Le 8 juillet commençait l’opération Bordure protectrice, en
représailles à l’assassinat de trois jeunes juifs dans les Territoires
occupés, et aux tirs de roquette du Hamas vers Israël. Objectif :
détruire les tunnels qui contournent le strict blocus imposé par Israël
depuis 2005. Depuis 2008 et l’opération Plomb durci, c’est la troisième
guerre menée à Gaza par les forces armées israéliennes. En 2012,
l’opération Pilier de défense avait les mêmes objectifs. Elle avait duré
7 jours.
Bordure protectrice est la plus meurtrière. Israël accuse le Hamas de se
servir des civils comme boucliers humains. Une commission
internationale d’urgence lancée par l’ONU enquête sur d’éventuels crimes
de guerre commis par l’armée.
Les victimes
À la mi-journée samedi, 1 654 Palestiniens avaient été tués et 8 900
autres blessés, selon les secours locaux. L’ONU est parvenue à vérifier
les identités de 1 117 morts, dont une immense majorité de civils (926,
soit 83 %). L’armée israélienne a évoqué le chiffre de 320 combattants
palestiniens tués lors de la deuxième semaine de guerre. L’ONU en
comptabilise 191 parmi les morts dont elle a pu vérifier l’identité.
Selon l’Unicef, au moins 296 enfants et adolescents palestiniens ont été
tués dans la bande de Gaza. "Les enfants comptent pour 30 % des
victimes civiles", a estimé l’Unicef, dont le bilan, établi sur la base
des décès que l’Agence onusienne a pu jusqu’à présent vérifier, risque
de croître. "Le nombre des victimes parmi les enfants tués ces 48
dernières heures pourrait augmenter après un certain nombre de
vérifications en cours", a déclaré l’Unicef, qui précise que ces
chiffres sont provisoires et recoupés "dans la mesure de ce qui est
possible dans la situation actuelle". Parmi ces enfants, 187 garçons et
109 filles ont été tués. Au moins 203 avaient moins de 12 ans.
Israël a perdu 63 soldats, ses plus lourdes pertes depuis sa guerre
contre le Hezbollah libanais en 2006. Trois civils, dont un Thaïlandais,
ont été tués par une des 3 032 roquettes dont le tir a été comptabilisé
samedi par l’armée.
Les réfugiés
Selon l’ONU, 280 000 personnes sont hébergées dans ses centres et ceux
des autorités locales, soit 15 % de la population. Avec ceux qui ont
trouvé refuge chez des proches, l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) estime à 400 000 le nombre de déplacés. À l’échelle de Gaza, c’est
comme si 1,85 million de New-Yorkais ou 500 000 Parisiens avaient dû
quitter leur domicile.
Les séquelles
Des soins psychologiques seront nécessaires pour 326 000 mineurs, a
évalué l’Unicef. Des milliers d’engins non explosés jonchent la bande de
Gaza (ONU). Dix des trente-deux hôpitaux sont fermés, onze sont
endommagés, selon l’OMS. Les logements de 9 815 familles, ce qui
représente environ 58 900 personnes, ont été complètement détruits, a
estimé l’ONU. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de
l’ONU (Ocha) évalue ses besoins à plus de 390 millions de dollars, dont
43 % sont jusqu’à présent couverts par les donateurs, selon un bilan
établi le 28 juillet. L’OMS estime quant à elle que les fonds dont elle
dispose représentent 6 % de ses besoins.
Les forces en présence
L’Institut international d’études stratégiques (IISS) crédite le Hamas
de 20 000 combattants, dont 10 000, les plus entraînés, pour sa branche
armée.
Ce chiffre est difficile à vérifier. Les Brigades al-Qods du Jihad islamique revendiquent 8 000 hommes.
Selon les données les plus récentes (2011) de l’Institute for National
Security Studies (institut israélien d’études sur la sécurité
nationale), l’armée israélienne est forte de 176 500 soldats et de 445
000 réservistes (dont 86 000 ont été appelés). Difficile de savoir
combien combattent effectivement à Gaza, information soumise à la
censure.
La misère et la jeunesse
Selon le bureau palestinien des statistiques, 43,4 % des quelque 1,8
million de Gazaouis ont moins de 14 ans. Le taux de croissance annuel de
la population est de 3,7 % et l’âge médian, de 18 ans. L’ONG
israélienne Gisha estimait juste avant la guerre qu’il manquait 259
écoles à Gaza, notamment en raison de la pénurie de matériaux de
construction imputable au blocus israélien. Avec les combats, la
situation va empirer : 137 écoles ont été endommagées, selon l’ONU.
L’enclave ne dispose pas des infrastructures cohérentes avec les 1,8
million d’habitants qui s’entassent sur 362 km2, notamment en matière de
distribution d’électricité et d’eau. La principale centrale électrique a
été bombardée.
Le taux de chômage dépasse les 40 %, selon le FMI. Il était d’un peu
moins de 20 % en 2000 et de 30 % en 2011. En temps normal, plus de 70 %
de la population dépend de l’aide humanitaire, selon Gisha.
(02-08-2014 )
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