mardi 30 juillet 2013

Syrie : nouveau succès crucial pour le régime dans un quartier de Homs

Le régime syrien a repris lundi aux mains des rebelles un quartier clé de Homs, troisième ville de Syrie et un des symboles de la révolte, au terme d’une violente offensive d’un mois, un nouveau succès militaire pour Bashar el-Assad. Entre-temps dans le Nord, des djihadistes combattant les troupes du régime du président Bashar el-Assad ont pris le contrôle d’une zone stratégique à la périphérie nord d’Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

À Homs, des militants antigouvernementaux ont affirmé que le régime contrôlait "90 %" du quartier de Khaldiyé. Il s’agit du deuxième succès militaire pour le régime en moins de deux mois : le 5 juin, l’armée avait pris Qusseir (centre-ouest), ville de la province de Homs qui était tenue par les rebelles depuis un an. "Effondrement de la citadelle des terroristes à Khaldiyé. On est de plus en plus victorieux", a annoncé la télévision d’État en montrant des soldats brandissant leurs armes et le drapeau syrien en signe de victoire.

La prise de Khaldiyé, un des hauts-lieux de la rébellion, signifie que le régime n’a plus devant lui que quelques zones rebelles, notamment dans le Vieux Homs, avant la chute totale de cette ville. Un officier a ainsi affirmé à la télévision publique que l’armée allait "poursuivre les terroristes dans tous les autres quartiers de Homs". "La prise de Khaldiyé facilite (pour l’armée) la conquête de la vieille ville et d’autres quartiers comme Qussur. Si Homs tombe, le nord de la Syrie sera coupé du sud", a souligné le militant de Homs Mahmud al-Luz, contacté par Internet. Un contrôle total de Homs permettrait aussi au régime de sécuriser la route allant de Damas vers le littoral et qui traverse Homs.

Comme Qusseir, Khaldiyé a été soumis à d’intenses bombardements quotidiens de l’artillerie et de la puissante armée de l’air du régime. L’armée a bénéficié aussi du soutien du Hezbollah libanais, allié indéfectible du pouvoir dans sa guerre contre les rebelles. Les "combats les plus violents en un mois" s’y sont déroulés lundi matin, selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et sources médicales en Syrie. "Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre", a pour sa part assuré Abu Rami, un militant de la ville. "Si Homs tombe en entier, que Dieu nous en garde, l’opposition serait complice (...) de la communauté internationale en accédant à sa demande de sacrifier la révolution au profit d’une solution politique", a-t-il ajouté.

Les rebelles reprochent aux pays occidentaux de ne pas leur avoir fourni d’armes pour faire face à la puissance de feu des troupes de Bashar el-Assad. "Le régime met la main sur un quartier fantôme, sur une terre brûlée, sur des décombres", commente de son côté Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH. Selon lui, "les civils avaient fui (Khaldiyé) il y a plus de deux semaines".

L’armée était parvenue samedi à s’emparer de la mosquée historique Khaled Ben Walid, symbole de la révolte contre le régime , après avoir détruit en début de semaine le mausolée de Khaled Ben Walid, un compagnon du prophète Mahomet. Face aux succès de l’armée dans la région de Homs, des combattants djihadistes ont pris le contrôle de la ville de Dahret Abed Rabbo, a indiqué l’OSDH, son président parlant d’une conquête "importante et stratégique" pour les rebelles.

D’après un militant basé à Alep, Mohammed al-Khatib, cette ville est importante, car elle "est située sur une colline, surplombant plusieurs zones importantes". Les rebelles avaient avancé au cours des récentes semaines dans le Nord, dans la province d’Alep, où ils ont pris notamment la ville de Khan al-Assal, mais aussi dans la province de Deraa (sud), où les insurgés ont pris des localités et des barrages. Sur un autre front, un commandant kurde et trois chefs du Front djihadiste Al-Nosra ont été tués dans de nouveaux combats dans le secteur de Tal Hassel en banlieue d’Alep, a indiqué l’OSDH. Les habitants kurdes de Tal Hassel ont fui alors que les combats faisaient rage. Le conflit en Syrie a fait plus de 100 000 morts selon l’ONU, sans qu’aucune solution ne se profile à l’horizon.

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