La bande de Gaza toujours soumise aux frappes israéliennes allait
dimanche au-devant d’une journée cruciale pour un nouveau cessez-le-feu
négocié qui paraissait de plus en plus improbable.
"Les chances de succès des négociations sont faibles", a déclaré
Ezzat al-Rishq, un haut responsable du Hamas tandis que l’armée
israélienne maintenait la bande de Gaza sous le feu. Le Premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu a, lui, réaffirmé sa fermeté et son refus
de négocier "sous les tirs" de roquettes.
Un adolescent palestinien de 17 ans a été tué dimanche par une frappe
israélienne à Deir al-Balah, dans le centre du territoire, ont indiqué
les secours locaux. L’armée israélienne a dit avoir supprimé là un
"agent terroriste connu".
Cela porte à quinze le nombre de Palestiniens tués depuis vendredi et
l’expiration d’un cessez-le-feu dans les combats qui ont fait près de
2.000 morts depuis le début des hostilités le 8 juillet.
Les appareils israéliens ont encore pris pour cible une vingtaine
d’objectifs dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué l’armée,
ajoutant que l’aviation israélienne avait opéré près de 150 frappes dans
la bande de Gaza depuis vendredi en représailles aux tirs de roquettes
palestiniennes.
Au total, 99 roquettes ont été tirées de la bande de Gaza depuis
lors, selon elle, et sept tirs de roquettes ou de mortiers ont été
déclenchés vers le sud d’Israël sans faire de victime ni de dégât.
Une éventuelle nouvelle trêve est suspendue à des discussions
indirectes entre Israéliens et Palestiniens par l’entremise des voisins
égyptiens. Les belligérants, entrés dans les négociations avec des
exigences apparemment inconciliables, ont été incapables jusqu’alors de
s’entendre.
Israël a rappelé ses délégués au Caire vendredi. Les Palestiniens paraissaient très proches de faire de même dimanche.
"Israël ne négocie pas sous les tirs", donc aussi longtemps que
dureraient les tirs de roquettes palestiniens, a répété le Premier
ministre israélien à l’occasion d’un conseil des ministres ordinaire
dimanche.
De son côté, la délégation palestinienne, composée de représentants
du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, de son allié du Jihad islamique
et du Fatah, a menacé de quitter la capitale égyptienne si les
Israéliens ne se montraient pas. Un haut responsable palestinien a même
fixé sous couvert de l’anonymat un ultimatum à dimanche 13H00 GMT (16H00
locales).
"Il est possible à tout moment que la délégation palestinienne rentre
pour des consultations avec les leaders" en territoire palestinien, a
dit au Caire Ezzat al-Rishq pour le Hamas.
Toutefois, a-t-il ajouté, la décision finale sera prise après une
rencontre en fin de matinée avec les médiateurs égyptiens, qui devaient
leur rendre compte de la position israélienne.
"Nous ne mènerons pas longtemps des discussions sans des négociations
sérieuses. Les prochaines 24 heures vont déterminer le sort des
discussions", avait averti dans la nuit un porte-parole du Hamas, Moussa
Abou Marzouk.
Le Hamas accuse Israël de refuser d’accéder à ses exigences
fondamentales, comme la levée du blocus imposé depuis 2006 à la bande de
Gaza.
Fort de l’ultra-majoritaire soutien de son opinion à la guerre, le
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait assaut
d’intransigeance dans ses déclarations publiques, refusant de paraître
lâcher quelque chose au Hamas. Il s’est en même temps déclaré prêt à
voir l’Autorité palestinienne, plus modérée, jouer un rôle.
Le conseil des ministres de dimanche a été précédé des déclarations
belliqueuses des faucons du gouvernement. "Cette situation ne peut plus
durer. Il faut vaincre le Hamas, nettoyer le terrain et sortir le plus
vite possible de la bande de Gaza", a dit le ministre des Affaires
étrangères Avigdor Lieberman, réclamant ainsi le retour dans la bande de
Gaza des forces terrestres qui s’en étaient entièrement retirées mardi.
"Il faut casser la puissance militaire du Hamas", a renchéri le ministre de l’Intérieur Gideon Saar.
Le mouvement palestinien, lui, doit convertir la résistance opposée à
l’armée israélienne en gains politiques auprès de Gazaouis accablés par
les morts et les destructions.
"Bordure protectrice", déclenchée le 8 juillet par Israël pour faire
cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels servant à
des incursions sur son territoire, a tué 1.916 Palestiniens, selon les
secours locaux.
Selon l’Unicef, au moins 447 des victimes étaient des enfants ou des adolescents, dont environ 70% avaient moins de 12 ans.
La guerre a aussi mis au tapis l’économie de ce territoire exigu de
41 km de long sur 12 km de large au maximum, sur lequel 1,8 million de
personnes coincées entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée tentent de
survivre au blocus israélien.
Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri.
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