Au moins dix Palestiniens ont été tués dimanche dans une nouvelle
frappe sur une école de l’ONU et des dizaines d’autres ailleurs dans la
bande de Gaza alors même qu’Israël opérait un début de retrait de ses
troupes au sol.
Au 27ème jour de la guerre, 71 personnes ont encore péri dans le seul
secteur de Rafah, soumis à un déluge de feu depuis vendredi, selon les
secours locaux.
C’est là qu’au moins dix personnes ont trouvé la mort dans un
bombardement qui a touché une école de l’ONU accueillant environ 3.000
réfugiés, selon les secours.
"C’est un scandale du point de vue moral et un acte criminel", ainsi
qu’une "nouvelle violation flagrante du droit humanitaire
international", s’est indigné le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon
sans désigner expressément Israël, mais en soulignant que l’armée
israélienne est informée de la localisation des refuges de l’ONU.
Un correspondant de l’AFP a rapporté des scènes de chaos, les
secouristes se démenant comme ils pouvaient pour évacuer les blessés, au
milieu de Gazaouis courant hors d’haleine dans les mares de sang avec
des enfants dans les bras.
Prises par les photographes de l’AFP à la morgue, les images de bébés
morts ou de proches pleurant les neuf membres de la famille al-Ghul
décimée par une frappe sur leur maison rendent compte du sort subi
depuis vendredi par la population de Rafah.
Cette cité étendue débordant sur l’Egypte au sud de l’enclave
palestinienne est sous le feu des avions et des canons depuis que trois
soldats israéliens y ont été tués vendredi au cours de combats qui ont
fait voler en éclats le seul cessez-le-feu accepté à la fois par Israël
et le Hamas. Deux cents personnes au moins y ont péri sous les bombes.
Selon des sources médicales, la guerre a tué environ 1.800
Palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués.
"Cette folie doit cesser", a dit le secrétaire général de l’ONU
tandis que les appels au cessez-le-feu d’une communauté internationale
jusqu’alors impuissante se faisaient à nouveau plus pressants.
C’est la troisième fois en dix jours qu’une école de l’ONU est
atteinte. Une trentaine de Palestiniens ont déjà été tués dans des
frappes sur des écoles à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya le 31
juillet.
Les Palestiniens accusent les Israéliens. Le tir de Jabaliya a été
présenté par les Nations unies et même l’allié américain comme le fait
probable des Israéliens. Ces derniers accusent le Hamas de se servir des
civils comme de boucliers humains et des hôpitaux et des écoles pour
tirer des roquettes sur Israël.
L’armée israélienne a dit examiner l’origine du tir sur l’école de Rafah.
Israël poursuit cependant l’opération "Bordure protectrice",
déclenchée le 8 juillet pour tenter de faire cesser les tirs de
roquettes et détruire les tunnels permettant au Hamas d’intervenir sur
le sol israélien.
Mais l’armée israélienne a confirmé pour la première fois
officiellement dimanche avoir entrepris de retirer un certain nombre de
troupes, sans préciser combien, tandis qu’elle en redéployait d’autres à
l’intérieur de la bande de Gaza.
"Nous en retirons certaines, nous en changeons certaines (de
position) à l’intérieur (du territoire), cette mission est en cours", a
dit à l’AFP le porte-parole de l’armée, Peter Lerner.
Une centaine de chars auprès desquels des soldats s’affairaient ou
prenaient du repos stationnaient dimanche après-midi côté israélien
après avoir franchi la frontière de Gaza qu’ils avaient passée dans
l’autre sens le 17 juillet, quand l’armée avait mis en oeuvre la phase
terrestre de "Bordure protectrice".
Sans parler de début de retrait, le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu avait laissé entendre samedi soir que "Bordure
protectrice" allait entrer dans une nouvelle phase, maintenant que
l’armée avait presque achevé son entreprise de démolition des tunnels.
Cette partie de l’opération sera terminée "probablement au cours des
prochaines 24 heures", a assuré M. Lerner. Mais "la mission se poursuit,
elle n’est pas terminée", a-t-il répété, précisant juste : "On change
de braquet".
Samedi soir, Netanyahu et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre le combat.
Un "désastre sanitaire de grande ampleur" est pourtant en train de se
produire dans la bande de Gaza, dont les 1,8 million d’habitants sont
pris au piège des combats sur un tout petit territoire, s’est alarmée
l’ONU.
La situation à Gaza est devenue "intolérable" pour la population
civile, a abondé le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip
Hammond. M. Hammond, mais aussi l’Union européenne et la Chine ont
demandé aux deux belligérants un arrêt immédiat des combats.
Mais, après l’échec d’un cessez-le-feu vendredi, Israël a délivré le
message de la plus grande fermeté pour signifier que le conflit
s’achèverait selon les termes qu’il déciderait, et qu’il n’y aurait
aucune concession faite à une organisation selon lui aussi peu digne de
confiance que le Hamas.
Israël a ainsi décidé de ne pas envoyer de représentants au Caire où
une délégation palestinienne incluant six membres du Hamas se trouvait
dimanche pour des discussions sur un cessez-le-feu.
Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal a répété que son mouvement
n’accepterait pas de cessez-le-feu sans un départ des troupes
israéliennes engagées dans Gaza.
Le Premier ministre israélien a renchéri dans l’intransigeance samedi
en liant la bonne volonté de son pays, quand sera venu le temps de la
reconstruction, au désarmement de la bande de Gaza.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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