La bande de Gaza dévastée par 26 jours de guerre était soumise samedi
au bombardement meurtrier de l’armée israélienne engagée dans un combat
contre le Hamas et désormais à la recherche d’un de ses soldats porté
disparu.
Vingt-quatre heures après qu’une illusion de cessez-le-feu eut volé
en éclats, les chances d’une trêve paraissaient plus éloignées que
jamais dans un conflit qui a fait plus de 1600 morts palestiniens
depuis le 8 juillet.
Une délégation palestinienne était attendue ce samedi au Caire pour
de nouvelles discussions. Les Israéliens ne devraient eux pas décider
avant samedi soir s’ils reprennent des négociations, a indiqué à l’AFP
un responsable sous couvert de l’anonymat.
Pour Israël, il ne s’agit plus seulement, comme au début de
l’opération "bordure protectrice", de réduire le danger représenté
depuis la bande de Gaza par l’organisation islamiste du Hamas. Depuis
vendredi, l’armée emploie aussi sa force à retrouver un sous-lieutenant
de 23 ans.
Selon l’armée, Hadar Goldin a probablement été capturé par l’ennemi
vendredi matin près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Pour
Israël, la capture d’un de ses soldats est le casus belli par
excellence.
La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a
assuré ne pas disposer d’informations sur le soldat, tout en
revendiquant l’implication de ses combattants dans l’embuscade qui se
serait soldée par sa capture. Pour elle, le soldat a peut-être été tué
en même temps que des combattants des brigades.
C’est à la suite de la disparition du sous-officier que le feu s’est à
nouveau déchaîné sur la bande de Gaza vendredi, pulvérisant moins de
deux heures après son entrée en vigueur le premier cessez-le-feu accepté
conjointement par les belligérants. Toutes les autres trêves, également
avortées, avaient été unilatéralement proclamées par l’un ou l’autre.
Depuis l’échec du cessez-le-feu, au moins 107 personnes ont été tuées
près de Rafah sous les bombes israéliennes dans l’un des territoires
les plus densément peuplés au monde, ravagé et asphyxié, selon les
secours locaux. Trente-cinq sont mortes depuis minuit.
Quinze des victimes, dont cinq enfants de 3 à 12 ans, appartenaient à
la même famille, a précisé le chef des secours Achraf al-Qodra.
La guerre a coûté la vie à environ 1.650 Palestiniens, très
majoritairement des civils, selon M. Qodra. Côté israélien, 63 soldats
et 3 civils ont été tués.
Samedi matin, l’aviation israélienne bombardait la ville de Gaza et
ses alentours, selon des journalistes de l’AFP. Une mosquée a été
détruite à Jabalia (nord), et des maisons réduites en ruines en bordure
de la plage de Gaza.
"Vers 5H00 du matin, un F-16 a bombardé les maisons ici. Tout est
détruit. Il y a eu des blessés mais pas de morts", a dit sur place
Mahmoud Abou Issa, 58 ans, père de 10 enfants. La frappe a creusé un
cratère dans ce pâté de maisons devenu un enchevêtrement de béton,
d’acier, de chaises en plastique, duquel les habitants tentaient
d’extirper quelques objets encore utilisables.
"Les Israéliens détruisent tout ce que nous avons et la communauté
internationale ne fait rien", ajoute Mahmoud Abou Issa, une dizaine
d’hommes opinant du chef autour de lui.
Côté israélien, le système de défense antimissiles Iron Dome a
intercepté deux roquettes tirées sur Tel-Aviv et une autre sur Beersheva
(sud), a indiqué l’armée israélienne.
C’est précisément pour faire cesser ces tirs de roquettes, et pour
détruire les réseaux de souterrains permettant aux combattants
palestiniens de porter la menace sur le territoire israélien qu’Israël
est à nouveau entré en guerre le 8 juillet.
Le président américain Barack Obama, dont le pays est le principal
allié d’Israël, a réaffirmé vendredi le droit d’Israël à se défendre.
Lui et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont
clairement remis en question la crédibilité du Hamas, commanditaire ou
non de la capture du soldat Goldin, après l’éclatement du cessez-le-feu,
et ont réclamé la libération du sous-officier.
M. Obama a dénoncé les agissements "incroyablement irresponsables" du
Hamas, mais aussi affirmé à l’attention d’Israël la nécessité de
veiller davantage à ce que les populations civiles soient épargnées.
Mais l’obtention d’une nouvelle trêve sera "très difficile (...) si
les Israéliens et la communauté internationale ne peuvent pas avoir
confiance" dans les engagements du Hamas, a-t-il dit.
Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de
son allié le Jihad islamique et du Fatah est néanmoins annoncée au Caire
samedi pour tenter de relancer l’effort de pause dans les combats.
Le président égyptien Abdel Fattah Sissi a estimé avant la rencontre
que "l’initiative égyptienne (était) une réelle chance pour mettre fin à
la crise et au bain de sang à Gaza".
Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant
les Américains étaient programmées vendredi et devaient permettre de
capitaliser sur le cessez-le-feu pour parvenir à une trêve durable. Mais
elles ont été différées avec les évènements de Rafah. On ignore si et
quand les Israéliens pourraient s’asseoir à la table des discussions.
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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