Le groupe Etat islamique a diffusé mardi une vidéo de l'exécution par un jeune garçon d'un Palestinien de 48
accusé d'espionner pour le Mossad, les services secrets israéliens, et
dans laquelle un jihadiste menace en français de s'en prendre à Israël.
C'est la première fois que l'EI, qui a exécuté des dizaines de personnes
et diffusé des images insoutenables de décapitations ayant choqué
l'opinion internationale, revendique l'assassinat d'un Palestinien de
48.
Dans la vidéo de plus de dix minutes postée sur des comptes jihadistes,
un jeune garçon vêtu d'une longue tunique et d'un treillis, abat, d'une
balle dans le front, un homme présenté comme Muhammad Said Ismail
Musallam, avant de tirer plusieurs balles sur son cadavre.
A ses côtés, un jihadiste s'exprimant en français évoque la récente
attaque ayant visé des juifs en France et menace de s'en prendre aux
Israéliens et de conquérir Jérusalem.
Outre l'exécution, on peut voir un gros plan sur le passeport de la
victime, ainsi qu'une liste de noms accompagnés de photos d'hommes
présentés comme des espions d'Israël.
Selon les estimations officielles, la France est l'un des principaux
pays occidentaux dont sont originaires des jihadistes en Syrie, où 90
Français ont été tués au combat.
En février, le père de Muhammad Said Ismail Musallam avait démenti que
son fils ait travaillé pour le Mossad, après la publication dans Dabiq,
la revue en anglais de l'EI, d'un article présenté comme l'interview
d'un jeune de 19 ans envoyé, selon les jihadistes, en Syrie par l'agence
du renseignement israélien.
"Mon fils est innocent. ISIS (l'une des appellations de l'organisation
Etat islamique, ndlr) l'accuse parce qu'il a essayé de s'enfuir",
avait-il dit à l'AFP, sans contester que son fils avait interrompu son
service civil israélien pour partir faire le jihad en Syrie.
A la suite de la diffusion de la vidéo mardi, le père du jeune homme
exécuté a affirmé qu'il "ne savait rien". "Des gens nous appellent, nous
disent que l'État islamique a diffusé une vidéo dans laquelle Mohammed
dit qu'il travaille pour le Shin Bet (service de sécurité intérieure,
ndlr) isarélien. Ce n'est pas vrai; mon fils ne travaille pas pour le
Shin Bet. L'EI dit cela pour terroriser le monde." a-t-il ajouté.
"Il est mort, c'est un martyr. Mohamed n'était qu'un enfant, un bébé, il
n'avait que 19 ans" a dit son père qui a souligné que son fils "n'était
absolument pas pratiquant" et qu'il avait probablement été recruté à
travers l'internet.
En août, l'EI avait mis en ligne les images de la décapitation du
journaliste américain James Foley, 40 ans, enlevé dans le nord de la
Syrie en novembre 2012.
Plusieurs autres vidéos insoutenables d'exécutions avaient suivi, dont
la décapitation en septembre de Steven Sotloff, un journaliste
américano-israélien.
Le groupe extrémiste affirmait alors agir en représailles de la
formation d'une coalition internationale antijihadiste par les
Etats-Unis, qui mènent des frappes depuis plusieurs mois en Irak et en
Syrie, où l'EI a saisi de vastes territoires et déclaré un "califat".
D'autres vidéos, dont celle d'un pilote jordanien de la coalition brûlé vif dans une cage, ont choqué le monde.
Selon Dalia Ghanem-Yazbeck, analyste au Carnegie Middle East Center, la
"véritable force (de l'EI) est virtuelle, sur internet, sur Youtube... A
chaque revers militaire ou presque, (l'EI) sort une vidéo choc pour que
l'on parle de lui. C'est une manière de compenser la défaite militaire
par la propagande".
C'est aussi une méthode de recrutement pour l'EI, dont le nombre de
combattants, impossible à évaluer précisément, irait de 25.000 pour la
fourchette la plus basse à 80.000 pour la fourchette la plus haute.
Parmi eux, des milliers d'étrangers.
En Irak, l'EI est confronté depuis neuf jours à la plus grande offensive
des forces gouvernementales, autour de Tikrit (nord), depuis la
campagne fulgurante des jihadistes en juin.
(10-03-2015)
Lancé le 19 décembre 2011, "Si Proche Orient" est un blog d'information internationale. Sa mission est de couvrir l’actualité du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord avec un certain regard et de véhiculer partout dans le monde un point de vue pouvant amener au débat. "Si Proche Orient" porte sur l’actualité internationale de cette région un regard fait de diversité des opinions, de débats contradictoires et de confrontation des points de vue.Il propose un décryptage approfondi de l’actualité .
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