samedi 27 juillet 2013

Tunisie : des habitants de Sidi Bouzid aux obsèques de Brahmi

Des centaines d’habitants de Sidi Bouzid, où est né le député opposant Mohamed Brahmi assassiné jeudi se sont déplacés à Tunis pour ses funérailles ce samedi, alors que cette ville est gagnée par la contestation.
Selon un journaliste de l’AFP, des centaines d’habitants ont pris la route à l’aube pour Tunis après une nuit agitée durant laquelle des heurts ont eu lieu entre la police et des jeunes manifestants qui ont bloqué la circulation et mis le feu à des pneus.
La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser et un policer a été hospitalisé après s’être blessé en tombant d’un véhicule circulant à toute allure.
Sidi Bouzid, ville déshéritée qui a donné naissance au soulèvement contre le régime de Ben Ali en 2011, a entamé un mouvement de désobéissance encadré par le Front populaire (alliance de la gauche) et la section régionale de la centrale syndicale UGTT.
Un conseil des notables a été mis en place pour la gestion des affaires de leur cité jusqu’à la chute du pouvoir actuel, mot d’ordre des manifestants depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi, tué jeudi par balles devant son domicile, près de Tunis. Des conseils similaires ont été créés dans trois localités dépendant du chef-lieu Sidi Bouzid : Regueb, Mekessi et Menzel Bouzaine, selon la même source.
"Sidi Bouzid n’est plus sous l’autorité centrale et ne reçoit plus d’ordre de la part du gouvernement", dirigé par le parti islamiste Ennahda tenu pour responsable du meurtre, a déclaré à la radio Touhami Abdouli, ancien secrétaire d’Etat originaire de la ville. Selon lui, Ennahda est le seul responsable de ce qui arrive actuellement à la Tunisie", a-t-il affirmé.

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Le cortège funèbre de Brahmi a quitté son domicile
Une foule émue a assisté samedi matin au départ du cortège funèbre du député assassiné Mohamed Brahmi qui a quitté son domicile à l’Ariane (10 km au nord de Tunis) sous escorte militaire pour le cimetière d’El Jellaz à Tunis.
Enveloppé du drapeau national, rouge et blanc, et escorté par des voitures militaires, le cercueil a quitté le domicile du défunt un peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) et devait emprunter un parcours longeant l’Avenue centrale Habib Bourguiba de Tunis sur le chemin du cimetière dans le sud de la capitale, selon un journaliste de l’AFP.
La foule comptait notamment des proches et camarades du défunt en l’absence de responsables du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda, dont la présence n’était pas souhaitée par la famille.
La mise en terre devrait avoir lieu à la mi-journée dans le "caré des martyrs" où repose déjà l’autre opposant de gauche Chokri Belaïd, assassiné lui aussi par balles devant son domicile en février dernier.
Opposant nationaliste de gauche, Mohamed Brahmi a été tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant devant son domicile, sa famille accusant Ennahda et les autorités imputant le meurtre à un islamiste salafiste proche d’Ansar Ashariaa, une organisation jihadiste liée à Al-Qaïda.
Ces funérailles ont lieu au lendemain de manifestations anti-gouvenementales parfois violentes à travers le pays.

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