Un cessez-le-feu de 72 heures accepté par Israël et le Hamas est
entré en vigueur mardi à 8 heures locales dans la bande de Gaza d’où
l’armée israélienne s’est totalement retirée après presque un mois de
guerre dévastatrice. "Toutes nos forces sont sorties de Gaza", a dit le
général Moti Almoz à la radio militaire. Dans les dernières minutes
avant l’instauration de la trêve au 29e jour de guerre, les deux ennemis
se sont livrés à une démonstration de leurs forces respectives. Les
combattants palestiniens ont lancé leurs roquettes vers une dizaine de
villes israéliennes, tandis que l’aviation israélienne menait une série
de raids contre plusieurs localités de la bande de Gaza, ont indiqué une
porte-parole de l’armée et la branche armée du Hamas.
Ces derniers raids aériens n’ont pas fait de blessé côté palestinien,
ont indiqué les secours locaux. Les sirènes d’alerte ont retenti à
Jérusalem et Tel-Aviv et des déflagrations étaient entendues aux
alentours. Toutes les trêves précédentes ont volé en éclats, y compris
la seule acceptée par Israël et l’organisation islamiste vendredi. Elle
s’est transformée en un bain de sang.
Cette nouvelle trêve, obtenue avec la médiation de l’Égypte et des
États-Unis, coïncide cependant avec l’annonce par Israël de son retrait
total du territoire ravagé. "L’armée israélienne sera redéployée en
dehors de la bande de Gaza sur des positions défensives (en Israël,
NDLR) dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu", a dit à la presse un
porte-parole de l’armée, Peter Lerner. De fait, la nuit précédant le
cessez-le-feu a été la plus calme de la guerre, ont constaté les
correspondants de l’AFP sur place. Les secours, habitués à compter les
morts par dizaines chaque jour depuis le début des hostilités le 8
juillet, rapportaient deux morts mardi matin, des victimes ayant
succombé aux blessures de la veille.
Près de Beit Hanoun, au nord de l’enclave, des dizaines de
Palestiniens rentraient en voitures et en charrettes tirées par des
ânes, dans des zones qu’ils avaient reçu l’ordre de quitter par l’armée
israélienne. Après les frappes aériennes déclenchées le 8 juillet, les
forces terrestres israéliennes sont entrées le 17 juillet dans le
territoire surpeuplé pour faire cesser les tirs de roquettes du Hamas
sur Israël et démanteler le réseau de souterrains permettant aux
Palestiniens de mener des incursions en Israël. L’armée israélienne a
achevé dans la nuit sa mission de destruction de tunnels, brandie comme
la principale raison pour déployer les troupes au sol, a dit son
porte-parole. Elle a tué environ 900 terroristes en un mois, a-t-il
assuré. Selon les secours locaux et les organisations humanitaires, ce
sont très majoritairement des civils, y compris des centaines d’enfants
et de mineurs, qui ont péri sous les bombes et les obus israéliens.
Au total, plus de 1 850 Palestiniens ont été tués, selon les secours
locaux. Côté israélien, 64 soldats et 3 civils ont trouvé la mort. Cette
hécatombe a suscité l’émoi international et des appels de plus en plus
pressants à un cessez-le-feu provisoire permettant de négocier une trêve
plus durable. Israël et le Hamas ont fini par accepter lundi soir la
proposition égyptienne de trêve. "Les contacts de l’Égypte avec les
différentes parties ont permis d’obtenir une trêve de 72 heures à Gaza à
partir de 7 heures (heure de Paris) et le reste des délégations (se
rendra) au Caire pour de plus amples négociations", a annoncé un
responsable égyptien.
Une délégation israélienne se rendra bien dans la capitale
égyptienne, a déclaré un responsable israélien à l’AFP, alors qu’Israël
avait affiché une attitude d’extrême intransigeance après la rupture de
la seule trêve bilatérale vendredi. La plus grande défiance reste
cependant de mise de part et d’autre."Nous y serons (au Caire) et
observerons très étroitement demain matin si le Hamas respecte ou pas le
cessez-le-feu", a-t-il dit.
Seule la délégation palestinienne, composée notamment de responsables
du Hamas et de l’Autorité palestinienne que dirige Mahmud Abbas, se
trouvait au Caire, les Israéliens refusant de s’y rendre. Le secrétaire
général des Nations unies Ban Ki-moon, saluant la trêve, a pressé les
belligérants de la respecter et "d’entamer dès que possible des
négociations au Caire pour parvenir à un cessez-le-feu durable et
traiter les problèmes qui sont à l’origine" du conflit. Les belligérants
vont entamer les négociations avec des exigences difficilement
conciliables. Le Hamas réclame ainsi la levée du blocus israélien qui
étouffe l’économie d’un territoire de 41 kilomètres de long sur 12 de
large au maximum, sur lequel s’entassent 1,8 million de personnes.
L’annonce du Caire avait été précédée des déclarations de fermeté
d’Israël, malgré une trêve "humanitaire" de sept heures observée par
l’armée israélienne lundi. "La campagne à Gaza se poursuit" et "ne
prendra fin que quand les citoyens d’Israël auront recouvré le calme et
la sécurité de manière prolongée", avait affirmé le Premier ministre
israélien Benyamin Netanyahou. Les tensions créées par la guerre ont
rejailli simultanément à Jérusalem même, théâtre lundi de son premier
attentat mortel en plus de trois ans et de violences dans plusieurs
quartiers.
(05-08-2014)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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