mardi 30 juillet 2013

Tunisie : l’UGTT demande le départ du gouvernement

Le puissant syndicat tunisien UGTT a décidé lors d’une longue réunion dans la nuit de lundi à mardi de réclamer le départ du gouvernement dirigé par les islamistes après l’assassinat d’un député d’opposition, selon son secrétaire général adjoint. La centrale syndicale n’a cependant pas fixé d’ultimatum et n’a pas appelé à la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC), revendication phare d’une coalition hétéroclite de partis d’opposition. Le syndicat est par ailleurs capable de paralyser le pays comme lors des grèves générales de 24 heures après les morts de Brahmi et Belaïd.
"L’UGTT appelle à la dissolution du gouvernement et à la composition d’un gouvernement de compétence formé par une personnalité consensuelle", a déclaré à l’antenne de la radio Mosaïque FM le secrétaire général adjoint du syndicat, Sami Tahri. Il a aussi indiqué que l’UGTT, forte de quelque 500 000 membres, était favorable à ce que l’ANC vote sur le projet de Constitution, dont l’élaboration est à la peine depuis des mois. Le syndicat réclame cependant une évaluation indépendante du texte.
Le syndicat a adopté une position bien plus nuancée qu’une large partie de l’opposition qui comptait sur la puissante centrale syndicale pour obtenir la dissolution de l’ANC et du gouvernement. Le Premier ministre Ali Larayedh du parti islamiste Ennahda a rejeté lundi les appels à la démission de son cabinet, tout en proposant des élections le 17 décembre. Pour qu’un tel scrutin puisse avoir lieu, la Constitution et un code électoral doivent être adoptés, alors qu’une multitude de calendriers électoraux n’ont pas été respectés.
La Tunisie a été plongée dans une nouvelle crise politique, marquée par des manifestations et des heurts sporadiques à travers le pays, depuis l’assassinat jeudi du député de gauche nationaliste Mohamed Brahmi. Le meurtre a été attribué à la mouvance salafiste djihadiste. La tension est montée d’un cran lundi soir lorsque huit militaires ont été sauvagement tués dans une embuscade perpétrée dans une zone frontalière de l’Algérie où al-Qaida est active.

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Un parti allié aux islamistes veut un gouvernement d’union nationale
Le parti tunisien Ettakatol, formation laïque de centre gauche alliée aux islamistes au pouvoir, a réclamé mardi la formation d’un gouvernement d’union nationale après la mort de huit militaires dans une zone où al-Qaida est active. "L’unité nationale est une obligation pour tous les Tunisiens de tous les bords politiques. Nous appelons tous les partis et organisations à assumer leurs responsabilités devant les Tunisiens et à former un gouvernement d’union nationale", a indiqué Ettakatol dans un communiqué.
Le parti dirigé par le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) Mustapha Ben Jaafar n’a cependant fixé aucun ultimatum à Ennahda, le parti islamiste à la tête du gouvernement, et n’a pas évoqué son éventuel retrait du cabinet actuel. Lundi après-midi, le Premier ministre Ali Larayedh a exclu dans un discours très ferme de dissoudre son gouvernement ainsi que l’ANC, les revendications phares d’une coalition hétéroclite de partis d’opposition.
Ettakatol a expliqué sa position par la mort de huit militaires lundi dans une embuscade au mont Chaambi dans l’ouest du pays, près de l’Algérie, où un groupe armé lié à al-Qaida est actif. La Tunisie est plongée dans une nouvelle crise politique depuis jeudi et l’assassinat d’un député d’opposition, Mohamed Brahmi, le deuxième du genre depuis le début de l’année, prêté à la mouvance salafiste djihadiste.

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