Azzam al-Ahmed, le
chef de la délégation palestinienne.
Dans le même temps, en Cisjordanie, un Palestinien de 19 ans a été
tué par des soldats lors d’une manifestation contre l’offensive à Gaza
près de la colonie de Psagot, près de Ramallah.
Plus au sud, des dizaines de Palestiniens de Cisjordanie ont été
blessés vendredi, dont deux à balles réelles, par les forces de sécurité
israéliennes lors d’une autre manifestation à Hébron, selon les secours
palestiniens.
Et en Jordanie, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies
vendredi à l’appel de l’opposition islamiste pour célébrer "la victoire
de Gaza" en brandissant les couleurs du Hamas.
L’opération "Bordure protectrice" déclenchée le 8 juillet par Israël
pour tenter d’anéantir les capacités militaires du Hamas a tué au moins
1.898 Palestiniens, dont des centaines d’enfants, selon les secours
palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri.
(08-08-2014)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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