lundi 23 juillet 2012

Irak : une série d’attaques fait au moins 50 morts, Al-Qaïda en embuscade

La série d’attentats qui a secoué l’Irak a fait au moins 107 morts et 216 blessés lundi, journée la plus sanglante qu’ait vécue le pays depuis plus de 2 ans, selon un bilan communiqué par les autorités irakiennes. Au total, 22 attaques ont touché 14 villes, dont la capitale Bagdad et plusieurs municipalités du nord du pays. Aucun attentat n’a été revendiqué.
Le 10 mai 2010, 110 personnes ont péri lors de violences, la plupart dans l’explosion de voitures piégées stationnées sur le parking d’une usine de textile du sud de Bagdad. Lundi, l’attentat le plus sanglant a touché la ville de Taji, à 25 kilomètres au nord de la capitale irakienne. Au moins 42 personnes sont mortes et 40 autres ont été blessées, selon des sources médicales. De nombreux policiers et soldats figurent parmi les victimes.
L’attentat le plus sanglant s’est produit à Taji, une ville située à 25 kilomètres au nord de Bagdad. Une série d’explosions a fait au moins 42 morts et 40 blessés, selon deux sources médicales. "J’ai entendu une explosion au loin. Je suis sorti et, devant chez moi, j’ai vu une voiture que je ne connaissais pas", a raconté Abu Mohammed, un habitant de Taji. Il a prévenu la police, qui a conclu qu’il s’agissait d’un véhicule piégé. "Nous avons dit aux voisins d’évacuer, mais au moment où ils sortaient de chez eux, la bombe a explosé", a-t-il expliqué. Sur place, un journaliste a vu des habitants fouiller les décombres de leur maison, à la recherche de proches.
Plus au nord, près de la ville de Duluwiya (90 kilomètres au nord de Bagdad), à environ 5 heures (4 heures à Paris), des hommes armés ont fait irruption dans une base militaire. Ils ont ouvert le feu sur les soldats, tuant 15 d’entre eux. Deux autres militaires ont été blessés, selon un lieutenant de l’arme et une source au ministère de l’Intérieur. Les violences ont également touché les villes de Saadiyah, Khan Beni Saad, Kirkouk, Tuz Khurmatu et Dibis, toutes situées au nord de Bagdad. À Kirkouk, capitale de la province du même nom, Tuz Khurmatu et Dibis, au moins sept personnes sont mortes et 29 autres ont été blessées dans une série d’explosions.
Des points de contrôle de l’armée et de la police, érigés dans la province de Diyala, nord-est de Bagdad, ont été pris pour cible par des hommes armés, et une série d’explosions à la bombe a retenti, tuant 11 personnes, dont des membres des forces de sécurité. Quarante personnes ont été blessées, selon les autorités et un médecin de la capitale provinciale Baquba. Bagdad n’a pas été épargnée. Deux personnes sont mortes lors de l’explosion d’une voiture piégée dans les quartiers de Husseiniyah et Yarmouk, selon des responsables des forces de sécurité et des médecins. Au moins trois personnes sont mortes, 21 personnes ont été blessées.
Dans le bastion chiite de Sadr City, en plein coeur de la capitale, 12 personnes ont été tuées et 22 blessées dans l’explosion d’une voiture piégée. À Dujaïl, dans la province de Salaheddin (nord de Bagdad), une femme a été tuée dans un attentat utilisant le même procédé. Le véhicule était stationné à proximité d’une mosquée chiite. Quatre personnes ont été blessées.
La vague d’attentats de lundi matin n’a pas été revendiquée, mais al-Qaida en Irak vient d’annoncer son intention d’intensifier son combat. Dans un message audio, le chef de l’État islamique d’Irak (ISI), branche d’al-Qaida, a fait part de l’intention du groupe extrémiste d’"éliminer les juges et les procureurs" et de libérer ses militants emprisonnés. Abu Bakr al-Bagdadi annonce "le lancement d’un nouveau projet, baptisé "Abattre les murs". La priorité est de libérer les prisonniers musulmans où qu’ils se trouvent, puis de traquer et d’éliminer les juges, les procureurs et ceux qui les protègent", selon le message relayé par le site jihadiste Honein.

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