Les frappes israéliennes n’ont pas seulement réduit en ruines des
pans entiers de la bande de Gaza, elles ont aussi mis à mal son économie
déjà mal en point, avec en prime le retour de l’inflation.
Tomates bien rouges, oignons mordorés, concombres qui croquent sous
la dent : les étals du marché de Shati, dans la ville de Gaza, regorgent
encore de fruits et légumes qui ne trouvent pas preneurs.
L’offensive lancée par Israël le 8 juillet avec l’objectif d’anéantir
les capacités militaires du Hamas a affecté la production agricole de
la minuscule enclave et poussé les prix à la hausse.
Le prix du carton de 24 oeufs a doublé en un mois pour atteindre 20
shekels (4 euros). "Je ne peux plus me permettre d’acheter un carton en
entier, mais la moitié", regrette Khaled Ighrad, 48 ans, un père de six
enfants, qui fait les emplettes avec sa femme.
"Les prix ont augmenté car des produits comme la viande et les oeufs
viennent des régions frontalières"d’Israël, les plus touchées par
l’opération "Bordure protectrice", explique-t-il.
Non seulement les fermiers ont peur d’aller récolter dans ces
endroits, mais les chauffeurs redoutent aussi de s’aventurer dans les
zones frontalières pour rapporter les produits sur les marchés. L’offre
se réduit et les prix flambent.
Un peu plus loin dans le marché trône Abou Ahmed Badawi et son
comptoir garni de piments, d’oignons, de tomates et de pommes de terre.
Les clients passent sans s’arrêter. Avant le conflit, un kilo de tomates
ou de patates se vendait un shekel (20 centimes d’euro) mais le prix a
depuis triplé.
"C’est difficile pour les gens d’acheter. Il n’ont pas d’argent, il n’y a pas de boulot et l’économie est à plat", peste-t-il.
Le prix des fruits n’a en revanche pratiquement pas bougé parce
qu’ils sont importés d’Israël via le poste-frontière de Karam Shalom.
"Voilà la stratégie israélienne, ils nous bombardent, ensuite ils
ouvrent la frontière" pour vendre leur produits, s’enflamme le vieux
commerçant.
Pour Mahir al-Tabaa, président de la chambre de commerce de Gaza, le
conflit actuel entre le Hamas et l’Etat hébreu est déjà responsable de
pertes "immenses" qui auront de surcroît des effets "à long terme" sur
l’économie de l’enclave de 1,8 million d’habitants.
"Les pertes directes liées à la destruction de manufactures et
d’édifices avoisinent déjà trois milliards de dollars", explique-t-il à
l’AFP, confirmant une hausse des tarifs des denrées alimentaires sur les
marchés, mais pas de celui du fioul, fixé par les autorités. Déjà, 350
sites industriels ont été détruits, estime M. Al-Tabaa, ce qui a aussi
un impact terrible sur l’emploi.
Avant le début des affrontements début juillet, le taux de chômage
dans la bande de Gaza dépassait un stratosphérique 40%. Ce taux pourrait
bientôt dépasser les 50%, dit-il.
Pas de quoi rassurer les chômeurs qui doivent débourser un peu plus
pour griller des bâtonnets de tabac décontractants importés d’Egypte.
Le prix du paquet de 20 cigarettes de la marque Royals se transigeait
huit shekels, un de plus qu’au début du conflit. Mais, fait rare dans
les souks de Gaza, les débitants de tabac font des affaires en or. En
temps de crise, le tabac sert d’antidépresseurs au rabais.
"Pendant la trêve, les gens fumaient un paquet par jour", note Abou
Salim, un marchand de cigarettes en évoquant le récent cessez-le-feu de
trois jours entre le Hamas et Israël, "mais depuis la reprise des
combats, ils en fument deux".
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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